Le Blog de Cristau de Hauguernes

10 novembre 2014

Cèpes 2014 : La der des der ?

Congrégation de cèpes d'été exceptionnels...

Adishatz,

En d'autres temps, à l'époque où nous sommes rendus de l'année, l'habitude inclinerait le quêteur de cèpes (hormis les heureux qui comptent quelques edulis dans leur paysage), suspendant le panier à une solive, et, habité de mille et un souvenirs précieux, à entrer quiètement en hivernage, jusqu'au temps des premières violettes, des morilles et des mousserons.

Mais aujourd'hui, cet usage pourrait bien ne pas s'avérer très judicieux et nous avons de solides raisons de ne pas relâcher la vigilance sur nos bois. Celles-ci tiennent pleinement dans l'excentricité climatique de l'année qui ouvre des possibilités malgré la baisse (modérée) des températures récentes. La période de temps très chaud et très sec de la deuxième quinzaine d'octobre a fortement impacté à la hausse la température des sols qu'elle a parallèlement asséchés, c'est particulièrement sensible dans les bois surélevés et exposés sud. Tout se passe donc un peu comme si cette anomalie climatique avait annulé le choc thermique et hydrique survenu en première quinzaine. D'autre part, comme je l'ai décrit plus haut, elle a probablement eu pour effet d'amoindrir et d'écourter la pousse des cèpes sur ces secteurs qu'elle a fortement affectés. Depuis, de très fortes pluies sont intervenues début-novembre, les températures ont baissé, mais sans excès, revenant simplement à des niveaux de saison, très loin du gel dans les parcs la nuit, et proches de 15 degrés l'après-midi. Nous nous retrouvons donc sensiblement dans une configuration à la novembre 2011, à cette réserve près que la dernière grosse pousse est récente et que les sols des bas-fonds et bois pentus en versant nord sont désormais peut-être un peu frais. Or ils étaient anormalement chauds il y a 10 jours encore sur les hauteurs. Ce pourquoi j'incline à penser, sans certitude aucune, qu'un ultime choc thermique et hydrique a pu se produire localement. Il en résulterait une dernière pousse d'aereus et d'aestivalis dans quelques jours, essentiellement dans les secteurs qui furent un peu frustrés fin-octobre.

Quoi qu'il en soit, à cete époque de l'année, nous n'aurons pas à languir très longtemps cette levée de thermophiles, surtout que le froid ne saurait trop tarder et que sans attendre son arrivée les arrosages récurrents feront inéluctablement fléchir les températures des sols. Si aucun aereus ou aestivalis (je mise davantage sur ce dernier) ne sourd avant une semaine, la messe sera dite, et nous pourrons tous reporter nos derniers espoirs sur les edulis en descendant le chemin qui mène à Noël.

Adishatz !

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Cèpes 2014 : Octobre a remis les pendules à l'heure dans les bas-fonds...

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Adishatz,

Le mois de novembre à l'aube de sa deuxième décade, n'a pas failli à sa réputation en nous plongeant dès après la Toussaint dans les affres climatique de la fin de l'année, refermant un cycle des beaux jours atypique mais conclu par une deuxième quinzaine d'octobre de très haute tenue...

Lequel mois d'octobre n'a pas déçu nos espérances, d'une manière générale. Malgré une pluviométrie souvent un peu avare, moins de cinquante millimètres cumulés en première quinzaine en de nombreux endroits, on est très loin des 120 millimètres de septembre 2006 ou des 150 de fin-juin, début-juillet 2014, pour ne parler que de mes coteaux salisiens, la grande pousse espérée a bien eu lieu, même si certains n'ont pas été aussi bien servis que je le fus, loin s'en faut.

Dans mes coteaux et fonds de bois de l'Entre-deux-Gaves, la pousse s'est déclenchée avec une bonne semaine d'avance sur les secteurs de la plupart de mes confrères car de meilleures pluies d'orage étaient advenues dans les tout derniers jours de septembre. Cette pousse naissante fut avivée par les bonnes pluies qui ont arrosé nos régions en première décade d'octobre et explosa littéralement en deuxième décade. Contrairement à la grande pousse de juin, cette fois l'ensemble de mes bois ont commis des cèpes, mais très vite, il fut évident que les contingents les plus importants se formaient dans les bas-fonds frais, ceux-là même qui n'avaient pu prendre le train en début d'été, et les pentes en versant nord. Cette tendance est allée creishendo tout au long du mois d'octobre, surtout que l'exceptionnelle période de chaleur et de sécheresse qui a sévi en deuxième quinzaine a fini par dessécher les sols des bois perchés sur les hauteurs et en versant sud, décourageant le mycélium en début de dernière décade. On peut donc attester une inversion totale par rapport à la pousse estivale.

Cette grande pousse automnale a connu son apogée entre le 14 et le 21 octobre, me gratifiant de quelques cueillettes supérieures à 15 kg/jour, converties en de nombreux bocaux pour la consommation familiale. Les cèpes cueillis étaient très majoritairement des aereus, la température des sols favorisant nettement cette espèce au détriment d'aestivalis. Flanqués de quelques oronges, nous les aurons guettées amoureusement en 2014, l'amour ne restant-il pas souvent à l'état de désir, mais sans la compagnie des girolles contrairement à cet été, les cèpes ont décliné jusqu'à disparaître derrière le grand rideau de la Toussaint.

On retiendra donc que le mois d'octobre 2014 a su sublimer des conditions climatiques décidément très délicates cette année (mais c'eût pu être bien pire dans le cas de froid et de gel), pour apporter à la plupart des inconditionnels du grand sud-ouest, la belle pousse de cèpes annuelle dont chacun rêve, s'évertuant même à effacer l'anomalie de sa devancière estivale en mettant les pendules à l'heure dans les bas-fonds...

Adishatz !

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01 novembre 2014

Marteror / Toussaint

 

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Suu cant de la seuva que's perden los camins,
Sendèrs de clars matins aninats peus gòlis,
Vielhs carriaus desanats au hons deu bordalat,
Suu cant de la seuva tot que'n va tau segrat.

Lo vent plogiu au vira-pleg de Marteror,
Que maumia las huelhas a l'esguit de tardor,
E auburis carats qu'arcan davant los clòts
De marterons flocats en agusant los pòts.

Deu Cap d'An a Nadau, sonqu'a combatejar,
Esparvolats, los vius que vòlen desbrombar
Lo dalh despietadós qui'us barra lo camin.

Mes quan l'arrauca au cèu esliça suu parçan
Dab lo son crit ponhent qui hè horvar lo can,
A tròpeduns totun que's bremba lo destin.

Toussaint

À l'entrée de la forêt se perdent les chemins,
Sentiers des matins clairs bercés par les rouge-gorges,
Vieux chemins délaissés à l'écart du hameau,
À l'entrée de la forêt tout part au cimetière.

