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Adishatz,

Si les morilles, stoppées dans leur élan, ont fait montre de meilleures dispositions, la saison des mousserons 2017 s'est avérée très décevante dans mon terroir. Une infime minorité des mousseronnières de ma connaissance aura délivré le divin bossu cette année. Les premiers sont apparus, quelques dizaines de sujets, sur la bordure herbeuse d'une petite route du côté de Burgaronne aux alentours du 18 mars. Quelques jours plus tard dans la campagne d'Orion une autre mousseronnière endormie en 2016 me délivra de quelques sujets à l'unité. Après quoi il fallut attendre la dernière décade du mois de mai pour qu'à la suite d'un arrosage copieux la petite mousseronnière valeureuse de Burgaronne forme de nouveaux sujets dans l'herbe grasse en moindre quantité. Pour le reste, j'eus beau quêter, arpenter assidûment mes placiers je n'en trouvai pas un de plus.

Ce résultat faiblard est d'autant plus étonnant que dans les faubourgs de Pau, où j'exerce et vis une bonne partie de l'année, le printemps des mousserons fut particulièrement intense dès le mois de février. Aux mousseronnières prolixes déjà répertoriées sur le Cours Liautey et vers les facultés, mes déambulations périurbaines m'ont permis d'ajouter trois nouvelles, la première dans le parc du collège Jeanne d'Albret, tout près de l'avenue du Général Leclercq, la seconde dans un minuscule carré herbeux autour d'un arbre sur un parking près du collège Simin Palay de Lescar. