Le Blog de Cristau de Hauguernes

15 septembre 2014

Abòr

Abòr

Velas blancas au cèu qu'esliçan com linçòus
Suu sorelh vergonhós qui hè aus estujòus
E lo brum candoliu, eisharpa sus l'arriu,
Que perleja au matin suu caputh deu vaniu.

Esventrada la higa qu'apèra los ausèths
E deu bòsc miejancèr on s'auburan los cèths
Qu'entenen a cracar las castanhas de l'an
A l'arram darrigadas peu vent holejant.

L'arrasim estinglant que vòu estar podat,
E au darrèr deu pléish omprejat peus tauzins,
Lo cabelh saurejant qu'espèra escarbalhat.

Auringletas de mai, deishatz lèu lo vesiat,

(que seguirà... à suivre)

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14 septembre 2014

L'esquirolet

 

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Lo ser qu'estirava las ompras per la montanhada. Que baishavi un camin au perhons d'Issauç, lo cap que se'm virava de tots los paisatges traucats, deus cants deus ausèths, deus èsters encontrats e de totas las aulors qui aví flairadas peus candaus.

Just quan n'anavi au long deus Arrigaus, un crit planhiu que'm tirè deu saunei.
- Que serà ua murgueta, ce'm pensèi, e déjà que passavi lo camin...

Mes lo crit que's hasó mei hòrt e aperaire. Que m'estèi e que'm hasoi a lutzerar lo cant deu sendèr. Au cap d'ua estona, qu'aubirèi un animalet qui's balanquejava. Un esquirolet qu'èra cadut deu hau en suspart, e, per auruga, que se i èra hèit a garrapar tau nid. Mes, per prèssa de's tirar deus predators, que s'èra gahat a ua tira de segas autan arrapaire com la cama d'un aligardon. E non sabè pas desgahì's.

A plasers, en me virant deus nhacs de la bestiòta espaurugada, que pausèi la sega a tèrra, e que'm caló mantuas ensajadas entà liberar, l'ua au darrèr de l'auta, las patetas brisadissas. Après que m'estèi un momenet, pensatiu, a espià'u, aborrugat dens l'èrba. Puis que tornèi partir.

Se viu enquèra, ne saberí pas díser, tà díser, que m'estonaré, mes, shens ajuda, segur que's demorère sec au caputh d'ua sega...

 

Bébé écureuil...

Le soir étirait ses ombres à travers la montagne. Je descendais un chemin dans l'antre d'Issaux, l'âme chavirée par tous les paysages traversés, les chants des oiseaux, les êtres rencontrés et toutes les senteurs que j'avais humées en altitude.

À peine avais-je commencé à cheminer le long des Arrigaus, un cri plaintif interrompit ma rêverie.
- Ce doit être quelque souri, pensai-je, et déjà je passais mon chemin...

Mais le cri se fit plus fort et insistant. Je m'arrêtai et me mis à sonder le bord du sentier. Quelques instants plus tard, je distinguai un petit animal qui se balançait. Un bébé écureuil était tombé du hêtre en surplomb, et, d'instinct, il avait essayé de regagner son nid. Mais, dans sa hâte d'échapper aux prédateurs, il s'était pris à une jeune pousse de ronce aussi velue qu'une tige de framboisier. Et il était incapable de s'en défaire.

Délicatement, en me protégeant des morsure du petit animal effrayé, je posai la ronce à terre, et je dus m'y reprendre à plusieurs fois pour libérer, une à une, ses minuscules pattes fragiles. Après je restai un petit moment, songeur, à la regarder, recroquevillé dans l'herbe. Puis je repris mon chemin...

Vit-il encore, je ne saurais dire, à la vérité, cela m'étonnerait, mais, sans mon aide, nul doute qu'il serait en train de sécher au bout d'une ronce...

Adishatz !

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28 août 2014

Cèpes 2014 : Les Pyrénées surfent sur le déraillement climatique...

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Adishatz,

Malgré l'apparition dès la mi-mai des premiers cèpes de sapins vers mille mètres, cèpe dont nous connaissons la robustesse et l'imperméabilité, pour ne pas dire l'insensibilité aux conditions climatiques et à leurs sautes d'humeur, l'allant de la saison printanière en plaine a longtemps légitimé les inquiétudes des adeptes des cueillettes en forêts de montagne. Nous savons que les bonnes années en plaine n'ont pas forcément leur pendant montagnard, loin de là. Et le contraire est aussi vrai...

Finalement, il aura fallu patienter jusqu'en dernière décade de juin pour que, timidement, on vît poindre les premiers aestivalis, seigneur des beaux jours, sous les hêtres. Mais au lieu de monter lentement en intensité, tout est allé beaucoup plus vite. À la faveur des orages, les cèpes d'été ont investi toutes les pentes de moyenne montagne, entre 700 et 1000 mètres, dès les premiers jours du mois de juillet, les pousses, parfois copieuses, s'enchâssant dans le courant du mois au rythme des arrosages. On notera toutefois que la faiblesse des températures n'a pas autorisé aestivalis à percer réellement le plafond des 1000 mètres au faîte de cet été. Certaines crêtes et lisières, habituellement très généreuses entre le 14 juillet et le 15 août, n'ont consenti que très peu de cèpes. Cette faiblesse des températures semble aussi avoir nuit in fine aux girolles, très en retard dans les pentes début juillet, avant un regain en première quinzaine d'août.

Avant le 15 août, à force de pluies trop froides, on a vu aestivalis se décourager dans les rampes. Depuis, les conditions climatiques fraîches qui prévalent en montagne n'ont pas permis le retour de cette espèce. Bien au contraire, dès le 14 août, je cueillais mes premiers cèpes de Bordeaux au dessus de 1200 mètres, les premières trouvailles du "roi" datant de fin juillet en haute vallée d'Ossau, plus tôt encore dans les Pyrénées centrales. Edulis était accompagné de son ami cèpe de sapin, particulièrement productif tout au long du mois d'août d'un été qu'il semble être le seul à avoir goûté... La taille et l'âge des spécimens m'inclinent à penser que ces cèpes étaient nés vers le 5 août, soit trois bonnes semaines d'avance sur la date de première apparition moyenne dans mes secteurs. À l'heure où j'écris, edulis et pinophilus continuent de prendre leur allant automnal dans les pentes humides en versant nord, leur installation étant un peu plus laborieuse sur les crêtes et lisières bien exposées où le soleil et les vents de sud assurent malgré tout encore un supplément de chaleur à des sols moins détrempés.

Dans le contexte de cet été particulièrement déjanté, mais qui n'en préside pas moins à l'apparition des espèces, nous ne pouvons que nous réjouir et soupirer d'aise en constatant que nos forêts de montagne ont su surfer sur ces désordres pour nous offrir une belle saison riche et haletante, récompensant les efforts de tous les courageux qui, se levant parfois très tôt, ne reculent devant aucune difficulté pour chercher leur fortune dans les pentes.

Au demeurant, ces bonnes dispositions invitent à l'optimisme alors que nous négocions le grand virage vers l'automne. Non seulement les prochaines semaines devraient voir l'intensification de la pousse d'edulis et pinophilus en altitude mais encore, avec quelques degrés de plus, le retour de jolis aestivalis un peu plus bas sous les hêtres...

Adishatz !