Le vent pluvieux au grand tournant de la Toussaint,
Malmène les feuilles sur le seuil de l'arrière-automne,
Et des silhouettes silencieuses s'inclinent devant les tombes
Fleuries de chrysanthèmes en se pinçant les lèvres.

Du jour de l'an à Noël, tout à leurs vacations,
Les vivants, évaporés, cherchent à oublier
La lame impitoyable qui leur barre la route.

Mais quand la grue aux cieux glisse sur la contrée
Avec son cri déchirant qui fait hurler le chien,
A beaucoup cependant le destin se rappelle.

 

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30 septembre 2014

Cèpes 2014 : Septembre replace la saison sous les meilleurs auspices...

Cueillette du 16 novembre (cèpe d'été splendide)...

Bonsoir à tous,

Après avoir brillé de mille feux, septembre s'est éteint sous une chappe de gris. Ce mois n'aura que très localement et de façon très parcimonieuse accordé ses faveurs aux paniers de quelques chanceux, dont je suis. Pour la plupart d'entre nous ces trente derniers jours s'apparentent à une traversée du désert fongique due à un temps subitement devenu sec, puis chaud, très chaud. Et déjà je lis, j'entends que l'on s'impatiente, que l'on s'inquiète, que l'on désespère de voir la pluie revenir dans des délais raisonnables.

Outre que nous avons encore tout le mois d'octobre devant nous, sans négliger que novembre a amplement démontré par le passé qu'il pouvait s'avérer un excellent mois pour le cèpe lorsque la grande douceur persiste tard en saison, il me semble au contraire que les dernières semaines écoulées, si indigentes puissent-elles apparaître à beaucoup, dans ce culte de l'immédiat et de l'instantané qui obnubile notre époque, étaient absolument indispensables à replacer la saison en cours sous les meilleurs auspices alors que l'été, après la grande pousse de juillet, nous avait légué des sols beaucoup trop froids par excès de pluie et déficit d'ensoleillement record. Le risque était alors grand en effet, sans l'occurence d'un grand mois de septembre chaud et sec, que la grande pousse automnale, au sortir d'une saison prometteuse et enthousiasmante, s'en trouvât amoindrie.

Sans présumer de la suite des évènements, je ne puis donc que me féliciter en constatant que le climat a exaucé le voeu que j'avais formulé au soir du mois d'août. Désormais, à condition que le ciel rouvre ses vannes avant que tombe le couperet du froid, les conditions me semblent à nouveau réunies pour une pousse de cèpes finale de l'ampleur de novembre 2011. Sans oublier qu'edulis, qui est de loin le plus tardif de tous, semble particulièrement apprécier les débuts d'automne secs et chauds.

Adishatz !

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26 septembre 2014

Patz

Patz

Lhevatz-ve, tots aqueths de bona volontat,
Tots aqueths au gran còr, a l'amna tota inslada
De caritat, d'amor e de senta pietat.
Aperatz tots la patz, ô tu, patz tan aimada !

Vos, mairs au còr dolent, aus uelhs tots emplorits,
Qu'avetz deishat los hilhs hens aquèra priglada,
Carn de la vòsta carn, que's son, eths, adromits
Shens conéisher la vita, a vint ans acabada.

Hemblas, que'us avetz vists partir, paisans vaduts soldats !
Qu'avèn pasténc los buèus, garbura la canalha.
Ploratz-los, los praubòts ! Ne son pas mei tornats.
Que v'a calut sarrar lou trolh, gahar la dalha.

Mainadòts aus grans uelhs, n'avetz pas coneishut
Lo vòste pair cadut. Plen de vòsta pensada,
Que ví lo vòste arrís hens lo son cap henut,
Abans que de cluishar la perpèra entelada.

Non ! Ne cau pas enquèr deishar unhaute aram
De mort e de holia, rogejar tucs e planas.
Tèrra, qu'as pro bevut d'aquèra bèra sanc. Daisham
Au só madurar las vitas joenas e sanas.

Que sia-n de capvath, de capsús o d'acen,
De delà, de deçà, qu'arrossegan ua biaça
Carcada de misèri e de chepic mordent
Dab l'estrangle tostemps au còr com ua ligassa

Deisham lo malandrèr, lo mau e lo vielhèr
Plenhar los cemitèris. Joenessa sacrada,
Boja los camps grasits e shirga a l'atelhèr.
Aperam tots la patz, ô tu, patz tan aimada...

d'après Loïset de la Vinha Roja (Loïs Bordeta), félibre Salisien (1900 - 1962)

Pats

Lhebat-pé, touts aqueths dé boune boulentad,
Touts aquets aù gran co, a l'amne toute inslade
Dé caritad, d'amou é de sente piétad.
Apérats touts la pats, ô tu, pats tan aymade !

Bous, mays au co doulen, aus oeilhs touts emplourids,
Qu'abets déchat lous hilhs hens aquère priglade,
Carn dé la boste carn, que's soun, éths, adroumids
Chens counéche la bite, a bint ans acabade.

Hembles, qu'ous abets bis parti, paysâs baduds souldats !
Qu'abèn pastenc lous boeus, garbure la canailhe.
Plourat lous, lous praubots ! Ne soun pas mey tournats.
Que b'a calud sarra lou trouilh, gaha la dailhe.

Maynadyots aus grans oeilhs, n'abets pas couneshud
Lou boste pay cadud. Pley de la boste pensade,
Que bi lou boste arris hens lou soû cap henud,
Aban qué dé clusha la perpère entélade.

Nou ! Né cau pas encoué décha unhaute aram
Dé mourt é de houlie, rouyeya tucs e planes.
Terre, qu'as prou bébud d'aquère bère sang. Dacham
Au sou madura las bites yoenes é sanes.

Qué sién dé cap-bath dé cap sus o d'acen,
Dé déla, dé deça, qu'arroussegan ue biasse
Carcade dé misérye é de thépic mourdent
Dap l'estrangle toustem au co coum ue ligasse

Décham lou malandré, lou mau ou lou biélhé
Plénha lous cemitéryes. Yoenesse sacrade,
Bouye lous camps grasids é chirgue a l'atélié.
Apéram touts la pats, ô tu, pats tan aymade...

Paix

Levez-vous, tous ceux de bonne volonté !
Tous ceux au grand coeur et à l'âme toute gonflée
De charité, d'amour et de sainte piété.
Appelez tous la Paix, ô toi, Paix tant aimée.

Vous, mères au coeur triste, aux yeux tout en pleurs,
Vous avez laissé vos fils dans cette tempête.
Chair de votre chair, ils se sont endormis
Sans connaître la vie, à vingt ans achevée.

