Le Blog de Cristau de Hauguernes

11 avril 2014

Morilles 2014 : Après la morte plaine les montagnes sèment des miettes de bonheur...

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Bonjour à tous,

Hormis quelques trouvailles isolées, souvent le fait de morilleurs assidus et expérimentés ou simplement heureux, la saison des morilles 2014, crucifiée par le pic de chaleur de lundi, semble d'ores et déjà vouée au rayon des annus horribilis, pour ce qui est des ripisylves de très basse altitude, tant la réalité se conforme aux scénarios les plus pessimistes que j'avais exposés ici-même. Beaucoup d'entre nous n'auront pas vu la moindre mitre en plaine cette année...

Dans la sinistrose ambiante et entêtante, la semaine qui s'achève marque un tournant appréciable. Finalement, fuyant cet hiver trop doux, les ripisylves gorgées d'eau et un mois de mars décidément trop chaud, les morilles ont trouvé refuge dans les vallées fraîches des torrents de montagne où des écosystèmes thermorégulés offre encore un semblant de normalité climatique en versant nord, notamment...

Autant le dire d'emblée, ceux qui se rêvent déjà moissonnant les mitres comme des pointes d'asperges dans le sable des Landes risquent fortement de regretter les kilomètres parcourus et le carburant aquitté. Pour l'heure, les morilles pointent de façon très localisée et en troupes moins denses qu'à l'accoutumée. Mais pour tous les autres, dont je suis, les semaines qui viennent délivreront à n'en pas douter leur pesant de bonnes surprises et de menus bonheurs, toutes ces joies et émotions propres au printemps des morilles et que jusqu'à présent, tout semblait concourir à nous dénier cette année...

Adishatz !


03 avril 2014

La magie de Noël...

C'était au temps où Noël illuminait encore l'horizon des simples mortels de toute sa portée symbolique. Où l'élection du frêle conifère qui égaierait de ses parures la douce parenthèse des fêtes motivait un transport familial parmi les bois environnants. Au temps où le nombre de Noëls des enfants envolés se comptait en autant de sapins grandissant dans le parc attenant.

Un jour de décembre, un père de famille du piémont oloronnais entraina toute sa tribu à travers les sylves qui coiffent les Pyrénées voisines afin d'y prélever le héros des festivités.

Début janvier, l'arbre fut obséquieusement replanté dans la pelouse, chaussé de cette bonne terre noire des montagnes que l'on avait eue la sagesse d'emporter avec ses jeunes racines...

Le temps s'écoula, emportant avec lui les Noëls des enfants envolés vers la vie. En héritage, un beau sapin blanc prenait ses aises dans l'azur du piémont, que l'on voyait se balancer au gré des brises et des bourrasques.

Un jour d'automne, c'était au milieu des années 1990, la femme fit part à l'homme d'une découverte ravissante, une colonie de jolis champignons rouges à points blancs, portant collerette gracile sur le haut du pied, venait d'établir ses quartiers auprès de l'arbre. Longtemps, aux rivages de la Toussaint, chaque année on put y contempler un merveilleux ballet d'amanites tue-mouches.

Si bien qu'à l'automne 2002 chacun de s'interroger : pour la première fois depuis longtemps, les demoiselles n'étaient pas au rendez-vous des défunts... De fait, il fallut attendre la fin du mois de novembre... Et un matin, pour le plus grand émerveillement de l'homme et de la femme, vieillissants, un magnifique cèpe de Bordeaux luisait au soleil contre les racines de l'arbre. Un seul cèpe, mais dès lors, chaque année il en reparut, toujours plus nombreux et gaillards...

Au petit matin du 24 janvier 2009, le beau sapin blanc gisait au sol, terrassé par la tempête Klaös, mettant fin à la plus délectable des magies de Noël...

30 mars 2014

Morilles 2014, Ô désespoir dans les ripisylves...