27 août 2014

Cèpes 2014 : Plus que jamais, le sort de la saison repose sur septembre...

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Adishatz,

Le mois d'août finissant a revêtu les cieux de ce grand bleu profond qui nous prévient que l'été est sur le départ et que nous sommes rendus aux portes de ce grand mois de septembre où tout s'embrase ou dépérit.

Contre toutes nos espérances folles, les semaines parcourues depuis la pousse appréciable de la première quinzaine de juillet n'ont opéré aucune modification, fût-ce à la marge, quant aux tendances isolées très tôt dans l'été. Après avoir déclenché la pousse en induisant un choc thermo-hydrique vigoureux sur un sol préchauffé par le printemps, notamment la première quinzaine de juin, bien chaude, deux épisodes de puissants orages, particulièrement le dernier, survenu le 5 juillet 2014, ont circonscrit cette même pousse aux seules lignes de crêtes et versants suffisamment élevés et bien exposés de nos coteaux, tout en avortant et décourageant l'activité mycélienne en versant nord et dans les fonds de coteaux, où les températures du sol étaient subitement devenues trop froides, ou par "noyade" dans les grandes étendues boisées planes où les sols peinent davantage à évacuer leurs surplus de pluviométrie. Il y a bien eu une très légère embellie sur ce point, entre le 14 juillet et la première décade d'août, où une infime hausse des températures a vu les cèpes poindre à l'unité dans ces secteurs délaissés, ainsi que de trop rares oronges. Mais, pour la première fois depuis des décennies, le mois d'août, sur lequel nous savons habituellement pouvoir compter pour compenser les déboires de juillet, a été très rapidement repris dans un flux zonal frais et dynamique et les trop rares journées sèches et éclaircies intercalées (je n'ose pas utiliser le vocable ensoleillées) furent bien impuissantes à compenser les effets castrateurs induits par des averses et des orages à répétition sur des sols déjà trop froids.

Il en résulte donc une configuration singulière s'agissant de l'activité du mycélium dans le courant de l'été. Sans atteindre le niveau de début juillet, toutes les semaines écoulées m'ont livré quelques cèpes noirs et cèpes d'été sur les mêmes places bien chauffées, presque quotidiennement. Toutefois, les trouvailles s'amenuisent depuis le 15 août parce que même là, à force d'abats d'eau froide, les sols commencent à accuser la baisse des températures.

Tournant le dos à ce mois d'août et à cet été qui ne fut jamais, il nous faut désormais reporter toutes nos espérances sur le mois de septembre. Et les vieux briscards qui me lisent savent combien il peut s'avérer un faiseur de roi, un bienfaiteur des causes désespérées, transformant les citrouilles en carrosse. L'histoire climatique récente est peuplée de grands mois de septembre ensoleillés et chauds, soit dans la continuité de l'été, soit en rupture avec celui-ci. 1985, 1987, 1990, 2005, pour n'en citer que quelques uns d'illustres. Seul un septembre de cet acabit me semble à même de réparer les méfaits de l'été en asséchant enfin nos sols et en redonnant suffisamment de hauteur à leurs températures, les prédisposant à ce fameux choc thermique et hydrique ultérieur, indispensable à lancer la saison chez certains de mes confrères qui languissent de trouver leur premier cèpe tout comme à relancer la mienne, privilégié que je reste... Sans cela, nous trouverons bien quelques cèpes à la fortune des averses de l'automne, notamment des edulis, qui semblent avoir goûté ces conditions humides, mais je crains que le résultat final soit alors bien en deçà des espérances que le printemps avait levé...

Adishatz !

25 août 2014

Serada poesia a la Muda / Soirée poésie à la Mude...

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Dijaus 28 d'aost a 8 òras e miejas deu ser a la Muda de Salias, ua serada poetica en biarnés que v'ei aparada. Que poderatz escotar uns deus mens sonets qui i seràn cantats o dits. Siatz tots los planvienuts e que serà un bèth parat de ns'encontrar. Entà'u plaser donc de vos véder...

Jeudi 28 août à 20h30, à la Mude de Salies de Béarn, une soirée poétique en béarnais vous est proposée. Vous pourrez y écouter quelques uns de mes sonnets qui seront chantés ou déclamés. Soyez tous les bienvenus et ce sera une bonne occasion de nous rencontrer. Au plaisir donc de vous voir...



20 août 2014

La periclada au Solanh - L'orage au Pic Soulaing...

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Diluns 18 d'aost. A punta d'auba qu'aví aviat ua randonejada capvath las hias aurèstas e reddas qui pujan tau Pic Solanh peu bòsc Soriguèras, deus gaves d'Issauç estant. A las onze deu matin, au darrèr d'aver butat un pausòt en un malh, que'm trobèi au pè deu bòsc dab lo linçòu de nublas candolivas aus mens pés. Tot que's virava de plan en aqueth dia d'exploracion peus candaus d'Areta. Peu torn de l'ua òra e mieja deu vrèspe, qu'avèvi copat la crosta au som deu Soriguèras dab tota la montanhada d'Aspa e de Varetons en vista. Au devath, familhòtas e tropets que cuelhèvan avajons per la lana deu Solanh en bèth devisant gaujosament. Que'm tornèi hicar lo camin de prospeccion devath los pès.
Sobtament, peu torn de las 6 deu vrèspe, com gessivi deus avedars entà ganhar lo som, un atucolat de ròcs au miei deu planèr, lo crum de pericle qui landerejava drin per Navarra que sautè lo tron de l'Ania e que's presentè de front, negre com la cauhapança, en suspart de las somatèras de Camplonc e de la Pèira Sent Martin. Au mei har que'm calèva trobar l'òsca qui endica la pista de la capana e deu cujalòt de Labais. Mes en paucas secondas, es.hlamas de nublas quilhadas peu vent que pujèn deus candaus d'Areta e que'm trobèi gahat en un brum tenebrós au bèth miei de l'eslanada, shens jamei poder arribà'i. En me hidant aus traç deu bestiar que'm digoi que podori totun arrecrubar la pista. Endostat devath un bòsc de haus e d'avets, de la fin qu'avisèi ua balisa jauna suu cant deu sendèr qui seguivi a tastas. Mes lo pericle b'èra aquiu, la nueit que s'espartiva las alas negras sus Labais, que m'apriguèi devath un bèth arròc, tà hens d'ua tuha d'avets. Lèu la brossida de l'aigat que s'audí a pujar capvath los penents. Mei de brut que de mau, mes dab lo vent, las gotas que'm traucavan de hred, entant qui lo pericle arraujós e cridava per tota la montanhada. Ad aqueth moment, ua cracada que m'arribè, e qu'estoi bèth drin esmudit de'm véder ua cabiròla a gessir deu peridèr entà viéner endostà's devath la tuha d'avets dab lo repopet. Atau, duas minutas de hiu, que ns'estèm cap e cap, a quate pams, shens mautar, la bèstia inquièta, que'm descarava capvath lo ridèu d'arrams.
Just quan los mens vesitors e s'èran esliupats, ua ludor que s'aubirè en suspart de la vath d'Aspa e de Camplonc. La periclada que halava de cap tà Auloron. Que podoi repréner la viada. Ailàs, lo sendèr qui aví seguit que baishava dinc a ua pista qui'm coneishí plan, e autanlèu qu'avisèi las estòrtas deu pòrt de la Pèira Sent Martin. Qu'avoi de pujar mei d'uns tres quilomètres entà gahar la baishada d'Issauç.
Tot que s'acaba plan, mes, b'ei excusèc e sauvatge lo temps aqueste estiu !