Femmes, vous les avez vus partir, paysans devenus soldats.
Les boeufs avaient du pâturage, les enfants la garbure.
Pleurez-les, les pauvres ! Ils ne sont plus revenus.
Il vous a fallu serrer le pressoir, prendre la faux.

Enfants aux grands yeux, vous n'avez pas connu
Votre père, tombé. Plein de votre pensée,
Il vit votre rire dans sa tête fendue
Avant de fermer sa paupière voilée.

Non ! Il ne faut pas encore laisser une autre épidémie
De mort et de folie rougir coteaux et plaines.
Terre, tu as assez bu de beau sang. Laissons
Au soleil mûrir les vies jeunes et saines.

Qu'ils soient du nord, du sud, d'ici,
De loin, de près, ils traînaient une besace
Chargée de misère et de soucis pesants,
Avec la peur toujours au coeur comme un serrement.

Laissons le malheur, le mal et la vieillesse
Remplir les cimetières. Jeunesse sacrée,
laboure les champs fertiles et travaille à l'atelier.
Appelons tous la Paix, ô toi, Paix tant aimée !

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15 septembre 2014

Abòr

Abòr

Velas blancas au cèu qu'esliçan com linçòus
Suu sorelh vergonhós qui hè aus estujòus
E lo brum candoliu, eisharpa sus l'arriu,
Que perleja au matin au caputh deu vaniu.

Esventrada la higa qu'apèra los ausèths
E deu bòsc miejancèr on s'auburan los cèths
Qu'entenen a cracar las castanhas de l'an
A l'arram darrigadas peu vent holejant.

L'arrasim estinglant que vòu estar podat,
E au darrèr deu pléish omprejat peus tauzins,
Lo cabelh saurejant qu'espèra escarbalhat.

Auringletas de mai, dauninas deu teulat,
Aplegant-vse suus hius, cridatz los vòstes chins !
Abòr lo hossatèr que horva peu vesiat.

Automne

Voiles blancs dans le ciel glissent comme linceuls
Sur le soleil penaud qui joue à cache-cache
Et la brume immaculée, écharpant le ruisseau,
Perloie au point du jour à la pointe du trèfle.

La figue éventrée appelle les oiseaux
Et du bois mitoyen où s'ébauchent les cèpes
On entend craquer les châtaignes nouvelles
Arrachées aux branches par le vent diablotin.

Le raisin étincelant attend d'être taillé,
Et derrière la haie à l'ombre des tauzins,
L'épi blondissant attend débraillé.

Hirondelles de mai, hôtes de notre toit,
Rassemblées sur les fils, appelez vos petits !
Automne le fossoyeur hurle dans le hameau.

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14 septembre 2014

L'esquirolet

 

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Lo ser qu'estirava las ompras per la montanhada. Que baishavi un camin au perhons d'Issauç, lo cap que se'm virava de tots los paisatges traucats, deus cants deus ausèths, deus èsters encontrats e de totas las aulors qui aví flairadas peus candaus.

Just quan n'anavi au long deus Arrigaus, un crit planhiu que'm tirè deu saunei.
- Que serà ua murgueta, ce'm pensèi, e déjà que passavi lo camin...

Mes lo crit que's hasó mei hòrt e aperaire. Que m'estèi e que'm hasoi a lutzerar lo cant deu sendèr. Au cap d'ua estona, qu'aubirèi un animalet qui's balanquejava. Un esquirolet qu'èra cadut deu hau en suspart, e, per auruga, que se i èra hèit a garrapar tau nid. Mes, per prèssa de's tirar deus predators, que s'èra gahat a ua tira de segas autan arrapaire com la cama d'un aligardon. E non sabè pas desgahì's.

A plasers, en me virant deus nhacs de la bestiòta espaurugada, que pausèi la sega a tèrra, e que'm caló mantuas ensajadas entà liberar, l'ua au darrèr de l'auta, las patetas brisadissas. Après que m'estèi un momenet, pensatiu, a espià'u, aborrugat dens l'èrba. Puis que tornèi partir.

Se viu enquèra, ne saberí pas díser, tà díser, que m'estonaré, mes, shens ajuda, segur que's demorère sec au caputh d'ua sega...

 

Bébé écureuil...

Le soir étirait ses ombres à travers la montagne. Je descendais un chemin dans l'antre d'Issaux, l'âme chavirée par tous les paysages traversés, les chants des oiseaux, les êtres rencontrés et toutes les senteurs que j'avais humées en altitude.

À peine avais-je commencé à cheminer le long des Arrigaus, un cri plaintif interrompit ma rêverie.
- Ce doit être quelque souri, pensai-je, et déjà je passais mon chemin...

Mais le cri se fit plus fort et insistant. Je m'arrêtai et me mis à sonder le bord du sentier. Quelques instants plus tard, je distinguai un petit animal qui se balançait. Un bébé écureuil était tombé du hêtre en surplomb, et, d'instinct, il avait essayé de regagner son nid. Mais, dans sa hâte d'échapper aux prédateurs, il s'était pris à une jeune pousse de ronce aussi velue qu'une tige de framboisier. Et il était incapable de s'en défaire.

Délicatement, en me protégeant des morsure du petit animal effrayé, je posai la ronce à terre, et je dus m'y reprendre à plusieurs fois pour libérer, une à une, ses minuscules pattes fragiles. Après je restai un petit moment, songeur, à la regarder, recroquevillé dans l'herbe. Puis je repris mon chemin...

Vit-il encore, je ne saurais dire, à la vérité, cela m'étonnerait, mais, sans mon aide, nul doute qu'il serait en train de sécher au bout d'une ronce...

Adishatz !

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28 août 2014

Cèpes 2014 : Les Pyrénées surfent sur le déraillement climatique...

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Adishatz,

Malgré l'apparition dès la mi-mai des premiers cèpes de sapins vers mille mètres, cèpe dont nous connaissons la robustesse et l'imperméabilité, pour ne pas dire l'insensibilité aux conditions climatiques et à leurs sautes d'humeur, l'allant de la saison printanière en plaine a longtemps légitimé les inquiétudes des adeptes des cueillettes en forêts de montagne. Nous savons que les bonnes années en plaine n'ont pas forcément leur pendant montagnard, loin de là. Et le contraire est aussi vrai...

Finalement, il aura fallu patienter jusqu'en dernière décade de juin pour que, timidement, on vît poindre les premiers aestivalis, seigneur des beaux jours, sous les hêtres. Mais au lieu de monter lentement en intensité, tout est allé beaucoup plus vite. À la faveur des orages, les cèpes d'été ont investi toutes les pentes de moyenne montagne, entre 700 et 1000 mètres, dès les premiers jours du mois de juillet, les pousses, parfois copieuses, s'enchâssant dans le courant du mois au rythme des arrosages. On notera toutefois que la faiblesse des températures n'a pas autorisé aestivalis à percer réellement le plafond des 1000 mètres au faîte de cet été. Certaines crêtes et lisières, habituellement très généreuses entre le 14 juillet et le 15 août, n'ont consenti que très peu de cèpes. Cette faiblesse des températures semble aussi avoir nuit in fine aux girolles, très en retard dans les pentes début juillet, avant un regain en première quinzaine d'août.

