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Le Blog de Cristau de Hauguernes
13 juillet 2025

Saison des champignons 2025 : les morilles s'accrochent à la vie...

Adishatz,

Alors que l'automne 2024 a plongé le règne fongique béarnais dans un coma dépassé dont il n'est, à la date où je rédige, toujours pas sorti, la courte saison des morilles, qui nourrissent nos inquiétudes ces dernières années, était particulièrement guettée. Et l'occurrence d'un mois de mars assez chaud et plutôt sec n'aidait pas à l'optimisme.

Aussi c'est avec un certain soulagement que j'accueillis les premières le 27 mars, filiation de passages pluvieux assez faiblards intervenus à partir du 23 mars. Une bonne semaine de retard par rapport aux années précédentes. Les morilles juvéniles étaient un peu plus nombreuses à la date du 31 mars, malgré un ciel toujours aussi avare.

Je fus un peu surpris en constatant qu'une pousse un peu plus importante s'est déclenchée entre le 1er et le 6 avril en l'absence de conditions météorologiques plus amènes et alors qu'une nouvelle hausse annoncée des températures faisait craindre un scénario à la avril 2024.

 

Pour une fois, le coup de chaud se limita à une pointe à 25°C le 8 avril et par la suite le retour de conditions beaucoup plus humides et fraîches a permis aux morilles d'accomplir leur destin jusqu'au début de la dernière décade du mois, la pousse prenant encore de l'ampleur entre le 10 et le 13 avril avant de plafonner puis de s'éteindre dans le silence des ripisylves et des parterres d'ail des ours.

Sur ma seule morillère d'élection, 2025 termine à 48 spécimens recensés, c'est plus du double de l'an dernier et près de quatre fois le résultat de 2023, un des plus piètres des vingt dernières années. On est très en deçà des standards des années 2000 mais on ne peut que se réjouir, même si cela demande confirmation, en observant que la courbe est enfin repartie à la hausse. Sur l'ensemble des placiers parcourus entre la fin du mois de mars et du mois d'avril le ressenti est autrement plus mitigé, des morilles en comité bien restreint dans la plupart des cas, une ou deux grosses déceptions en constatant que certains de mes rares "coins" mirifiques avaient passé leur tour et, de façon minoritaire une ou deux bonnes surprises dans des sites fréquentés. Les amateurs sont en droit de se demander ce que cette saison aurait donné avec des pluies plus abondantes fin-mars...

Je referme cette toujours trop brève parenthèse morilles 2025 sur une réflexion inspirée par la contemplation de quelques très beaux sujets épanouis sous les ailes luxuriantes de l'ail des ours en deuxième quinzaine d'avril. On s'accorde pour dire qu'une végétation trop haute et trop avancée est un facteur limitant de la pousse des morilles, le mycélium renonçant, comme d'emblée disqualifié avant même le départ d'une course perdue d'avance. Or c'est aussi cette couverture végétale qui permet à quelques morilles courageuses de prospérer et de perpétuer l'espèce en tempérant la chaleur et l'ardeur des coups de soleil dans la traversée du mois d'avril.

 

La chose devient si rare ces dernières années, en cette mi-juillet, alors que les mousserons, leurs contemporains, ont fortement déçu, et que les cèpes ont migré avec Tintin sur la face cachée de la Lune, les morilles, même timidement, constituent pour notre seul motif d'espoir et de satisfaction.

Adishatz.

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