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Lundi 18 août. À l'aube j'avais initié une randonnée à travers les pentes sauvages et raides qui montent au Pic Soulaing par le bois Souriguères, en partant des torrents d'Issaux. À 11h, après avoir buté un instant sur une barre rocheuse, je me trouvai au pied du bois, avec un linceul de nuages immaculés sous mes pieds. Tout se déroulait pour le mieux en ce jour d'exploration des hauteurs d'Arette. Vers 13h30 j'avais cassé la croûte sur la crête du Souriguères avec toute la chaîne de montagne d'Aspe et de Barétous en point de vue. Plus bas, des familles et des petits groupes cueillaient des myrtilles à travers la lande du Soulaing tout en devisant joyeusement. Je repris mon chemin de prospection.
Subitement, vers 18h, comme j'émergeais des sapinières pour gagner le sommet, un conglomérat de rochers au milieu du plateau, la nuage d'orage, qui prenait ses aises au-dessus de la Navarre, enjamba le Pic d'Anie et se présenta frontalement, noir comme la plaque de la cheminée, au-dessus des Orgues de Camplong et de la Pierre Saint-Martin. il me fallait au plus vite trouver la borne qui indique la cabane et le chalet de Labays. Mais en quelques secondes, des flammes de nuages lancées par le vent montèrent des versants d'Arette et je me trouvai pris dans un brouillard ténébreux au beau milieu de la lande, dans l'impossibilité d'y parvenir. En me fiant aux sentes du bétail, je me dis que je pourrais malgré tout récupérer la piste. Abrité dans un bois de hêtres et de sapins, je finis par distinguer une balise jaune sur le bord du sentier que je suivais à l'aveugle. Mais l'orage était déjà là, sa nuit déployait ses ailes noires sur Labays, je m'abritais sous un gros rocher, à l'intérieur d'un bouquet de sapins. Bientôt le bruit de l'averse se fit entendre qui gravissait les pentes. Plus de bruit que de mal, mais avec le vent, les gouttes me transperçaient de froid, pendant que le tonnerre hors de lui vociférait dans toute la montagne.
C'est là qu'un bruit de craquement me parvint, et je restai bouche bée en voyant dame chevreuil sortir du précipice pour se mettre à couvert sous le bouquet de sapins avec son petit. Ainsi, deux bonnes minutes, nous restâmes en tête à tête, à quatre mètres, sans broncher, l'animal inquiet me dévisageait à travers le rideau de branches.
À peine mes visiteurs s'étaient-ils éclipsés, une lueur s'esquissa au-dessus de la vallée d'Aspe et de Camplong. L'orage faisait route vers Oloron. Je pus reprendre mon chemin. Hélas, le sentier que j'avais suivi descendait vers une piste que je connaissais fort bien, et d'emblée j'aperçus les lacets du col de la Pierre Saint Martin. J'en fus quitte de trois bons kilomètres d'ascension avant de dévaler Issaux.
Tout est bien qui finit bien, mais faut-il que le temps soit fourbe et imprévisible cet été !
Adishatz !

02 août 2014

Cèpes 2014 : Juillet prend de la hauteur...

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Bonjour à tous,

La fatigue liée à un mal coriace qui ne me laissait aucun répit depuis près de trois mois, la lassitude générée par les petites luttes intestines et autres crasses mesquines qui broient les hommes et ravinent notre institution, presque toujours à l'insu du public, que l'on abuse et berce de zuaves paroles... Et pour finir, cette invraisemblable pousse de cèpes qui a rempli mes trois premières semaines de vacances. Me voici de retour après plusieurs mois d'abstinence. Si ne sommes-nous que des hommes ?

Avant de m'attarder sur ce mois de juillet considérable, il est indispensable de glisser deux mots sur le printemps 2014. Lequel, dans la continuité de la découverte précoce des premiers cèpes, le 23 avril, s'est avéré particulièrement productif et prometteur, proposant aux amateurs de jolies trouvailles d'aestivalis souvent postés sur les bordures, c'est une particularité de cette saison... Pour les aereus, il aura fallu attendre début juin, avec l'orientation des températures à la hausse, mais les noirs sont restés bien discrets en juin. C'est à cette époque qu'on a aussi vu poindre les premières girolles, en troupes nombreuses à la faveur des orages. Ce dernier printemps souffre volontiers la comparaison avec son illustre devancier, 2011, l'apparition des premiers bouchons et les pousses plus significatives observées en mai coïncident.

Puis, alors que les cèpes continuaient à se montrer joliment, les météores se sont attachés à placer la saison 2014 en orbite. Des orages exceptionnels ont déversé des hectolitres d'eau sur mes coteaux les lundi 23 et mardi 24 juin. De nombreuses girolles en tête d'épingle se mirent alors à croître presqu'à vue d'oeil de sorte que sous deux jours le sol de nos bois en fut localement tapissé. Simultanément on vit éclore des bouchons de cèpes, dans une grande majorité des aestivalis, un peu partout, précurseurs d'une pousse de grande ampleur.

C'est dans ce contexte, alors que les jours qui suivirent furent relativement frais et assortis de nouveaux arrosages modiques, que survint, l'improbable, un deuxième orage exceptionnel, accompagné de pluies torrentielles et cette fois localement gréligène, le mardi 1er juillet 2014. Dans l'ambiance douce et humide de fin septembre ou d'octobre qui caractérisa la première quinzaine de juillet, il n'en fallait pas davantage pour que les cèpes, se croyant en automne comme en juillet 2011, se missent à lever en masse et très rapidement dans les bois, d'abord les aestivalis puis les aereus. Je fus en effet frappé par la célérité de croissance des spécimens, gagnant plusieurs centimètres par jour. Ces cèpes étaient de grande qualité, certains n'étant véreux que dans le pied et très souvent récupérables. Cette pousse occupa toute la première quinzaine de juillet et déborda amplement tout en s'étiolant jusqu'en fin de deuxième décade, avec une luxuriance de girolles comme l'Entre-deux-Gaves n'en avait pas connue depuis au moins 20 ans. Combien de fois me suis-je ému, émerveillé, devant ces parterres de girolles surgis sur des territoires qu'on leur croyait perdus, d'autres encore où on en avait jamais vues. Quoi qu'il advienne, 2014 restera un millésime exceptionnel pour la girolle et après des décennies d'insoutenable déclin, voici que lève enfin un formidable espoir pour cette espèce...

Il n'en va pas de même pour l'oronge, qui ne s'est guère montrée tout au long de ce mois de juillet, les principaux sujets étant découverts en dernière décade, coïncidant avec la remontée graduelle des températures. C'est à cette époque-là qu'on vit aussi les aereus descendre en petit nombre dans les bas-fonds humides et frais, jusque sur les berges des ruisseaux où seuls de rares aestivalis, espèce moins thermophile, avaient daigné venir au cours des trois premières semaines du mois. Ceci illustre en quoi juillet 2014 ne se peut raisonnablement comparer avec juillet 2011 (certes survenu en deuxième quinzaine). Le second orage torrentiel aura probablement éteint toute vélléité de grande pousse dans ces vastes étendues de bois fraîches et humides, en provoquant une chute des températures du sol en dessous du seuil d'activité, et que le trop faible ensoleillement des jours suivants, lui-même neutralisé par de nouvelles averses, n'a jamais pu compenser, déjà que le printemps 2014 n'a pas été aussi chaud que son concurrent, loin s'en faut.