Bonjour à tous,

Les obligations, les tracas du quotidien, l'énergie et la flamme qui parfois en patissent, si je m'exprime peu depuis quelques semaines, c'est aussi et surtout que décidément, ce printemps n'offre rien à nous mettre sous les dents. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, alors que le mois de mars s'achève, je n'ai pas l'embryon d'une morille à publier dans mes albums. Et il n'est plus question de dénier la réalité en lui opposant des arguments infondés : comment les sols de nos ripisylves pourraient-ils être encore "trop froids" au sortir d'un hiver aussi exceptionnellement doux et au soir d'un mois de mars particulièrement ensoleillé ? Comment l'eau pourrait-elle manquer aux morilles dans nos forêts de berge après trois mois de déluge incessant en Aquitaine et plus de 50 mm de pluie sous forme de giboulées entre le weekend dernier et ce début de semaine ? On a vu sortir les morilles en première quinzaine de mars à l'expiration d'hivers autrement plus rigoureux et secs (2001-2002 entre autres).

Il convient donc d'affronter la réalité pour ce qu'elle est, quitte à ménager une fenêtre sur l'espoir en un moins d'avril meilleur, dans la morosité ambiante tétue mais légitime. Les morilles ne sont pas au rendez-vous du printemps 2014, ou quand elles daignent se montrer comme à certains confrères méritants et passionnés, Laurent, Fabrice, si vous me lisez, c'est souvent en comité plus restreint qu'à l'accoutumée. Sauf que ce "comité plus restreint" ravirait la plupart d'entre nous eu égard au no morel's land actuel.

Nous voici donc sur le seuil du grand mois d'avril, habituellement le meilleur en basse altitude puis dans les vallées des torrents et gaves de montagne, et je me dois de dire, devant l'indigence présente, que je suis bien à la peine lorsqu'il s'agit de vous exposer quelque scénario plus optimiste, au risque de vous fourvoyer. La seule donnée que je tiens pour irréfragable est que pour beaucoup d'entre nous, la semaine qui se dessine et le prochain weekend accoucheront d'un verdict implacable. Si nous ne voyons pas poindre de jolies mitres dans les ripisylves où nous avons nos habitudes à l'horizon de dimanche prochain, la probabilité deviendra très forte que nos espoirs soient anéantis pour le restant de la saison... Heureux ceux qui comme moi, disposent de solutions alternatives, notamment en altitude...

Reste que l'occurence d'un printemps entièrement avorté des morilles, pour la première fois depuis des temps immémoriaux, me laisse bien perplexe quant à la grande saison des cèpes qui approche désormais à grands pas. Fort heureusement, nous savons que cèpes et morilles ne sont pas sujets aux même lois de nature...

Adishatz !

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16 mars 2014

Morilles 2014, au sud-ouest rien de nouveau...

Bonjour à tous,

Ceux qui me lisent me sauront gré de les avoir vaccinés préventivement, la saison des morilles 2014 risque fort de s'avérer une intenable affaire de patience et d'indolence, du moins dans les régions qui ont pati d'un non-hiver absolu comme il s'en produit un tous les 25 ans environ. Même la première quinzaine de mars, que de longue date, les climatologues nous prévoyaient un peu plus froide, se sera employée à nous refuser ces quelques gelées blanches si indispensables aux équilibres naturels. Foutu hiver décidément !

Il en résulte deux effets contraires mais qui s'entendent comme larrons en foire pour contrarier nos rêves de Morchella : d'une part, avec le retour de belles journées ensoleillées qui ne sont pas pour nous déplaire, la végétation des berges qui rongeait son frein depuis le mois de janvier, a donné libre cours à sa créativité dès les premiers jours du mois, ce qui constitue avec un bon mois d'avance, une concurrence redoutable sur le sol de nos morillères. Et d'autres part, la joyeuse compagnie des morchellacées, amadouée par la zuavité de la saison morte, s'est abandonnée à une indolence dont il pourrait lui en cuire, tandis que la concurrence s'active.

Mes premières sorties en forêts de berge depuis le début du mois, ont validé les inquiétudes du dernier post. Le foisonnement des pézizes écarlates (inhérent aux hivers de coton) constatée fin février, espèce sur la productivité de laquelle je n'ai jamais pu déduire de signaux quant à celle des morilles, contraste avec un avènement des pézizes veinées en troupes localisées, quantitativement médiocre et en retard de 2 à 3 semaines sur la foi de mes observations décennales. Or la pézize veinée est un indicateur plus fiable de sa grande soeur Morchella. Et que dire des morillons, que l'on a déjà vus poindre en première décade en Béarn certaines années, et qui en dépit du beau temps retrouvé, restent invisibles à cette date...

