Saison des champignons 2025 : L'automne en demi-teinte des Marteroets.
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Adishatz,
Dans le contexte du réchauffement climatique, avec des étés caniculaires se prolongeant de plus en plus aisément, fût-ce de façon édulcorée, jusque vers la Toussaint, et des températures de sol, déjà fortement sujettes à inertie, qui peinent à baisser, puis à se tenir sous le plafond de 15°C indispensable à la venue et à l'installation de cette espèce, les Marteroets ou cèpes de Bordeaux ont bien du mal à réaliser une saison pleine ces dernières années. Et il n'est pas exclu que dans un avenir plus ou moins lointain, ils deviennent introuvables certains automnes. Il n'est pas rare de les voir apparaître à la faveur d'un rafraichissement significatif de septembre, puis disparaître en octobre pour reparaître en pointillé dans le courant des mois de novembre et de décembre, sans jamais parvenir à une pousse digne de ce nom.
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Hélas, le millésime 2025 ne déroge guère à cette tendance. À cette nuance près qu'il a fallu attendre les premiers jours d'octobre, après les fortes pluies du 20 au 22 septembre et un net fléchissement des températures les jours suivants, surtout les nuits d'ailleurs, pour qu'enfin, quelques bouchons apparaissent. On peut même parler d'une petite pousse culminant entre le 7 et le 11 octobre, mais qui reste très inférieure à celles que j'ai pu observer dans le courant d'automnes antérieurs, sans parler de l'anthologique mois de novembre 2023.
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Cette pousse modique n'a pas tenu dans la durée, les Marteroets se repliant dans leurs placiers les plus frais avant de disparaître, au fur et à mesure que les températures remontaient.
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Le roi des cèpes est bien revenu en novembre, concomitamment à la jolie petite pousse de bordure des aestivalis, à partir du 6, mais il s'agissait de spécimens le plus souvent isolés, les trouvailles journalières approchant rarement la dizaine. À l'exception notable d'un joli bois de crête peuplé de chênes et de châtaigniers, dont le sol était sans doute encore un peu trop chaud début-octobre, et qui m'a gratifié d'une pousse localisée le 15 novembre. Par la suite, avec le gel récurrent, la saison s'est éteinte assez rapidement, décembre ne comptant qu'un Marteroet trouvé le 6.
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Au final, le millésime 2025 des Marteroets s'avère d'une intensité bien faible, que l'on peut à peine qualifier de médiocre, car il n'y a eu aucune pousse réelle comme en 2021 ou 2022. C'est tout de même mieux qu'en 2024 où tout avait sombré sous le déluge après le 10 octobre. L'automne qui s'achève est aussi sauvé de la monotonie ambiante par la beauté de certains spécimens trouvés. Pour le reste, je signale que nombre de mes placiers ont montré très peu, voire pas de Marteroets cette saison, c'est d'ailleurs le cas de certains écosystèmes artificiels de mon terroir, d'ordinaire valeur refuge par temps de disette, et qui là, sans explication évidente, n'ont donné vie qu'à quelques spécimens.
Adishatz