Au final, il est important de noter que juillet 2014 a toutefois nettement devancé son homologue de 2011, ce qui n'est pas un mince exploit, sur les caps exposés, les bois perchés en haut des coteaux autour des lignes de crête, tous ceux qui ont pu bénéficier d'un ensoleillement suffisant en continu depuis le printemps, même si, là-aussi, on note qu'aereus est minoritaire, ce qui n'est pas anodin...

Ce soir, alors que la saison est loin d'être terminée, nous ne pouvons que nous réjouir en constatant que ce millésime 2014 sur la teneur duquel un hiver trop doux nous avait laissés dubitatifs, s'inscrit d'ores et déjà dans la lignée des bons crus précédents. Qui vient de s'octroyer la plus belle pousse depuis plus de trente ans en première quinzaine de juillet...

Adishatz !

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23 juillet 2014

Vacas sacradas e sacradas vacas/ Vaches sacrées et sacrées vaches

La nueit qu'espartiva las alas sus la seuva deus brums. Just s'avèvi tirat deu cròfe lo termòs de cafè entau camin, duas vacas que m'arribèn de cap sus la carriva...

- E voletz un caferòt, ce las digoi ?

- Dab gran plaser, ce responón... Si n'averés pas ua gota d'armanhac a barrejà-i ?

Que manquèi estranglà-m, que'm bevoi lo cafè en un pip-pap, que sautèi hens l'autò e que halèi...

...

La nuit déployait ses ailes sur la forêt des nues. À peine avais-je extrait du coffre le thermos de café pour la route, deux vaches vinrent à ma rencontre sur le chemin...

- Vouez-vous un petit café, leur dis-je ?

- Avec grand plaisir, répondirent-elles... Tu n'aurais pas une goutte d'armagnac à y verser ?

Je manquai m'étouffer, j'avalai mon café en un clin d'œil, je sautai dans la voiture et je filai...

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01 juin 2014

Plus de 100 000...

Longtemps j'ai pensé que ce serait vers la mi-juin, puis en première décade. Sous la pression de l'affluence constatée ces 15 derniers jours, j'ai encore revu mes prévisions à la hausse, en première semaine de juin, dans les tout premiers jours. Et finalement, votre ferveur a déjoué tous mes scénarios. Le 30 mai 2014 vers 19h, l'un ou l'une d'entre vous fut le 100 000ème visiteur de ce blog...

100 000, depuis le 15 septembre 2010, c'est un joli succès d'estime qui me conforte dans mon parti-pris, les mots, l'expression et les photos, au service de la passion de la nature, du respect du vivant et du partage des informations. Merci à vous tous qui êtes passés ou me suivez, votre trace sur le compteur m'encourage à poursuivre, bonifier l'oeuvre entreprise. Et sous peu je vous prépare une bonne surprise...

Adishatz !

24 avril 2014

Contre tous les pronostics les premiers cèpes 2014 s'invitent au banquet du mois d'avril...

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Bonsoir à tous,

Si la découverte du ou des premiers cèpes de l'année est toujours source d'émotion et de joie, ces sentiments ne peuvent qu'être exacerbés lorsque cet évènement procède de circonstances et de démarches où le hasard et la chance ont très peu à voir...

Pour un véritable mycophile la saison des champignons dure chaque jour, toute la vie et la passion jamais ne cesse ni ne s'émousse. Même lorsque rien ne pousse, il y a toujours de nouveaux territoires à explorer, de nouvelles infos à glaner dans les livres ou sur les forums. Et il ne faut pas chercher plus loin où nous nous distinguons du chercheur du dimanche...

En cette fin d'hiver 2014, je préparais au mieux ma future saison des morilles en cherchant à frayer un nouvel itinéraire plus bucolique qui me permettrait de boucler à travers bois la grande randonnée obséquieuse qui croise chaque année par ma petite morillère. À cet effet, un après-midi de février, j'étais parti en reconnaissance d'un chemin de servitude repéré sur les cartes ign. Après avoir franchi un ru, soudain je m'arrêtai, tout à la contemplation d'une splendide bordure de chênes, où la luminosité profuse le dispute à la sobriété du couvert végétal, tout en ajoncs d'Europe et mousses, un de ces endroits aguicheurs où tout bon chercheur de cèpes sait qu'il reviendra.

Cet après-midi, alors que la saison des morilles prend de la hauteur et que les mousserons en ont découragé plus d'un, un peu déphasé et rembruni par la brise entêtante, je me suis lancé à l'aveugle dans une quête de nouvelles prairies à orchidées à travers les petites routes qui desservent l'ouest de mon territoire. Puis je poussai jusqu'à certains bosquets de chênes et de châtaigniers dont j'ai éprouvé la précocité. C'est que depuis 10 jours les amanites se font insistantes...

Le retour au bercail s'effectuerait par le nouvel itinéraire champêtre tellement plus agréable et discret que les petites routes à rallonge. À peine m'étais-je engagé sur l'allée de chênes que mes sens de chercheur étaient mis en alerte. Partout autour de moi, des troupes de russules et amanites de toute sorte bombaient le torse sur les tertres tandis que de jeunes sujets sortaient plus timidement de la mousse. Je ne pus faire de moins que de farfouiller... La difficulté ne me rebutant pas je jetai d'emblée mon dévolu sur les massifs d'ajoncs et de jeunes pousses de chênes. finalement c'est en me retournant que j'avisai le premier, au propre sur le talus que je venais de dépasser, puis son petit frère qui sortait de terre...

Depuis les premiers instants où mon regard a balayé cette bordure je vivais avec la conviction d'en retirer quelque bénéfice, mais cette trouvaille précoce va bien au delà de toute espérance...

Adishatz !

23 avril 2014

2014 : un printemps des mousserons en sol mineur...

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Bonsoir à tous,

Alors que le mois d'avril sur le départ livre ses dernières morilles aux plus chanceux dans les ripisylves des vallées que l'ombre des frênes et la fraîcheur des ondes ont jusque là préservées des ardeurs du soleil, et que les premières amanites verruqueuses claironnent sur les orées l'arrivée prochaine des premiers cèpes de mai, nous avons de solides raisons de penser que Saint George 2014 n'égaiera pas nos tables de ces exquises omelettes aux mousserons qui faisaient jadis le lustre du 23 avril.

De fait, la saison du divin bossu s'identifie à celle des morilles jusque dans l'improbable coup d'éclat du dimanche 13 avril où, parti photographier des orchidées, j'en trouvai un bon kilogramme de fort belle facture près d'une route de coteau de l'Entre-deux-Gaves. Quelques instants d'émotion et d'extase goûtés comme il se doit mais qui ne font pas oublier l'extrême indigence d'un printemps où mes meilleures mousseronnières ne totalisent pas plus de cinq mousserons à cette date quand la plupart n'ont pas encore ouvert leur compteur.