Avant le 15 août, à force de pluies trop froides, on a vu aestivalis se décourager dans les rampes. Depuis, les conditions climatiques fraîches qui prévalent en montagne n'ont pas permis le retour de cette espèce. Bien au contraire, dès le 14 août, je cueillais mes premiers cèpes de Bordeaux au dessus de 1200 mètres, les premières trouvailles du "roi" datant de fin juillet en haute vallée d'Ossau, plus tôt encore dans les Pyrénées centrales. Edulis était accompagné de son ami cèpe de sapin, particulièrement productif tout au long du mois d'août d'un été qu'il semble être le seul à avoir goûté... La taille et l'âge des spécimens m'inclinent à penser que ces cèpes étaient nés vers le 5 août, soit trois bonnes semaines d'avance sur la date de première apparition moyenne dans mes secteurs. À l'heure où j'écris, edulis et pinophilus continuent de prendre leur allant automnal dans les pentes humides en versant nord, leur installation étant un peu plus laborieuse sur les crêtes et lisières bien exposées où le soleil et les vents de sud assurent malgré tout encore un supplément de chaleur à des sols moins détrempés.

Dans le contexte de cet été particulièrement déjanté, mais qui n'en préside pas moins à l'apparition des espèces, nous ne pouvons que nous réjouir et soupirer d'aise en constatant que nos forêts de montagne ont su surfer sur ces désordres pour nous offrir une belle saison riche et haletante, récompensant les efforts de tous les courageux qui, se levant parfois très tôt, ne reculent devant aucune difficulté pour chercher leur fortune dans les pentes.

Au demeurant, ces bonnes dispositions invitent à l'optimisme alors que nous négocions le grand virage vers l'automne. Non seulement les prochaines semaines devraient voir l'intensification de la pousse d'edulis et pinophilus en altitude mais encore, avec quelques degrés de plus, le retour de jolis aestivalis un peu plus bas sous les hêtres...

Adishatz !

27 août 2014

Cèpes 2014 : Plus que jamais, le sort de la saison repose sur septembre...

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Adishatz,

Le mois d'août finissant a revêtu les cieux de ce grand bleu profond qui nous prévient que l'été est sur le départ et que nous sommes rendus aux portes de ce grand mois de septembre où tout s'embrase ou dépérit.

Contre toutes nos espérances folles, les semaines parcourues depuis la pousse appréciable de la première quinzaine de juillet n'ont opéré aucune modification, fût-ce à la marge, quant aux tendances isolées très tôt dans l'été. Après avoir déclenché la pousse en induisant un choc thermo-hydrique vigoureux sur un sol préchauffé par le printemps, notamment la première quinzaine de juin, bien chaude, deux épisodes de puissants orages, particulièrement le dernier, survenu le 5 juillet 2014, ont circonscrit cette même pousse aux seules lignes de crêtes et versants suffisamment élevés et bien exposés de nos coteaux, tout en avortant et décourageant l'activité mycélienne en versant nord et dans les fonds de coteaux, où les températures du sol étaient subitement devenues trop froides, ou par "noyade" dans les grandes étendues boisées planes où les sols peinent davantage à évacuer leurs surplus de pluviométrie. Il y a bien eu une très légère embellie sur ce point, entre le 14 juillet et la première décade d'août, où une infime hausse des températures a vu les cèpes poindre à l'unité dans ces secteurs délaissés, ainsi que de trop rares oronges. Mais, pour la première fois depuis des décennies, le mois d'août, sur lequel nous savons habituellement pouvoir compter pour compenser les déboires de juillet, a été très rapidement repris dans un flux zonal frais et dynamique et les trop rares journées sèches et éclaircies intercalées (je n'ose pas utiliser le vocable ensoleillées) furent bien impuissantes à compenser les effets castrateurs induits par des averses et des orages à répétition sur des sols déjà trop froids.

Il en résulte donc une configuration singulière s'agissant de l'activité du mycélium dans le courant de l'été. Sans atteindre le niveau de début juillet, toutes les semaines écoulées m'ont livré quelques cèpes noirs et cèpes d'été sur les mêmes places bien chauffées, presque quotidiennement. Toutefois, les trouvailles s'amenuisent depuis le 15 août parce que même là, à force d'abats d'eau froide, les sols commencent à accuser la baisse des températures.

Tournant le dos à ce mois d'août et à cet été qui ne fut jamais, il nous faut désormais reporter toutes nos espérances sur le mois de septembre. Et les vieux briscards qui me lisent savent combien il peut s'avérer un faiseur de roi, un bienfaiteur des causes désespérées, transformant les citrouilles en carrosse. L'histoire climatique récente est peuplée de grands mois de septembre ensoleillés et chauds, soit dans la continuité de l'été, soit en rupture avec celui-ci. 1985, 1987, 1990, 2005, pour n'en citer que quelques uns d'illustres. Seul un septembre de cet acabit me semble à même de réparer les méfaits de l'été en asséchant enfin nos sols et en redonnant suffisamment de hauteur à leurs températures, les prédisposant à ce fameux choc thermique et hydrique ultérieur, indispensable à lancer la saison chez certains de mes confrères qui languissent de trouver leur premier cèpe tout comme à relancer la mienne, privilégié que je reste... Sans cela, nous trouverons bien quelques cèpes à la fortune des averses de l'automne, notamment des edulis, qui semblent avoir goûté ces conditions humides, mais je crains que le résultat final soit alors bien en deçà des espérances que le printemps avait levé...

Adishatz !

25 août 2014

Serada poesia a la Muda / Soirée poésie à la Mude...

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Dijaus 28 d'aost a 8 òras e miejas deu ser a la Muda de Salias, ua serada poetica en biarnés que v'ei aparada. Que poderatz escotar uns deus mens sonets qui i seràn cantats o dits. Siatz tots los planvienuts e que serà un bèth parat de ns'encontrar. Entà'u plaser donc de vos véder...

Jeudi 28 août à 20h30, à la Mude de Salies de Béarn, une soirée poétique en béarnais vous est proposée. Vous pourrez y écouter quelques uns de mes sonnets qui seront chantés ou déclamés. Soyez tous les bienvenus et ce sera une bonne occasion de nous rencontrer. Au plaisir donc de vous voir...

20 août 2014

La periclada au Solanh - L'orage au Pic Soulaing...