Ces constatations de terrain n'excluent aucunement une bonne surprise, nous savons que les morilles sont capricieuses et ne se conforment pas exactement aux cycles de leurs proches cousins, elles ont davantage de retenue, sont plus à même de changer leur plan en cas d'urgence. Sauf que l'extrême faiblesse du début de saison des mousserons, calocybe gambosa, qui lui ressemble finalement beaucoup de par les moeurs, n'invitent guère à l'optimisme...

Adishatz !

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19 février 2014

À quelle sauce les morilles 2014 nous accommoderont-elles ?

Adishatz a tots ! Bonjour à tous !

Cet hiver nous pilotant sans jamais décliner son identité, nous abandonnera sous peu, songeurs, à l'aube d'une nouvelle saison des morilles. Et si pour la grande majorité d'entre nous cette projection vers l'inconnu avec sa part d'espérance, d'attente fébrile, de magie, de rendez-vous manqués, de bonnes surprises, de "succès d'étape", qui motivent notre quête et les efforts que nous renouvelons chaque année sans compter, perdrait énormément de son intérêt en étant dévoilée par avance et dans les moindres détails, il ne fait aucun doute que nous soyons très nombreux, parfois dès l'extinction de la saison des cèpes, à aiguiser notre réflexion ou à débattre entre confrères sur les forums, de la teneur générale du futur printemps des morilles.

D'emblée je m'empresse de préciser que mon expérience en ce domaine est trop récente (début des années 2000) pour autoriser un avis tranché sur le sujet. En outre, il convient aussi de faire toute leur part aux groupes de morilles, entre celui des communes et des blondes dont je suis relativement coutumier et qui colonise les frênaies alluviales et les peupleraies depuis nos grands cours d'eau de plaine jusqu'aux moyennes vallées des gaves et autres torrents de l'étage montagnard, et celui des morilles dites "noires", les coniques, les élevées, les costées, nettement plus septentrionales en plaine et presqu'exclusivement montagnardes dans le Sud, sur lequel je n'ai qu'une culture personnelle très lacunaire, constituée de ouï-dire, de rares conversations avec des initiés et de lectures. Tout ce qui me semble évident est que ce groupe ne se comporte pas comme le premier, un peu comme les cèpes de Bordeaux et les cèpes de sapins en montagne produisent rarement la même saison que les cèpes noirs et cèpes d'été en desssous de 1300 mètres et en plaine.

En l'occurrence, la saison 2014 des morilles sourdra des décombres d'un hiver particulièrement doux sur l'ensemble du territoire, mais présentant d'énormes disparités régionales s'agissant des précipitations. En cette fin février plusieurs grands ensembles se dégagent : d'une part, ceux qui ont traversé une mauvaise saison particulièrement sèche : Le Roussillon et le Bas Languedoc, autour de Perpignan, Narbonne, Béziers, Montpellier, jusque dans les contreforts des Cévennes et des Corbières, ont établi un déficit record, parfois de l'ordre de 80 à 90% de leur pluviométrie "normale". La sécheresse fut aussi le lot du grand quart Nord-Est, autour de Strasbourg, Metz, Nancy, avec un déficit pluviométrique atteignant parfois 50 à 60%, et dans une moindre mesure, du Centre de la France, Auvergne, Bourgogne, Alliers, ..., où le déficit a pu atteindre localement 30 à 40% de la normale. En contrepartie trois grands groupes de régions ressortent d'un hiver exceptionnellement arrosé : la vallée du Rhône, la région PACA jusque dans les Alpes du Sud, ont connu des abats d'eau considérables et répétitifs, culminant parfois à 300 ou 400% d'excédent par rapport à la moyenne de référence 1981-2010. La Bretagne, ainsi que la Vendée et la Charente-Maritîme, ont affronté un hiver particulièrement agité, assorti de plusieurs tempêtes et inondations abondamment traitées dans les médias. Il en résulte un excédent atteignant localement 180% de cette même pluviométrie moyenne hivernale. Enfin, le Bassin Aquitain présente aussi un excédent de l'ordre de 120 à 140%, dû surtout aux blocages orographiques en flux de nord-ouest intervenus depuis la mi janvier. C'est dire si nous ne serons pas logés à la même enseigne en ce début de saison, et si dégager une tendance globale fiable, de nature à répondre aux interrogations de chacun, en s'appuyant sur de telles différences de traitement, relève de l'impossible, voire de l'imposture.