Sur les causes de cette piètre saison, je me bornerai à pointer ce satané hiver trop doux qui, c'est à craindre, ne sert les intérêts d'aucun chercheur de champignons, qu'il s'agisse de morilles, de mousserons ou de cèpes... Depuis le mois de mars les conditions météorologiques n'ont eu de cesse d'être favorables à la venue de toutes ces espèces que nous guettons avec impatience chaque année. Et c'est peu de dire que cette attente a été déçue...

Reste que le mois de mai, s'il est assorti d'orages, de bonnes averses et de températures idoines, pourrait encore apporter une correction appréciable à ce sinistre état des lieux, comme ce fut le cas en 2013...

Adishatz !

11 avril 2014

Morilles 2014 : Après la morte plaine les montagnes sèment des miettes de bonheur...

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Bonjour à tous,

Hormis quelques trouvailles isolées, souvent le fait de morilleurs assidus et expérimentés ou simplement heureux, la saison des morilles 2014, crucifiée par le pic de chaleur de lundi, semble d'ores et déjà vouée au rayon des annus horribilis, pour ce qui est des ripisylves de très basse altitude, tant la réalité se conforme aux scénarios les plus pessimistes que j'avais exposés ici-même. Beaucoup d'entre nous n'auront pas vu la moindre mitre en plaine cette année...

Dans la sinistrose ambiante et entêtante, la semaine qui s'achève marque un tournant appréciable. Finalement, fuyant cet hiver trop doux, les ripisylves gorgées d'eau et un mois de mars décidément trop chaud, les morilles ont trouvé refuge dans les vallées fraîches des torrents de montagne où des écosystèmes thermorégulés offrent encore un semblant de normalité climatique en versant nord, notamment...

Autant le dire d'emblée, ceux qui se rêvent déjà moissonnant les mitres comme des pointes d'asperges dans le sable des Landes risquent fortement de regretter les kilomètres parcourus et le carburant aquitté. Pour l'heure, les morilles pointent de façon très localisée et en troupes moins denses qu'à l'accoutumée. Mais pour tous les autres, dont je suis, les semaines qui viennent délivreront à n'en pas douter leur pesant de bonnes surprises et de menus bonheurs, toutes ces joies et émotions propres au printemps des morilles et que jusqu'à présent, tout semblait concourir à nous dénier cette année...

Adishatz !

03 avril 2014

La magie de Noël...

C'était au temps où Noël illuminait encore l'horizon des simples mortels de toute sa portée symbolique. Où l'élection du frêle conifère qui égaierait de ses parures la douce parenthèse des fêtes motivait un transport familial parmi les bois environnants. Au temps où le nombre de Noëls des enfants envolés se comptait en autant de sapins grandissant dans le parc attenant.

Un jour de décembre, un père de famille du piémont oloronnais entraina toute sa tribu à travers les sylves qui coiffent les Pyrénées voisines afin d'y prélever le héros des festivités.

Début janvier, l'arbre fut obséquieusement replanté dans la pelouse, chaussé de cette bonne terre noire des montagnes que l'on avait eue la sagesse d'emporter avec ses jeunes racines...

Le temps s'écoula, emportant avec lui les Noëls des enfants envolés vers la vie. En héritage, un beau sapin blanc prenait ses aises dans l'azur du piémont, que l'on voyait se balancer au gré des brises et des bourrasques.

Un jour d'automne, c'était au milieu des années 1990, la femme fit part à l'homme d'une découverte ravissante, une colonie de jolis champignons rouges à points blancs, portant collerette gracile sur le haut du pied, venait d'établir ses quartiers auprès de l'arbre. Longtemps, aux rivages de la Toussaint, chaque année on put y contempler un merveilleux ballet d'amanites tue-mouches.

Si bien qu'à l'automne 2002 chacun de s'interroger : pour la première fois depuis longtemps, les demoiselles n'étaient pas au rendez-vous des défunts... De fait, il fallut attendre la fin du mois de novembre... Et un matin, pour le plus grand émerveillement de l'homme et de la femme, vieillissants, un magnifique cèpe de Bordeaux luisait au soleil contre les racines de l'arbre. Un seul cèpe, mais dès lors, chaque année il en reparut, toujours plus nombreux et gaillards...

Au petit matin du 24 janvier 2009, le beau sapin blanc gisait au sol, terrassé par la tempête Klaös, mettant fin à la plus délectable des magies de Noël...

30 mars 2014

Morilles 2014, Ô désespoir dans les ripisylves...

Bonjour à tous,

Les obligations, les tracas du quotidien, l'énergie et la flamme qui parfois en patissent, si je m'exprime peu depuis quelques semaines, c'est aussi et surtout que décidément, ce printemps n'offre rien à nous mettre sous les dents. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, alors que le mois de mars s'achève, je n'ai pas l'embryon d'une morille à publier dans mes albums. Et il n'est plus question de dénier la réalité en lui opposant des arguments infondés : comment les sols de nos ripisylves pourraient-ils être encore "trop froids" au sortir d'un hiver aussi exceptionnellement doux et au soir d'un mois de mars particulièrement ensoleillé ? Comment l'eau pourrait-elle manquer aux morilles dans nos forêts de berge après trois mois de déluge incessant en Aquitaine et plus de 50 mm de pluie sous forme de giboulées entre le weekend dernier et ce début de semaine ? On a vu sortir les morilles en première quinzaine de mars à l'expiration d'hivers autrement plus rigoureux et secs (2001-2002 entre autres).

Il convient donc d'affronter la réalité pour ce qu'elle est, quitte à ménager une fenêtre sur l'espoir en un moins d'avril meilleur, dans la morosité ambiante tétue mais légitime. Les morilles ne sont pas au rendez-vous du printemps 2014, ou quand elles daignent se montrer comme à certains confrères méritants et passionnés, Laurent, Fabrice, si vous me lisez, c'est souvent en comité plus restreint qu'à l'accoutumée. Sauf que ce "comité plus restreint" ravirait la plupart d'entre nous eu égard au no morel's land actuel.

Nous voici donc sur le seuil du grand mois d'avril, habituellement le meilleur en basse altitude puis dans les vallées des torrents et gaves de montagne, et je me dois de dire, devant l'indigence présente, que je suis bien à la peine lorsqu'il s'agit de vous exposer quelque scénario plus optimiste, au risque de vous fourvoyer. La seule donnée que je tiens pour irréfragable est que pour beaucoup d'entre nous, la semaine qui se dessine et le prochain weekend accoucheront d'un verdict implacable. Si nous ne voyons pas poindre de jolies mitres dans les ripisylves où nous avons nos habitudes à l'horizon de dimanche prochain, la probabilité deviendra très forte que nos espoirs soient anéantis pour le restant de la saison... Heureux ceux qui comme moi, disposent de solutions alternatives, notamment en altitude...

Reste que l'occurence d'un printemps entièrement avorté des morilles, pour la première fois depuis des temps immémoriaux, me laisse bien perplexe quant à la grande saison des cèpes qui approche désormais à grands pas. Fort heureusement, nous savons que cèpes et morilles ne sont pas sujets aux même lois de nature...

Adishatz !

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16 mars 2014

Morilles 2014, au sud-ouest rien de nouveau...