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Diluns 18 d'aost. A punta d'auba qu'aví aviat ua randonejada capvath las hias aurèstas e reddas qui pujan tau Pic Solanh peu bòsc Soriguèras, deus gaves d'Issauç estant. A las onze deu matin, au darrèr d'aver butat un pausòt en un malh, que'm trobèi au pè deu bòsc dab lo linçòu de nublas candolivas aus mens pés. Tot que's virava de plan en aqueth dia d'exploracion peus candaus d'Areta. Peu torn de l'ua òra e mieja deu vrèspe, qu'avèvi copat la crosta au som deu Soriguèras dab tota la montanhada d'Aspa e de Varetons en vista. Au devath, familhòtas e tropets que cuelhèvan avajons per la lana deu Solanh en bèth devisant gaujosament. Que'm tornèi hicar lo camin de prospeccion devath los pès.
Sobtament, peu torn de las 6 deu vrèspe, com gessivi deus avedars entà ganhar lo som, un atucolat de ròcs au miei deu planèr, lo crum de pericle qui landerejava drin per Navarra que sautè lo tron de l'Ania e que's presentè de front, negre com la cauhapança, en suspart de las somatèras de Camplonc e de la Pèira Sent Martin. Au mei har que'm calèva trobar l'òsca qui endica la pista de la capana e deu cujalòt de Labais. Mes en paucas secondas, es.hlamas de nublas quilhadas peu vent que pujèn deus candaus d'Areta e que'm trobèi gahat en un brum tenebrós au bèth miei de l'eslanada, shens jamei poder arribà'i. En me hidant aus traç deu bestiar que'm digoi que podori totun arrecrubar la pista. Endostat devath un bòsc de haus e d'avets, de la fin qu'avisèi ua balisa jauna suu cant deu sendèr qui seguivi a tastas. Mes lo pericle b'èra aquiu, la nueit que s'espartiva las alas negras sus Labais, que m'apriguèi devath un bèth arròc, tà hens d'ua tuha d'avets. Lèu la brossida de l'aigat que s'audí a pujar capvath los penents. Mei de brut que de mau, mes dab lo vent, las gotas que'm traucavan de hred, entant qui lo pericle arraujós e cridava per tota la montanhada. Ad aqueth moment, ua cracada que m'arribè, e qu'estoi bèth drin esmudit de'm véder ua cabiròla a gessir deu peridèr entà viéner endostà's devath la tuha d'avets dab lo repopet. Atau, duas minutas de hiu, que ns'estèm cap e cap, a quate pams, shens mautar, la bèstia inquièta, que'm descarava capvath lo ridèu d'arrams.
Just quan los mens vesitors e s'èran esliupats, ua ludor que s'aubirè en suspart de la vath d'Aspa e de Camplonc. La periclada que halava de cap tà Auloron. Que podoi repréner la viada. Ailàs, lo sendèr qui aví seguit que baishava dinc a ua pista qui'm coneishí plan, e autanlèu qu'avisèi las estòrtas deu pòrt de la Pèira Sent Martin. Qu'avoi de pujar mei d'uns tres quilomètres entà gahar la baishada d'Issauç.
Tot que s'acaba plan, mes, b'ei excusèc e sauvatge lo temps aqueste estiu !

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Lundi 18 août. À l'aube j'avais initié une randonnée à travers les pentes sauvages et raides qui montent au Pic Soulaing par le bois Souriguères, en partant des torrents d'Issaux. À 11h, après avoir buté un instant sur une barre rocheuse, je me trouvai au pied du bois, avec un linceul de nuages immaculés sous mes pieds. Tout se déroulait pour le mieux en ce jour d'exploration des hauteurs d'Arette. Vers 13h30 j'avais cassé la croûte sur la crête du Souriguères avec toute la chaîne de montagne d'Aspe et de Barétous en point de vue. Plus bas, des familles et des petits groupes cueillaient des myrtilles à travers la lande du Soulaing tout en devisant joyeusement. Je repris mon chemin de prospection.
Subitement, vers 18h, comme j'émergeais des sapinières pour gagner le sommet, un conglomérat de rochers au milieu du plateau, la nuage d'orage, qui prenait ses aises au-dessus de la Navarre, enjamba le Pic d'Anie et se présenta frontalement, noir comme la plaque de la cheminée, au-dessus des Orgues de Camplong et de la Pierre Saint-Martin. il me fallait au plus vite trouver la borne qui indique la cabane et le chalet de Labays. Mais en quelques secondes, des flammes de nuages lancées par le vent montèrent des versants d'Arette et je me trouvai pris dans un brouillard ténébreux au beau milieu de la lande, dans l'impossibilité d'y parvenir. En me fiant aux sentes du bétail, je me dis que je pourrais malgré tout récupérer la piste. Abrité dans un bois de hêtres et de sapins, je finis par distinguer une balise jaune sur le bord du sentier que je suivais à l'aveugle. Mais l'orage était déjà là, sa nuit déployait ses ailes noires sur Labays, je m'abritais sous un gros rocher, à l'intérieur d'un bouquet de sapins. Bientôt le bruit de l'averse se fit entendre qui gravissait les pentes. Plus de bruit que de mal, mais avec le vent, les gouttes me transperçaient de froid, pendant que le tonnerre hors de lui vociférait dans toute la montagne.
C'est là qu'un bruit de craquement me parvint, et je restai bouche bée en voyant dame chevreuil sortir du précipice pour se mettre à couvert sous le bouquet de sapins avec son petit. Ainsi, deux bonnes minutes, nous restâmes en tête à tête, à quatre mètres, sans broncher, l'animal inquiet me dévisageait à travers le rideau de branches.
À peine mes visiteurs s'étaient-ils éclipsés, une lueur s'esquissa au-dessus de la vallée d'Aspe et de Camplong. L'orage faisait route vers Oloron. Je pus reprendre mon chemin. Hélas, le sentier que j'avais suivi descendait vers une piste que je connaissais fort bien, et d'emblée j'aperçus les lacets du col de la Pierre Saint Martin. J'en fus quitte de trois bons kilomètres d'ascension avant de dévaler Issaux.
Tout est bien qui finit bien, mais faut-il que le temps soit fourbe et imprévisible cet été !
Adishatz !

02 août 2014

Cèpes 2014 : Juillet prend de la hauteur...

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Bonjour à tous,

La fatigue liée à un mal coriace qui ne me laissait aucun répit depuis près de trois mois, la lassitude générée par les petites luttes intestines et autres crasses mesquines qui broient les hommes et ravinent notre institution, presque toujours à l'insu du public, que l'on abuse et berce de zuaves paroles... Et pour finir, cette invraisemblable pousse de cèpes qui a rempli mes trois premières semaines de vacances. Me voici de retour après plusieurs mois d'abstinence. Si ne sommes-nous que des hommes ?