La configuration générale étant posée, par delà les précautions de langage, l'honnêteté commande de préciser qu'elle n'invite guère à l'optimisme. En effet, si aucune corrélation ne peut être établie entre un hiver pluvieux et une piètre saison des morilles (qui n'a jamais ouï dire des anciens qu'une pousse mirifique avait été observée dans tel ou tel secteur inondé ?), le sentiment des connaisseurs et les quelques statistiques dont nous disposons nous préviennent qu'en l'absence totale de froids significatifs, un hiver accouche presqu'immanquablement de faibles cueillettes. Nos craintes s'apprécient de ce qu'à ce jour 2014 surpasse nettement en douceur tous les hivers précédents. Notez toutefois qu'à l'instar de 2004 où la neige s'était invitée fin février, puis le froid piquant début mars, après un hiver inexistant, favorisant une levée différée mais honorable, la nature peut encore recouvrer ses esprits et placer la future saison sous de meilleurs auspices... Ceci vaut particulièrement pour le groupe des vulgaris et des rotunda.

En outre, après avoir fait toute sa part à la prééminence de l'hiver dans le cycle des morilles, juste avant leur développement, notre démarche de passionnés se heurte à la limite des facteurs que nous pouvons effectivement appréhender et intégrer dans nos "prévisions". Si l'on admet que la morille que nous cueillons en avril est le point d'orgue d'une épopée initiée au plus tôt à l'émission d'une spore au cours du printemps précédent, on peine à s'expliquer pour quelle(s) raison(s) le cours des autres saisons traversées n'impacterait pas, fût-ce à la marge, la productivité du mycélium le moment venu. C'est là où réside, ce me semble, la fameuse marge d'incertitude, notre réservoir d'espérance d'où pourrait sourdre la "bonne surprise". Même si, pour tempérer ces propos, je m'empresse d'ajouter que la saison des morilles 2004, la première faisant suite à la canicule historique de 2003, ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable.

Cet hiver à l'inexpugnable douceur ne manque pas de nourrir bien des conjectures quant à la possible arrivée anticipée de Morchella. Sur ce point je me bornerai à exposer quelques cas d'espèces. Mes cueillettes les plus précoces de morilles au pied des Pyrénées et dans les vallées de leurs gaves, correspondent à la saison 2003 et surtout 2002 où les premières paradaient sous les frênes à la mi mars. Trois séquences climatiques en tout point différentes ont caractérisé l'hiver 2001-2002. Le mois de décembre fut glacial et sec, le plus froid en Béarn de ces dernières décennies, avec de nombreuses gelées inférieures ou égales à -10 degrés et une dizaine de journées sans dégel. Le mois de janvier, après un intermède pluvieux au moment des fêtes, s'était avéré remarquablement ensoleillé et sec, avec une hausse graduelle des températures, surtout en deuxième quinzaine, débouchant sur un mois de février radieux, aux accents printaniers. L'hiver 2002-2003 pour sa part, fut nettement plus pluvieux, assorti d'une vague de froid neigeuse significative en janvier et d'autres périodes froides dans le courant d'un mois de février globalement plus ensoleillé et sec. Les morilles pointaient vers le 20 mars près des gaves et la pousse fut exceptionnelle. Avant d'ébaucher quelques hypothèses je clôturerai ces "tronches d'hivers" par l'évocation du millésime 2012-2013, le dernier en date et qui partage avec l'actuel une forte propension à pluviométrie extravagante. Bien que sans froid significatif hormis une période de froid faible à modéré de fin novembre à mi décembre, puis fin février, l'hiver 2012-2013 fut nettement moins doux que son successeur car caractérisé par une récurrence de blocages orographiques en flux de nord-ouest frais, générateurs de précipitations impressionnantes et intarissables depuis le Bassin Aquitain et se propageant ensuite le long des Pyrénées. Cette pluviométrie exceptionnelle traverse indistinctement l'ensemble de l'hiver et se double, d'un déficit d'ensoleillement abyssal, plongeant itérativement nos régions dans une sorte de pénombre éprouvante depuis la Toussaint 2012 jusqu'au mois de juin 2013. Faut-il y voir un lien, une relative embellie survint tout de même dans le courant du mois de mars et les premières morilles pointaient dans les tout derniers jours du mois en plaine (rapidement terrassées par un improbable pic de chaleur en première quinzaine d'avril), seules les montagnardes, qui avaient eu la sagesse de différer encore un peu leur sortie (mi avril), y survécurent, et leur saison nous combla jusqu'à la mi mai. Il n'y aurait donc aucune espèce d'automaticité à ce qu'un hiver très doux ou sans froid accouche d'une pousse de morilles précoce. Nous avons même là deux exemples d'hivers froids, certes excentrés ou excentriques, qui inclinent à penser que le froid n'exclut en rien un démarrage anticipé de la saison. C'est que, bien plus que le niveau médian des températures et l'intensité des éventuelles vagues de froid, le nombre d'heures d'ensoleillement gagnerait à être étudié comme un facteur d'importance dans la chronologie de l'apparition des morilles. Ceci expliquerait peut-être pourquoi un hiver inoffensif mais très peu ensoleillé comme 2013 (ce qui est aussi le lot de l'actuel) a débouché sur une pousse retardée. Faute de moyens techniques, beaucoup d'entre nous passent outre cet élément dans leurs tentatives de projection, or le rayonnement solaire impacte directement ce sol où intriguent nos morilles...

