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Adishatz,

La décennie avance et j'ai la désagréable impression de vous narrer la même désillusion chaque année à très basse altitude...

Et pourtant, une fin d'année et un mois de janvier particulièrement froids, contrastant avec le scénario des derniers hivers, avaient créé les conditions idéales d'un regain au mois de mars venu. Surtout que la première quinzaine de ce dernier s'était écoulée sous un franc soleil et dans une tiédeur printanière.

Dans ces conditions les premières morilles communes me sont apparues le 25 mars, exactement comme en 2016, mais en plus grand nombre, ce qui ne manqua pas de conforter mes espérances. Ces morilles étaient accompagnées de pézizes veinées, de verpes et de morillons en troupes parfois denses le long des cours d'eau et parfois même jusque dans le ruissellement des chemins comme cette verpe conique découverte ultérieurement près du village de Burgaronne, bien loin des forêts de berge, attestant un net regain d'activité des ascomycètes printaniers après une litanie de saisons atones.

 

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C'était sans compter l'inévitable chaleur des premiers jours d'avril, agent exterminateur depuis 2011. Et le vendredi 7 avril constitue hélas le point de bascule. C'est ce jour-là que je dénombrai le maximum de morilles, parfois à la grosse dizaine sous un même frêne, ainsi que de morillons dans ma petite ripisylve secrète. Mais déjà de nombreuses mitres avaient succombé à la fièvre et après cette date les nouvelles trouvailles tinrent sur les doigts des deux mains, la dernière cloturant une saison considérablement écourtée et amputée quoique prometteuse, le 19 avril.

À cette échéance la chaleur s'était empressée de rejeter les morilles assez haut dans les vallées pyrénéennes et les visites à mes bords de gaves favoris s'avérèrent particulièrement décevantes, les sujets se comptant à l'unité et pas de la première jeunesse.

Pour la première fois depuis 2011 l'entame de la saison des morilles laissait donc espérer un grand millésime dans ma morillère étalon. Mais une fois de plus, la chaleur des premiers jours d'avril a douché nos espérances. Fort de 80 morilles, 2017 se hisse au premier rang de la décennie mais reste très en deçà des meilleures années de la décennie 2000 qui excédaient parfois 300 morilles à cet endroit.

À l'avenir je ne désespère pas qu'un printemps mirifique se dresse bientôt sur mon chemin mais compte tenu du réchauffement climatique en cours je suis aussi bien conscient que nos belles mitres sont sur la sellette dans nos plaines du sud-ouest.

Adishatz !