Avant de m'attarder sur ce mois de juillet considérable, il est indispensable de glisser deux mots sur le printemps 2014. Lequel, dans la continuité de la découverte précoce des premiers cèpes, le 23 avril, s'est avéré particulièrement productif et prometteur, proposant aux amateurs de jolies trouvailles d'aestivalis souvent postés sur les bordures, c'est une particularité de cette saison... Pour les aereus, il aura fallu attendre début juin, avec l'orientation des températures à la hausse, mais les noirs sont restés bien discrets en juin. C'est à cette époque qu'on a aussi vu poindre les premières girolles, en troupes nombreuses à la faveur des orages. Ce dernier printemps souffre volontiers la comparaison avec son illustre devancier, 2011, l'apparition des premiers bouchons et les pousses plus significatives observées en mai coïncident.

Puis, alors que les cèpes continuaient à se montrer joliment, les météores se sont attachés à placer la saison 2014 en orbite. Des orages exceptionnels ont déversé des hectolitres d'eau sur mes coteaux les lundi 23 et mardi 24 juin. De nombreuses girolles en tête d'épingle se mirent alors à croître presqu'à vue d'oeil de sorte que sous deux jours le sol de nos bois en fut localement tapissé. Simultanément on vit éclore des bouchons de cèpes, dans une grande majorité des aestivalis, un peu partout, précurseurs d'une pousse de grande ampleur.

C'est dans ce contexte, alors que les jours qui suivirent furent relativement frais et assortis de nouveaux arrosages modiques, que survint, l'improbable, un deuxième orage exceptionnel, accompagné de pluies torrentielles et cette fois localement gréligène, le mardi 1er juillet 2014. Dans l'ambiance douce et humide de fin septembre ou d'octobre qui caractérisa la première quinzaine de juillet, il n'en fallait pas davantage pour que les cèpes, se croyant en automne comme en juillet 2011, se missent à lever en masse et très rapidement dans les bois, d'abord les aestivalis puis les aereus. Je fus en effet frappé par la célérité de croissance des spécimens, gagnant plusieurs centimètres par jour. Ces cèpes étaient de grande qualité, certains n'étant véreux que dans le pied et très souvent récupérables. Cette pousse occupa toute la première quinzaine de juillet et déborda amplement tout en s'étiolant jusqu'en fin de deuxième décade, avec une luxuriance de girolles comme l'Entre-deux-Gaves n'en avait pas connue depuis au moins 20 ans. Combien de fois me suis-je ému, émerveillé, devant ces parterres de girolles surgis sur des territoires qu'on leur croyait perdus, d'autres encore où on en avait jamais vues. Quoi qu'il advienne, 2014 restera un millésime exceptionnel pour la girolle et après des décennies d'insoutenable déclin, voici que lève enfin un formidable espoir pour cette espèce...

Il n'en va pas de même pour l'oronge, qui ne s'est guère montrée tout au long de ce mois de juillet, les principaux sujets étant découverts en dernière décade, coïncidant avec la remontée graduelle des températures. C'est à cette époque-là qu'on vit aussi les aereus descendre en petit nombre dans les bas-fonds humides et frais, jusque sur les berges des ruisseaux où seuls de rares aestivalis, espèce moins thermophile, avaient daigné venir au cours des trois premières semaines du mois. Ceci illustre en quoi juillet 2014 ne se peut raisonnablement comparer avec juillet 2011 (certes survenu en deuxième quinzaine). Le second orage torrentiel aura probablement éteint toute vélléité de grande pousse dans ces vastes étendues de bois fraîches et humides, en provoquant une chute des températures du sol en dessous du seuil d'activité, et que le trop faible ensoleillement des jours suivants, lui-même neutralisé par de nouvelles averses, n'a jamais pu compenser, déjà que le printemps 2014 n'a pas été aussi chaud que son concurrent, loin s'en faut.

Au final, il est important de noter que juillet 2014 a toutefois nettement devancé son homologue de 2011, ce qui n'est pas un mince exploit, sur les caps exposés, les bois perchés en haut des coteaux autour des lignes de crête, tous ceux qui ont pu bénéficier d'un ensoleillement suffisant en continu depuis le printemps, même si, là-aussi, on note qu'aereus est minoritaire, ce qui n'est pas anodin...

Ce soir, alors que la saison est loin d'être terminée, nous ne pouvons que nous réjouir en constatant que ce millésime 2014 sur la teneur duquel un hiver trop doux nous avait laissés dubitatifs, s'inscrit d'ores et déjà dans la lignée des bons crus précédents. Qui vient de s'octroyer la plus belle pousse depuis plus de trente ans en première quinzaine de juillet...

Adishatz !

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23 juillet 2014

Vacas sacradas e sacradas vacas/ Vaches sacrées et sacrées vaches

La nueit qu'espartiva las alas sus la seuva deus brums. Just s'avèvi tirat deu cròfe lo termòs de cafè entau camin, duas vacas que m'arribèn de cap sus la carriva...

- E voletz un caferòt, ce las digoi ?

- Dab gran plaser, ce responón... Si n'averés pas ua gota d'armanhac a barrejà-i ?

Que manquèi estranglà-m, que'm bevoi lo cafè en un pip-pap, que sautèi hens l'autò e que halèi...

...

La nuit déployait ses ailes sur la forêt des nues. À peine avais-je extrait du coffre le thermos de café pour la route, deux vaches vinrent à ma rencontre sur le chemin...

- Vouez-vous un petit café, leur dis-je ?

- Avec grand plaisir, répondirent-elles... Tu n'aurais pas une goutte d'armagnac à y verser ?

Je manquai m'étouffer, j'avalai mon café en un clin d'œil, je sautai dans la voiture et je filai...

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01 juin 2014

Plus de 100 000...

Longtemps j'ai pensé que ce serait vers la mi-juin, puis en première décade. Sous la pression de l'affluence constatée ces 15 derniers jours, j'ai encore revu mes prévisions à la hausse, en première semaine de juin, dans les tout premiers jours. Et finalement, votre ferveur a déjoué tous mes scénarios. Le 30 mai 2014 vers 19h, l'un ou l'une d'entre vous fut le 100 000ème visiteur de ce blog...

100 000, depuis le 15 septembre 2010, c'est un joli succès d'estime qui me conforte dans mon parti-pris, les mots, l'expression et les photos, au service de la passion de la nature, du respect du vivant et du partage des informations. Merci à vous tous qui êtes passés ou me suivez, votre trace sur le compteur m'encourage à poursuivre, bonifier l'oeuvre entreprise. Et sous peu je vous prépare une bonne surprise...

Adishatz !

24 avril 2014

Contre tous les pronostics les premiers cèpes 2014 s'invitent au banquet du mois d'avril...