Adishatz !

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13 février 2014

Un aulhèr au Garatge

Dens la dusau tirada de las annadas 90, Pau que s'avivava enquèra d'auburis plasents e pintorescs. Atau, l'arribada de l'ivèrn que's sagerava peu torn d'un aulhèr apitranglat sus un petahum, dab los sons cans e las soas paucas aulhas. Barbalonga, pèu anerat, maishèra escarbalhada, los qui l'avèn parlat que disèn que devarava de la vath d'Aussau. Uns sers qu'apariva que's juntèsse a la hora deus estudiants qui virava e arrevirava peus estanquets deu quartièr Maiòlis...

Qu'eram en 1996 o 1997, un divés ser, lo noste òmi qu'estremè la soa cavala davant la cerveseria qui s'aperava lavetz Le Drakar. Quan entrè au pub Le Garage, que's vedè qu'èra briac. Aquiu, vestit de perissas, esclòps de punta aus pès e bonet pihat suu cap, que's gahè a tornejar suu son baston d'averanhèr devath los uelhs de las practicas enlobatadas. En tocant drin las aucas, que hasó mantuns "branlos", shens dar-se'n deu díser deu monde ni deus espataquets d'arríder qui los sons gestos desestrucs e las soas cadudas e desclaveravan.

Quan avó hèit, lo pastor que virè lo telon tot com èra entrat dab aqueth espiar maliciós qui avè tostemps. Au dehòra que començava de nevar a bèths plumalhs. Contra l'avis deu desforalhaire, qui l'estat de briaguèra e herucava, que desmarrè la petroleta e que s'aviè. Totun, just s'avè hèit cinc mètres que s'espataquè au bèth miei deus cabeders e deus sacs de lordèras. Aquò rai, que s'arrequilhè e lèu la crabotejada de la soa atruna que s'ataisè hens lo brum de la nèu qui cadè mei anar mei espés. Ne'u tornèn pas jamei véder, ni per Pau, ni per las estivas d'Aussau...

12 février 2014

Un berger au Garage

À la fin des années 90, Pau était encore animé de personnages pittoresques et attachants. Ainsi, l'entrée de l'hiver voyait dévaler de la vallée d'Ossau un étrange berger sur sa mobylette, avec ses chiens et quelques brebis. Et certains soirs il advenait qu'il se mélât aux foules étudiantes qui avaient leurs habitudes dans le Triangle du quartier Mayolis...

Un vendredi soir de décembre, c'était en 1996 ou 1997, notre homme immobilisa sa monture devant le bar qui s'appelait alors le Drakar, puis entra au Garage, manifestement aviné. Et là, vêtu de peaux de bêtes, chaussé de sabots de pointe et béret vissé sur le chef, il se mit à tournoyer autour de son bâton, sous les yeux de l'assistance médusée, enchaînant plusieurs "branlos" titubant assortis de quelques chutes, sans se soucier du qu'en dira-t-on ni de l'hilarité générale que sa gestuelle déchainait.

