Le Blog de Cristau de Hauguernes

31 août 2020

Randonnée au lac d'Arlet

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Adishatz,

S'il n'est de randonnée qui avance sans la force des mollets, une bonne traction sera fortement recommandée pour accéder au départ de la montée du Lac d'Arlet au fond de la vallée d'Aspe. En effet, la petite route qui s'élance sur la droite, au niveau de la centrale électrique peu après Borce et le fort du Pourtalet, pour rallier le parking au lieu dit Lamourane, est particulièrement étroite et raide.

C'est à cet endroit que la petite équipe s'est transportée, le 25 juillet à l'aube pour une nouvelle excursion à travers la haute montagne béarnaise, aux confins de l'Espagne et de l'Aragon.

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Nous nous projetons dans la fraîcheur matinale qu'accentue la présence du Gave de Barlet dont la marche sur des pentes peu sévères emprunte la vallée sur près de trois kilomètres. Sur notre droite d'étonnantes structures géologiques constituées de micaschiste rouge encadrent le parcours. La plus haute, d'aspect intrigant, dénommée La Mèze, culmine à 1953 mètres. Ces montagnes hautes en couleur qui préfigurent le Somport voisin offrent un contraste saisissant avec les tons de gris de la Pène d'Udapet que l'on aperçoit dans le prolongement en fond de vallée, ou encore le Massif du Pic d'Anie et le cirque de Lescun que nous apercevrons depuis Arlet. Elles nous feraient presque oublier que les paysages traversés, constitués de landes à bruyères et à myrtilles parsemées d'îlots de sapins et de hêtres près de gros blocs dévalés ou chariés par les crues, mais aussi de quelques prairies où fleurissent les cirses, les chardons bleus et les iris des Pyrénées, sont finalement assez pauvres en orchidées, hormis quelques dactylorhizas fanés près des sources

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La longue mise en jambe s'achève peu après la cabane de Pacheu au franchissement d'un pont sur le petit cours d'eau. Le sentier se raidit et se met à serpenter en s'élevant à travers une étroite bande herbeuse et rocailleuse flanquée de plaisants bosquets de hêtres mêlés de quelques sapins. De sorte que les premiers hectomètres de l'ascension dont la pente n'est jamais excessive et qui ne présente aucune difficulté particulière pour un marcheur lambda autre que sa longueur, s'opère assez souvent à l'ombre.

La fin de cette portion la plus raide de la randonnée invite toutefois à sortir du bois et c'est à découvert que nous gagnerons la marge de la Coma de Banassa, haut lieu du pastoralisme. Chemin faisant nous aurons tout loisir de contempler la cascade du petit gave qui draine toutes les eaux du plateau et le ballet des vautours qui ont leur quartier sur les impressionnantes falaises de la Mèze.

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Le plus souvent en pente douce mais se cambrant parfois pour franchir un affleurement calcaire, le sentier oblique ensuite à droite vers la cabane de berger de Gourgue Sec afin de contourner, parmi d'immenses prairies où paissent chevaux, vaches et brebis, l'imposante barre rocheuse rubiconde de Banasse. Nous retournant, déjà nous admirons le Massif de Sesques, le Jean-Pierre et sur notre gauche, dans le lointain, la très impressionnante Collarada, 2886 mètres.

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Il ne nous en faudra pas tant pour apercevoir enfin le lac d'Arlet, son refuge, le col éponyme qui le domine (2095 mètres) et constituera le point culminant de notre périple. Sur sa droite, le Pic d'Aillary (2212 mètres) ne détonne pas avec son homologue Rouge qui se détache au nord sur le fond gris du cirque de Lescun dominé par la pyramide du Pic d'Anie (2504 mètres).

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Au sommet du col d'Arlet la vue est époustouflante sur le lac, les sommets d'Aspe et d'Ossau précités, mais aussi et surtout sur ceux des Pyrénées ouest-aragonaises, le Visaurin (2669 mètres) et le Castillo de Acher (2390 mètres) avec sous nos pieds l'entaille vertigineuse et désertique de la vallée d'Anso.

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Nous pique niquons au col parmi les iris et les chardons bleus. Un jeune berger très avenant, rencontré aux abords du refuge et qui est monté avec ses brebis, alimente notre conversation qui va de son activité à la nature environnante.

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Outre sa longueur, le retour à la voiture ne présente aucune difficulté. Il faut juste bien assurer ses pas dans quelques passages de la descente sous peine de déraper. Sans aucun doute, la randonnée la plus aisée de notre pentalogie estivale.

Adishatz !


27 août 2020

Saison des champignons 2020 : ô ronge ton frein !

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Adishatz,

Plus d'un mois a passé sans que je vous parle de champignons. Plus d'un mois sans qu'ils se montrent beaucoup surtout. Une oronge le 7 août, 4 autres le 13 et 5 enfin ce soir, accompagnées de quelques bolets appendiculés. Quant aux cèpes ils n'ont plus reparu depuis le 27 juillet dans mes terres.

Il faut dire que les conditions climatiques qui sont un des facteurs déterminants de notre violon d'ingre ont radicalement et durablement changé après le 20 juillet. Si le temps avait déjà affirmé un caractère de plus en plus sec depuis le solstice les températures jusque là étonnamment atones ont renoué avec les sommets des étés précédents et même le brusque orage de grêle survenu le 30 juillet au soir n'a donné vie qu'à une poignée de champignons thermophiles dans le courant d'un mois d'août particulièrement chaud.

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Les plus expérimentés le savent, ce long intervalle chaud et très sec dont on trouve d'assez nombreux précédents dans le fil des mois de juillet et d'août d'antan légitime de grandes espérances pour la suite et la fin de notre saison fongique 2020. Car le stress hydrique causé aux arbres-hôtes et au mycélium est particulièrement sévère et la réponse vitale devrait être spectaculaire lorsque les sols auront bu à satiété.

À ce sujet je scrute avec énormément d'attention et d'intérêt les mises à jour des modèles météorologiques pour le weekend à venir et au delà car la forte dégradation annoncée ne délivrera pas forcément les quantités de pluie nécessaires à une véritable pousse de cèpes pour tout le monde. Le choc thermique induit par la descente froide qui pilote la dépression devrait être suffisant à sortir le mycélium de sa torpeur mais il n'est pas certain qu'il pleuve suffisamment pour aboutir à la grande levée générale du premier coup. Ce qui me semble plus vraisemblable est que les zones de moyenne montagne (apparemment gâtées par les modèles) pourraient procurer la joie des premières cueillettes de l'automne aux méritants tandis que la plupart des régions de plaine n'auraient dans un premier temps que quelques cèpes. Et tout le monde risque de devoir attendre deux bonnes semaines pour se réjouir après les pluies car le délai est souvent plus long lorsque le mycélium s'est mis en dormance.

Quoi qu'il en soit de cette première offensive automnale rien ne sera compromis et l'optimisme est plus que jamais de mise car la saison est encore longue.

Adishatz !