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Bonsoir à tous,

Si la découverte du ou des premiers cèpes de l'année est toujours source d'émotion et de joie, ces sentiments ne peuvent qu'être exacerbés lorsque cet évènement procède de circonstances et de démarches où le hasard et la chance ont très peu à voir...

Pour un véritable mycophile la saison des champignons dure chaque jour, toute la vie et la passion jamais ne cesse ni ne s'émousse. Même lorsque rien ne pousse, il y a toujours de nouveaux territoires à explorer, de nouvelles infos à glaner dans les livres ou sur les forums. Et il ne faut pas chercher plus loin où nous nous distinguons du chercheur du dimanche...

En cette fin d'hiver 2014, je préparais au mieux ma future saison des morilles en cherchant à frayer un nouvel itinéraire plus bucolique qui me permettrait de boucler à travers bois la grande randonnée obséquieuse qui croise chaque année par ma petite morillère. À cet effet, un après-midi de février, j'étais parti en reconnaissance d'un chemin de servitude repéré sur les cartes ign. Après avoir franchi un ru, soudain je m'arrêtai, tout à la contemplation d'une splendide bordure de chênes, où la luminosité profuse le dispute à la sobriété du couvert végétal, tout en ajoncs d'Europe et mousses, un de ces endroits aguicheurs où tout bon chercheur de cèpes sait qu'il reviendra.

Cet après-midi, alors que la saison des morilles prend de la hauteur et que les mousserons en ont découragé plus d'un, un peu déphasé et rembruni par la brise entêtante, je me suis lancé à l'aveugle dans une quête de nouvelles prairies à orchidées à travers les petites routes qui desservent l'ouest de mon territoire. Puis je poussai jusqu'à certains bosquets de chênes et de châtaigniers dont j'ai éprouvé la précocité. C'est que depuis 10 jours les amanites se font insistantes...

Le retour au bercail s'effectuerait par le nouvel itinéraire champêtre tellement plus agréable et discret que les petites routes à rallonge. À peine m'étais-je engagé sur l'allée de chênes que mes sens de chercheur étaient mis en alerte. Partout autour de moi, des troupes de russules et amanites de toute sorte bombaient le torse sur les tertres tandis que de jeunes sujets sortaient plus timidement de la mousse. Je ne pus faire de moins que de farfouiller... La difficulté ne me rebutant pas je jetai d'emblée mon dévolu sur les massifs d'ajoncs et de jeunes pousses de chênes. finalement c'est en me retournant que j'avisai le premier, au propre sur le talus que je venais de dépasser, puis son petit frère qui sortait de terre...

Depuis les premiers instants où mon regard a balayé cette bordure je vivais avec la conviction d'en retirer quelque bénéfice, mais cette trouvaille précoce va bien au delà de toute espérance...

Adishatz !

23 avril 2014

2014 : un printemps des mousserons en sol mineur...

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Bonsoir à tous,

Alors que le mois d'avril sur le départ livre ses dernières morilles aux plus chanceux dans les ripisylves des vallées que l'ombre des frênes et la fraîcheur des ondes ont jusque là préservées des ardeurs du soleil, et que les premières amanites verruqueuses claironnent sur les orées l'arrivée prochaine des premiers cèpes de mai, nous avons de solides raisons de penser que Saint George 2014 n'égaiera pas nos tables de ces exquises omelettes aux mousserons qui faisaient jadis le lustre du 23 avril.

De fait, la saison du divin bossu s'identifie à celle des morilles jusque dans l'improbable coup d'éclat du dimanche 13 avril où, parti photographier des orchidées, j'en trouvai un bon kilogramme de fort belle facture près d'une route de coteau de l'Entre-deux-Gaves. Quelques instants d'émotion et d'extase goûtés comme il se doit mais qui ne font pas oublier l'extrême indigence d'un printemps où mes meilleures mousseronnières ne totalisent pas plus de cinq mousserons à cette date quand la plupart n'ont pas encore ouvert leur compteur.

Sur les causes de cette piètre saison, je me bornerai à pointer ce satané hiver trop doux qui, c'est à craindre, ne sert les intérêts d'aucun chercheur de champignons, qu'il s'agisse de morilles, de mousserons ou de cèpes... Depuis le mois de mars les conditions météorologiques n'ont eu de cesse d'être favorables à la venue de toutes ces espèces que nous guettons avec impatience chaque année. Et c'est peu de dire que cette attente a été déçue...

Reste que le mois de mai, s'il est assorti d'orages, de bonnes averses et de températures idoines, pourrait encore apporter une correction appréciable à ce sinistre état des lieux, comme ce fut le cas en 2013...

Adishatz !

11 avril 2014

Morilles 2014 : Après la morte plaine les montagnes sèment des miettes de bonheur...

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Bonjour à tous,

Hormis quelques trouvailles isolées, souvent le fait de morilleurs assidus et expérimentés ou simplement heureux, la saison des morilles 2014, crucifiée par le pic de chaleur de lundi, semble d'ores et déjà vouée au rayon des annus horribilis, pour ce qui est des ripisylves de très basse altitude, tant la réalité se conforme aux scénarios les plus pessimistes que j'avais exposés ici-même. Beaucoup d'entre nous n'auront pas vu la moindre mitre en plaine cette année...

Dans la sinistrose ambiante et entêtante, la semaine qui s'achève marque un tournant appréciable. Finalement, fuyant cet hiver trop doux, les ripisylves gorgées d'eau et un mois de mars décidément trop chaud, les morilles ont trouvé refuge dans les vallées fraîches des torrents de montagne où des écosystèmes thermorégulés offrent encore un semblant de normalité climatique en versant nord, notamment...

Autant le dire d'emblée, ceux qui se rêvent déjà moissonnant les mitres comme des pointes d'asperges dans le sable des Landes risquent fortement de regretter les kilomètres parcourus et le carburant aquitté. Pour l'heure, les morilles pointent de façon très localisée et en troupes moins denses qu'à l'accoutumée. Mais pour tous les autres, dont je suis, les semaines qui viennent délivreront à n'en pas douter leur pesant de bonnes surprises et de menus bonheurs, toutes ces joies et émotions propres au printemps des morilles et que jusqu'à présent, tout semblait concourir à nous dénier cette année...

Adishatz !

03 avril 2014

La magie de Noël...

C'était au temps où Noël illuminait encore l'horizon des simples mortels de toute sa portée symbolique. Où l'élection du frêle conifère qui égaierait de ses parures la douce parenthèse des fêtes motivait un transport familial parmi les bois environnants. Au temps où le nombre de Noëls des enfants envolés se comptait en autant de sapins grandissant dans le parc attenant.

Un jour de décembre, un père de famille du piémont oloronnais entraina toute sa tribu à travers les sylves qui coiffent les Pyrénées voisines afin d'y prélever le héros des festivités.