Quand il eut fini, le pâtre évacua le bar comme il était entré. Dehors il avait commencé à neiger à gros flocons. Malgré l'intervention du portier, inquiet de son état d'alcoolémie, il démarra son engin et s'élança. Mais à peine avait-il fait cinq mètres qu'il se vautra dans les containers et les sacs poubelle. Qu'à cela ne tienne, il se releva et bientôt le bruit chevrotant de sa mobylette se perdit dans la neige qui tombait de plus en plus dru. On ne le revit jamais, ni au Garage, ni dans les estives...

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09 février 2014

Hiver 2013-2014, la mousseronnière Cambòt remet le couvert...

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L'attente aura été plus longue, malgré un hiver en tout point aussi favorable que le précédent, et mes visites assidues et pointilleuses avaient fini par me ranger à l'idée que peut-être ce qui était arrivé l'an dernier, depuis le 16 décembre 2012 jusque fin juin relevait non seulement de l'exceptionnel mais encore de l'unique. Et que peut-être je ne retrouverais plus jamais de mousserons en plein hiver à cet endroit ou en tout autre. Et puis ce dimanche, encouragé par une des rares embellies qui caractèrisent la période, je me suis lancé dans une de ces randonnées de santé qui agrémentent ma mauvaise saison, avec ce sentiment entêtant que les pluies torrentielles des trois dernières semaines avaient pu opérer leur charme.

Bientôt sur l'accotement de la route, je fus hélé par un groupuscule de pholiotes précoces, agrocybe praecox, fichées dans les débris de fougères. La vue de cette espèce me met toujours en alerte car en d'autres temps elle est contemporaine des morilles et des mousserons. Mais en première décade de février, c'est une toute autre histoire...

Parvenu près de l'aubépine où, en 2012-2013, à plusieurs reprises ils m'apparurent, je me mis à fouiller méthodiquement dans le lierre et les débris ligneux. Et très vite, dans l'herbe grasse, je discernais enfin un de ces dômes splendides et qui vous embrasent au premier coup d'oeil. Pour la deuxième année consécutive, Cambòt, une petite mousseronnière du Nord-Béarn, m'offre un rêve éveillé au coeur de l'hiver...

Adishatz !

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02 février 2014

Essai de projection fongique 2014... (Mise à jour du 01/02/2014)

Adishatz a tots/ Bonsoir à tous,

Alors que nous sommes rendus au milieu d'un hiver méconnaissable, se dessine en sous-sol la future saison des champignons, qui ne connaît pas de trêve, et, quoi que cela s'avère fort difficile et hasardeux, nous sommes déjà nombreux à nous demander quelle sera la teneur du millésime 2014.

Prédire avec précision l'intensité d'une saison, sa chronologie et la quantité totale de bolets que celle-ci délivrera relève pour l'instant de l'impossible ou du charlatanisme. Reste que la nature gratifie les naturalistes appliqués et assidus, de menus signaux autorisant à en dégager quelques tendances lourdes. Ma méthode, loin d'être infaillible car rudimentaire et écartant d'autres paramètres que pour la plupart, je ne suis pas en mesure d'appréhender et donc d'intégrer, tient que la courbe d'activité et de fructification du mycélium de cèpes serait plus ou moins inversement proportionnelle aux courbes de températures de la saison creuse. Autrement dit, plus un hiver sera rigoureux, plus nous aurions de chances de trouver de cèpes au cours des mois suivants, notamment au printemps et en été, plus un hiver sera indolent, plus il serait à craindre que nos paniers volent au vent...

Pour dégager et actualiser mes projections, je m'appuie sur les données climatiques "maison", enregistrées, et je m'efforce d'intégrer les projections climatiques saisonnières actualisées et publiées régulièrement par certains services tels que celui du site de la chaine meteo qui fournit un outil intéressant pour tout mycologue afin d'ouvrir des perspectives à plus long terme dans le courant de la saison froide. Au final, seul le temps validé par dame nature au sortir de l'hiver autorisera une projection fongique un peu plus affine.

Des projections 2013 nettement surpassées par l'été...