Bonjour à tous,

Ceux qui me lisent me sauront gré de les avoir vaccinés préventivement, la saison des morilles 2014 risque fort de s'avérer une intenable affaire de patience et d'indolence, du moins dans les régions qui ont pati d'un non-hiver absolu comme il s'en produit un tous les 25 ans environ. Même la première quinzaine de mars, que de longue date, les climatologues nous prévoyaient un peu plus froide, se sera employée à nous refuser ces quelques gelées blanches si indispensables aux équilibres naturels. Foutu hiver décidément !

Il en résulte deux effets contraires mais qui s'entendent comme larrons en foire pour contrarier nos rêves de Morchella : d'une part, avec le retour de belles journées ensoleillées qui ne sont pas pour nous déplaire, la végétation des berges qui rongeait son frein depuis le mois de janvier, a donné libre cours à sa créativité dès les premiers jours du mois, ce qui constitue avec un bon mois d'avance, une concurrence redoutable sur le sol de nos morillères. Et d'autres part, la joyeuse compagnie des morchellacées, amadouée par la zuavité de la saison morte, s'est abandonnée à une indolence dont il pourrait lui en cuire, tandis que la concurrence s'active.

Mes premières sorties en forêts de berge depuis le début du mois, ont validé les inquiétudes du dernier post. Le foisonnement des pézizes écarlates (inhérent aux hivers de coton) constatée fin février, espèce sur la productivité de laquelle je n'ai jamais pu déduire de signaux quant à celle des morilles, contraste avec un avènement des pézizes veinées en troupes localisées, quantitativement médiocre et en retard de 2 à 3 semaines sur la foi de mes observations décennales. Or la pézize veinée est un indicateur plus fiable de sa grande soeur Morchella. Et que dire des morillons, que l'on a déjà vus poindre en première décade en Béarn certaines années, et qui en dépit du beau temps retrouvé, restent invisibles à cette date...

Ces constatations de terrain n'excluent aucunement une bonne surprise, nous savons que les morilles sont capricieuses et ne se conforment pas exactement aux cycles de leurs proches cousins, elles ont davantage de retenue, sont plus à même de changer leur plan en cas d'urgence. Sauf que l'extrême faiblesse du début de saison des mousserons, calocybe gambosa, qui lui ressemble finalement beaucoup de par les moeurs, n'invitent guère à l'optimisme...

Adishatz !

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19 février 2014

À quelle sauce les morilles 2014 nous accommoderont-elles ?

Adishatz a tots ! Bonjour à tous !

Cet hiver nous pilotant sans jamais décliner son identité, nous abandonnera sous peu, songeurs, à l'aube d'une nouvelle saison des morilles. Et si pour la grande majorité d'entre nous cette projection vers l'inconnu avec sa part d'espérance, d'attente fébrile, de magie, de rendez-vous manqués, de bonnes surprises, de "succès d'étape", qui motivent notre quête et les efforts que nous renouvelons chaque année sans compter, perdrait énormément de son intérêt en étant dévoilée par avance et dans les moindres détails, il ne fait aucun doute que nous soyons très nombreux, parfois dès l'extinction de la saison des cèpes, à aiguiser notre réflexion ou à débattre entre confrères sur les forums, de la teneur générale du futur printemps des morilles.

D'emblée je m'empresse de préciser que mon expérience en ce domaine est trop récente (début des années 2000) pour autoriser un avis tranché sur le sujet. En outre, il convient aussi de faire toute leur part aux groupes de morilles, entre celui des communes et des blondes dont je suis relativement coutumier et qui colonise les frênaies alluviales et les peupleraies depuis nos grands cours d'eau de plaine jusqu'aux moyennes vallées des gaves et autres torrents de l'étage montagnard, et celui des morilles dites "noires", les coniques, les élevées, les costées, nettement plus septentrionales en plaine et presqu'exclusivement montagnardes dans le Sud, sur lequel je n'ai qu'une culture personnelle très lacunaire, constituée de ouï-dire, de rares conversations avec des initiés et de lectures. Tout ce qui me semble évident est que ce groupe ne se comporte pas comme le premier, un peu comme les cèpes de Bordeaux et les cèpes de sapins en montagne produisent rarement la même saison que les cèpes noirs et cèpes d'été en desssous de 1300 mètres et en plaine.

En l'occurrence, la saison 2014 des morilles sourdra des décombres d'un hiver particulièrement doux sur l'ensemble du territoire, mais présentant d'énormes disparités régionales s'agissant des précipitations. En cette fin février plusieurs grands ensembles se dégagent : d'une part, ceux qui ont traversé une mauvaise saison particulièrement sèche : Le Roussillon et le Bas Languedoc, autour de Perpignan, Narbonne, Béziers, Montpellier, jusque dans les contreforts des Cévennes et des Corbières, ont établi un déficit record, parfois de l'ordre de 80 à 90% de leur pluviométrie "normale". La sécheresse fut aussi le lot du grand quart Nord-Est, autour de Strasbourg, Metz, Nancy, avec un déficit pluviométrique atteignant parfois 50 à 60%, et dans une moindre mesure, du Centre de la France, Auvergne, Bourgogne, Alliers, ..., où le déficit a pu atteindre localement 30 à 40% de la normale. En contrepartie trois grands groupes de régions ressortent d'un hiver exceptionnellement arrosé : la vallée du Rhône, la région PACA jusque dans les Alpes du Sud, ont connu des abats d'eau considérables et répétitifs, culminant parfois à 300 ou 400% d'excédent par rapport à la moyenne de référence 1981-2010. La Bretagne, ainsi que la Vendée et la Charente-Maritîme, ont affronté un hiver particulièrement agité, assorti de plusieurs tempêtes et inondations abondamment traitées dans les médias. Il en résulte un excédent atteignant localement 180% de cette même pluviométrie moyenne hivernale. Enfin, le Bassin Aquitain présente aussi un excédent de l'ordre de 120 à 140%, dû surtout aux blocages orographiques en flux de nord-ouest intervenus depuis la mi janvier. C'est dire si nous ne serons pas logés à la même enseigne en ce début de saison, et si dégager une tendance globale fiable, de nature à répondre aux interrogations de chacun, en s'appuyant sur de telles différences de traitement, relève de l'impossible, voire de l'imposture.

La configuration générale étant posée, par delà les précautions de langage, l'honnêteté commande de préciser qu'elle n'invite guère à l'optimisme. En effet, si aucune corrélation ne peut être établie entre un hiver pluvieux et une piètre saison des morilles (qui n'a jamais ouï dire des anciens qu'une pousse mirifique avait été observée dans tel ou tel secteur inondé ?), le sentiment des connaisseurs et les quelques statistiques dont nous disposons nous préviennent qu'en l'absence totale de froids significatifs, un hiver accouche presqu'immanquablement de faibles cueillettes. Nos craintes s'apprécient de ce qu'à ce jour 2014 surpasse nettement en douceur tous les hivers précédents. Notez toutefois qu'à l'instar de 2004 où la neige s'était invitée fin février, puis le froid piquant début mars, après un hiver inexistant, favorisant une levée différée mais honorable, la nature peut encore recouvrer ses esprits et placer la future saison sous de meilleurs auspices... Ceci vaut particulièrement pour le groupe des vulgaris et des rotunda.