Début janvier, l'arbre fut obséquieusement replanté dans la pelouse, chaussé de cette bonne terre noire des montagnes que l'on avait eue la sagesse d'emporter avec ses jeunes racines...

Le temps s'écoula, emportant avec lui les Noëls des enfants envolés vers la vie. En héritage, un beau sapin blanc prenait ses aises dans l'azur du piémont, que l'on voyait se balancer au gré des brises et des bourrasques.

Un jour d'automne, c'était au milieu des années 1990, la femme fit part à l'homme d'une découverte ravissante, une colonie de jolis champignons rouges à points blancs, portant collerette gracile sur le haut du pied, venait d'établir ses quartiers auprès de l'arbre. Longtemps, aux rivages de la Toussaint, chaque année on put y contempler un merveilleux ballet d'amanites tue-mouches.

Si bien qu'à l'automne 2002 chacun de s'interroger : pour la première fois depuis longtemps, les demoiselles n'étaient pas au rendez-vous des défunts... De fait, il fallut attendre la fin du mois de novembre... Et un matin, pour le plus grand émerveillement de l'homme et de la femme, vieillissants, un magnifique cèpe de Bordeaux luisait au soleil contre les racines de l'arbre. Un seul cèpe, mais dès lors, chaque année il en reparut, toujours plus nombreux et gaillards...

Au petit matin du 24 janvier 2009, le beau sapin blanc gisait au sol, terrassé par la tempête Klaös, mettant fin à la plus délectable des magies de Noël...

30 mars 2014

Morilles 2014, Ô désespoir dans les ripisylves...

Bonjour à tous,

Les obligations, les tracas du quotidien, l'énergie et la flamme qui parfois en patissent, si je m'exprime peu depuis quelques semaines, c'est aussi et surtout que décidément, ce printemps n'offre rien à nous mettre sous les dents. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, alors que le mois de mars s'achève, je n'ai pas l'embryon d'une morille à publier dans mes albums. Et il n'est plus question de dénier la réalité en lui opposant des arguments infondés : comment les sols de nos ripisylves pourraient-ils être encore "trop froids" au sortir d'un hiver aussi exceptionnellement doux et au soir d'un mois de mars particulièrement ensoleillé ? Comment l'eau pourrait-elle manquer aux morilles dans nos forêts de berge après trois mois de déluge incessant en Aquitaine et plus de 50 mm de pluie sous forme de giboulées entre le weekend dernier et ce début de semaine ? On a vu sortir les morilles en première quinzaine de mars à l'expiration d'hivers autrement plus rigoureux et secs (2001-2002 entre autres).

Il convient donc d'affronter la réalité pour ce qu'elle est, quitte à ménager une fenêtre sur l'espoir en un moins d'avril meilleur, dans la morosité ambiante tétue mais légitime. Les morilles ne sont pas au rendez-vous du printemps 2014, ou quand elles daignent se montrer comme à certains confrères méritants et passionnés, Laurent, Fabrice, si vous me lisez, c'est souvent en comité plus restreint qu'à l'accoutumée. Sauf que ce "comité plus restreint" ravirait la plupart d'entre nous eu égard au no morel's land actuel.

Nous voici donc sur le seuil du grand mois d'avril, habituellement le meilleur en basse altitude puis dans les vallées des torrents et gaves de montagne, et je me dois de dire, devant l'indigence présente, que je suis bien à la peine lorsqu'il s'agit de vous exposer quelque scénario plus optimiste, au risque de vous fourvoyer. La seule donnée que je tiens pour irréfragable est que pour beaucoup d'entre nous, la semaine qui se dessine et le prochain weekend accoucheront d'un verdict implacable. Si nous ne voyons pas poindre de jolies mitres dans les ripisylves où nous avons nos habitudes à l'horizon de dimanche prochain, la probabilité deviendra très forte que nos espoirs soient anéantis pour le restant de la saison... Heureux ceux qui comme moi, disposent de solutions alternatives, notamment en altitude...

Reste que l'occurence d'un printemps entièrement avorté des morilles, pour la première fois depuis des temps immémoriaux, me laisse bien perplexe quant à la grande saison des cèpes qui approche désormais à grands pas. Fort heureusement, nous savons que cèpes et morilles ne sont pas sujets aux même lois de nature...

Adishatz !

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16 mars 2014

Morilles 2014, au sud-ouest rien de nouveau...

Bonjour à tous,

Ceux qui me lisent me sauront gré de les avoir vaccinés préventivement, la saison des morilles 2014 risque fort de s'avérer une intenable affaire de patience et d'indolence, du moins dans les régions qui ont pati d'un non-hiver absolu comme il s'en produit un tous les 25 ans environ. Même la première quinzaine de mars, que de longue date, les climatologues nous prévoyaient un peu plus froide, se sera employée à nous refuser ces quelques gelées blanches si indispensables aux équilibres naturels. Foutu hiver décidément !

Il en résulte deux effets contraires mais qui s'entendent comme larrons en foire pour contrarier nos rêves de Morchella : d'une part, avec le retour de belles journées ensoleillées qui ne sont pas pour nous déplaire, la végétation des berges qui rongeait son frein depuis le mois de janvier, a donné libre cours à sa créativité dès les premiers jours du mois, ce qui constitue avec un bon mois d'avance, une concurrence redoutable sur le sol de nos morillères. Et d'autres part, la joyeuse compagnie des morchellacées, amadouée par la zuavité de la saison morte, s'est abandonnée à une indolence dont il pourrait lui en cuire, tandis que la concurrence s'active.

Mes premières sorties en forêts de berge depuis le début du mois, ont validé les inquiétudes du dernier post. Le foisonnement des pézizes écarlates (inhérent aux hivers de coton) constatée fin février, espèce sur la productivité de laquelle je n'ai jamais pu déduire de signaux quant à celle des morilles, contraste avec un avènement des pézizes veinées en troupes localisées, quantitativement médiocre et en retard de 2 à 3 semaines sur la foi de mes observations décennales. Or la pézize veinée est un indicateur plus fiable de sa grande soeur Morchella. Et que dire des morillons, que l'on a déjà vus poindre en première décade en Béarn certaines années, et qui en dépit du beau temps retrouvé, restent invisibles à cette date...

Ces constatations de terrain n'excluent aucunement une bonne surprise, nous savons que les morilles sont capricieuses et ne se conforment pas exactement aux cycles de leurs proches cousins, elles ont davantage de retenue, sont plus à même de changer leur plan en cas d'urgence. Sauf que l'extrême faiblesse du début de saison des mousserons, calocybe gambosa, qui lui ressemble finalement beaucoup de par les moeurs, n'invitent guère à l'optimisme...

Adishatz !

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