Si le début de saison jusqu'à la fin du mois de juin a largement validé des projections fongiques sinistres au sortir de l'hiver, l'irruption d'un été 2013 très chaud et très sec a largement démontré par la suite qu'un été très chaud et sec non seulement pouvait atténuer les effets d'un hiver désastreux en favorisant une saison correcte (ce que mes projections avaient défini comme hypothèse la plus optimiste), mais mieux encore, transformer une citrouille en carrosse, propulsant 2013 dans le top 10 des trente dernières années... Seule 1998, par le passé, avait accouché d'un tel prodige.

Saison des cèpes 2014 : Faudra-t-il encore que l'été soit très chaud ?

Notre situation ne s'est pas améliorée depuis ma dernière publication : en effet, le curiculum vitae de l'hiver 2013-2014 reste famélique à ce jour, se bornant pour l'instant à la seule période de froid faible à modérée qui a sévi entre le 15 novembre et 10 décembre 2013 et qui n'aura quasiment aucun bénéfice sur la future saison des cèpes. Une seule gelée à -5 degrés c'est beaucoup trop peu et beaucoup trop faible. Si les températures se sont rapprochées des normales depuis une dizaine de jours, la période des fêtes et la première quinzaine de janvier furent particulièrement douces et pas trop désagréables du point de vue du ciel. Sans la moindre gelée la deuxième quinzaine de janvier a été caractérisée par des précipitations intenses, offrant des cumuls records, ringardisant ceux de l'hiver précédent. Si nous ne sommes pas actuellement en mesure de définir l'impact d'une saison hivernale exceptionnellement pluvieuse sur le mycélium (tout juste pouvons-nous soupirer d'aise en considérant que l'hiver et le printemps 2013 n'ont pas empêché une belle pousse automnale), l'absence de gelées et de grand gel ne sont pas générateurs d'un stress indispensable à la vitalité de la nature au printemps. En outre, alors que nous attaquons le mois de février, nous avons beau scruter, il faut bien admettre que pour l'instant, aucun organisme sérieux ne voit venir cette belle vague de froid salutaire que nous espérions encore il y a quelques jours. Dû à une mauvaise position de masses d'air qui n'en démordent pas, le froid cet hiver est partout mais pas chez nous. Autant dire que la teneur de la saison 2014 risque fort à nouveau de reposer sur les ardeurs de l'été. Plus concrètement, nous risquons fort de devoir encore nous en remettre à un été très chaud pour espérer trouver des cèpes à pleins paniers. Or rien ne garantit que ce qui est advenu en 2013, surgira encore en 2014. Si nous prenons l'habitude de collectionner les hivers indolents, inévitablement un jour viendra où l'été fera également pâle figure. Et cette année nos paniers voleront au vent.

Pour les prochaines semaines, un peu d'espoir tient en ce que les projections climatiques saisonnières ne sont pas non plus infaillibles, elles ont montré leurs faiblesses actuelles l'an dernier en étant débordées par un été qu'elles ne voyaient pas venir fin juin. Devant le caractère exceptionnel de la douceur actuelle, devant aussi le caractère exceptionnel des déséquilibres et anomalies constatés à l'échelle de l'hémisphère nord, on ne peut s'empêcher de penser que jusque là, cet hiver est un peu trop déjanté pour rentrer gentiment dans les rangs au cours des prochains mois, on se dit qu'une bonne vague de froid de fin d'hiver qu'aucun modèle ne prévoit, pourrait déjouer tous les pronostics. Mais, là-dessus, comme sur la saison des cèpes, je ne puis rien promettre...

Adishatz !

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22 janvier 2014

L'étincelle...

La pluie à verses avait jeté son dévolu sur les faubourgs de Pau. J'allai sous mon parapluie d'infortune, tronc voûté, tête basse, parmi les ectoplasmes et autres mines renfrognées, éclaboussé par des voitures rageuses qui jetaient leur écume d'inimitié et d'indifférence sur ces heures lugubres. Soudain, sur le trottoir, surgit un jeune homme dont le parapluie blanc détonnait la sinistrose et le sourire semblait se jouer des intempéries. Parvenu à ma hauteur il me lança : "en fait çà n'a pas grande utilité un parapluie aujourd'hui..." J'acquiesçais en opinant du chef, amusé. C'est qu'il avait raison, le vent déroutant la pluie avait fini par mouiller mon visage. Et puis, poursuivant mon chemin, je pensais que souvent l'humanité regermait quand on l'attendait le moins et qu'il suffisait de cette étincelle pour que change notre perception du monde et des autres...

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