En outre, après avoir fait toute sa part à la prééminence de l'hiver dans le cycle des morilles, juste avant leur développement, notre démarche de passionnés se heurte à la limite des facteurs que nous pouvons effectivement appréhender et intégrer dans nos "prévisions". Si l'on admet que la morille que nous cueillons en avril est le point d'orgue d'une épopée initiée au plus tôt à l'émission d'une spore au cours du printemps précédent, on peine à s'expliquer pour quelle(s) raison(s) le cours des autres saisons traversées n'impacterait pas, fût-ce à la marge, la productivité du mycélium le moment venu. C'est là où réside, ce me semble, la fameuse marge d'incertitude, notre réservoir d'espérance d'où pourrait sourdre la "bonne surprise". Même si, pour tempérer ces propos, je m'empresse d'ajouter que la saison des morilles 2004, la première faisant suite à la canicule historique de 2003, ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable.

Cet hiver à l'inexpugnable douceur ne manque pas de nourrir bien des conjectures quant à la possible arrivée anticipée de Morchella. Sur ce point je me bornerai à exposer quelques cas d'espèces. Mes cueillettes les plus précoces de morilles au pied des Pyrénées et dans les vallées de leurs gaves, correspondent à la saison 2003 et surtout 2002 où les premières paradaient sous les frênes à la mi mars. Trois séquences climatiques en tout point différentes ont caractérisé l'hiver 2001-2002. Le mois de décembre fut glacial et sec, le plus froid en Béarn de ces dernières décennies, avec de nombreuses gelées inférieures ou égales à -10 degrés et une dizaine de journées sans dégel. Le mois de janvier, après un intermède pluvieux au moment des fêtes, s'était avéré remarquablement ensoleillé et sec, avec une hausse graduelle des températures, surtout en deuxième quinzaine, débouchant sur un mois de février radieux, aux accents printaniers. L'hiver 2002-2003 pour sa part, fut nettement plus pluvieux, assorti d'une vague de froid neigeuse significative en janvier et d'autres périodes froides dans le courant d'un mois de février globalement plus ensoleillé et sec. Les morilles pointaient vers le 20 mars près des gaves et la pousse fut exceptionnelle. Avant d'ébaucher quelques hypothèses je clôturerai ces "tronches d'hivers" par l'évocation du millésime 2012-2013, le dernier en date et qui partage avec l'actuel une forte propension à pluviométrie extravagante. Bien que sans froid significatif hormis une période de froid faible à modéré de fin novembre à mi décembre, puis fin février, l'hiver 2012-2013 fut nettement moins doux que son successeur car caractérisé par une récurrence de blocages orographiques en flux de nord-ouest frais, générateurs de précipitations impressionnantes et intarissables depuis le Bassin Aquitain et se propageant ensuite le long des Pyrénées. Cette pluviométrie exceptionnelle traverse indistinctement l'ensemble de l'hiver et se double, d'un déficit d'ensoleillement abyssal, plongeant itérativement nos régions dans une sorte de pénombre éprouvante depuis la Toussaint 2012 jusqu'au mois de juin 2013. Faut-il y voir un lien, une relative embellie survint tout de même dans le courant du mois de mars et les premières morilles pointaient dans les tout derniers jours du mois en plaine (rapidement terrassées par un improbable pic de chaleur en première quinzaine d'avril), seules les montagnardes, qui avaient eu la sagesse de différer encore un peu leur sortie (mi avril), y survécurent, et leur saison nous combla jusqu'à la mi mai. Il n'y aurait donc aucune espèce d'automaticité à ce qu'un hiver très doux ou sans froid accouche d'une pousse de morilles précoce. Nous avons même là deux exemples d'hivers froids, certes excentrés ou excentriques, qui inclinent à penser que le froid n'exclut en rien un démarrage anticipé de la saison. C'est que, bien plus que le niveau médian des températures et l'intensité des éventuelles vagues de froid, le nombre d'heures d'ensoleillement gagnerait à être étudié comme un facteur d'importance dans la chronologie de l'apparition des morilles. Ceci expliquerait peut-être pourquoi un hiver inoffensif mais très peu ensoleillé comme 2013 (ce qui est aussi le lot de l'actuel) a débouché sur une pousse retardée. Faute de moyens techniques, beaucoup d'entre nous passent outre cet élément dans leurs tentatives de projection, or le rayonnement solaire impacte directement ce sol où intriguent nos morilles...

Adishatz !

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13 février 2014

Un aulhèr au Garatge

Dens la dusau tirada de las annadas 90, Pau que s'avivava enquèra d'auburis plasents e pintorescs. Atau, l'arribada de l'ivèrn que's sagerava peu torn d'un aulhèr apitranglat sus un petahum, dab los sons cans e las soas paucas aulhas. Barbalonga, pèu anerat, maishèra escarbalhada, los qui l'avèn parlat que disèn que devarava de la vath d'Aussau. Uns sers qu'apariva que's juntèsse a la hora deus estudiants qui virava e arrevirava peus estanquets deu quartièr Maiòlis...

Qu'eram en 1996 o 1997, un divés ser, lo noste òmi qu'estremè la soa cavala davant la cerveseria qui s'aperava lavetz Le Drakar. Quan entrè au pub Le Garage, que's vedè qu'èra briac. Aquiu, vestit de perissas, esclòps de punta aus pès e bonet pihat suu cap, que's gahè a tornejar suu son baston d'averanhèr devath los uelhs de las practicas enlobatadas. En tocant drin las aucas, que hasó mantuns "branlos", shens dar-se'n deu díser deu monde ni deus espataquets d'arríder qui los sons gestos desestrucs e las soas cadudas e desclaveravan.

Quan avó hèit, lo pastor que virè lo telon tot com èra entrat dab aqueth espiar maliciós qui avè tostemps. Au dehòra que començava de nevar a bèths plumalhs. Contra l'avis deu desforalhaire, qui l'estat de briaguèra e herucava, que desmarrè la petroleta e que s'aviè. Totun, just s'avè hèit cinc mètres que s'espataquè au bèth miei deus cabeders e deus sacs de lordèras. Aquò rai, que s'arrequilhè e lèu la crabotejada de la soa atruna que s'ataisè hens lo brum de la nèu qui cadè mei anar mei espés. Ne'u tornèn pas jamei véder, ni per Pau, ni per las estivas d'Aussau...

12 février 2014

Un berger au Garage

À la fin des années 90, Pau était encore animé de personnages pittoresques et attachants. Ainsi, l'entrée de l'hiver voyait dévaler de la vallée d'Ossau un étrange berger sur sa mobylette, avec ses chiens et quelques brebis. Et certains soirs il advenait qu'il se mélât aux foules étudiantes qui avaient leurs habitudes dans le Triangle du quartier Mayolis...

Un vendredi soir de décembre, c'était en 1996 ou 1997, notre homme immobilisa sa monture devant le bar qui s'appelait alors le Drakar, puis entra au Garage, manifestement aviné. Et là, vêtu de peaux de bêtes, chaussé de sabots de pointe et béret vissé sur le chef, il se mit à tournoyer autour de son bâton, sous les yeux de l'assistance médusée, enchaînant plusieurs "branlos" titubant assortis de quelques chutes, sans se soucier du qu'en dira-t-on ni de l'hilarité générale que sa gestuelle déchainait.

Quand il eut fini, le pâtre évacua le bar comme il était entré. Dehors il avait commencé à neiger à gros flocons. Malgré l'intervention du portier, inquiet de son état d'alcoolémie, il démarra son engin et s'élança. Mais à peine avait-il fait cinq mètres qu'il se vautra dans les containers et les sacs poubelle. Qu'à cela ne tienne, il se releva et bientôt le bruit chevrotant de sa mobylette se perdit dans la neige qui tombait de plus en plus dru. On ne le revit jamais, ni au Garage, ni dans les estives...

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09 février 2014

Hiver 2013-2014, la mousseronnière Cambòt remet le couvert...

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L'attente aura été plus longue, malgré un hiver en tout point aussi favorable que le précédent, et mes visites assidues et pointilleuses avaient fini par me ranger à l'idée que peut-être ce qui était arrivé l'an dernier, depuis le 16 décembre 2012 jusque fin juin relevait non seulement de l'exceptionnel mais encore de l'unique. Et que peut-être je ne retrouverais plus jamais de mousserons en plein hiver à cet endroit ou en tout autre. Et puis ce dimanche, encouragé par une des rares embellies qui caractèrisent la période, je me suis lancé dans une de ces randonnées de santé qui agrémentent ma mauvaise saison, avec ce sentiment entêtant que les pluies torrentielles des trois dernières semaines avaient pu opérer leur charme.

Bientôt sur l'accotement de la route, je fus hélé par un groupuscule de pholiotes précoces, agrocybe praecox, fichées dans les débris de fougères. La vue de cette espèce me met toujours en alerte car en d'autres temps elle est contemporaine des morilles et des mousserons. Mais en première décade de février, c'est une toute autre histoire...

Parvenu près de l'aubépine où, en 2012-2013, à plusieurs reprises ils m'apparurent, je me mis à fouiller méthodiquement dans le lierre et les débris ligneux. Et très vite, dans l'herbe grasse, je discernais enfin un de ces dômes splendides et qui vous embrasent au premier coup d'oeil. Pour la deuxième année consécutive, Cambòt, une petite mousseronnière du Nord-Béarn, m'offre un rêve éveillé au coeur de l'hiver...

Adishatz !

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02 février 2014

Essai de projection fongique 2014... (Mise à jour du 01/02/2014)

Adishatz a tots/ Bonsoir à tous,

Alors que nous sommes rendus au milieu d'un hiver méconnaissable, se dessine en sous-sol la future saison des champignons, qui ne connaît pas de trêve, et, quoi que cela s'avère fort difficile et hasardeux, nous sommes déjà nombreux à nous demander quelle sera la teneur du millésime 2014.

Prédire avec précision l'intensité d'une saison, sa chronologie et la quantité totale de bolets que celle-ci délivrera relève pour l'instant de l'impossible ou du charlatanisme. Reste que la nature gratifie les naturalistes appliqués et assidus, de menus signaux autorisant à en dégager quelques tendances lourdes. Ma méthode, loin d'être infaillible car rudimentaire et écartant d'autres paramètres que pour la plupart, je ne suis pas en mesure d'appréhender et donc d'intégrer, tient que la courbe d'activité et de fructification du mycélium de cèpes serait plus ou moins inversement proportionnelle aux courbes de températures de la saison creuse. Autrement dit, plus un hiver sera rigoureux, plus nous aurions de chances de trouver de cèpes au cours des mois suivants, notamment au printemps et en été, plus un hiver sera indolent, plus il serait à craindre que nos paniers volent au vent...

Pour dégager et actualiser mes projections, je m'appuie sur les données climatiques "maison", enregistrées, et je m'efforce d'intégrer les projections climatiques saisonnières actualisées et publiées régulièrement par certains services tels que celui du site de la chaine meteo qui fournit un outil intéressant pour tout mycologue afin d'ouvrir des perspectives à plus long terme dans le courant de la saison froide. Au final, seul le temps validé par dame nature au sortir de l'hiver autorisera une projection fongique un peu plus affine.

Des projections 2013 nettement surpassées par l'été...

Si le début de saison jusqu'à la fin du mois de juin a largement validé des projections fongiques sinistres au sortir de l'hiver, l'irruption d'un été 2013 très chaud et très sec a largement démontré par la suite qu'un été très chaud et sec non seulement pouvait atténuer les effets d'un hiver désastreux en favorisant une saison correcte (ce que mes projections avaient défini comme hypothèse la plus optimiste), mais mieux encore, transformer une citrouille en carrosse, propulsant 2013 dans le top 10 des trente dernières années... Seule 1998, par le passé, avait accouché d'un tel prodige.

Saison des cèpes 2014 : Faudra-t-il encore que l'été soit très chaud ?

Notre situation ne s'est pas améliorée depuis ma dernière publication : en effet, le curiculum vitae de l'hiver 2013-2014 reste famélique à ce jour, se bornant pour l'instant à la seule période de froid faible à modérée qui a sévi entre le 15 novembre et 10 décembre 2013 et qui n'aura quasiment aucun bénéfice sur la future saison des cèpes. Une seule gelée à -5 degrés c'est beaucoup trop peu et beaucoup trop faible. Si les températures se sont rapprochées des normales depuis une dizaine de jours, la période des fêtes et la première quinzaine de janvier furent particulièrement douces et pas trop désagréables du point de vue du ciel. Sans la moindre gelée la deuxième quinzaine de janvier a été caractérisée par des précipitations intenses, offrant des cumuls records, ringardisant ceux de l'hiver précédent. Si nous ne sommes pas actuellement en mesure de définir l'impact d'une saison hivernale exceptionnellement pluvieuse sur le mycélium (tout juste pouvons-nous soupirer d'aise en considérant que l'hiver et le printemps 2013 n'ont pas empêché une belle pousse automnale), l'absence de gelées et de grand gel ne sont pas générateurs d'un stress indispensable à la vitalité de la nature au printemps. En outre, alors que nous attaquons le mois de février, nous avons beau scruter, il faut bien admettre que pour l'instant, aucun organisme sérieux ne voit venir cette belle vague de froid salutaire que nous espérions encore il y a quelques jours. Dû à une mauvaise position de masses d'air qui n'en démordent pas, le froid cet hiver est partout mais pas chez nous. Autant dire que la teneur de la saison 2014 risque fort à nouveau de reposer sur les ardeurs de l'été. Plus concrètement, nous risquons fort de devoir encore nous en remettre à un été très chaud pour espérer trouver des cèpes à pleins paniers. Or rien ne garantit que ce qui est advenu en 2013, surgira encore en 2014. Si nous prenons l'habitude de collectionner les hivers indolents, inévitablement un jour viendra où l'été fera également pâle figure. Et cette année nos paniers voleront au vent.

Pour les prochaines semaines, un peu d'espoir tient en ce que les projections climatiques saisonnières ne sont pas non plus infaillibles, elles ont montré leurs faiblesses actuelles l'an dernier en étant débordées par un été qu'elles ne voyaient pas venir fin juin. Devant le caractère exceptionnel de la douceur actuelle, devant aussi le caractère exceptionnel des déséquilibres et anomalies constatés à l'échelle de l'hémisphère nord, on ne peut s'empêcher de penser que jusque là, cet hiver est un peu trop déjanté pour rentrer gentiment dans les rangs au cours des prochains mois, on se dit qu'une bonne vague de froid de fin d'hiver qu'aucun modèle ne prévoit, pourrait déjouer tous les pronostics. Mais, là-dessus, comme sur la saison des cèpes, je ne puis rien promettre...

Adishatz !

Posté par cristau à 00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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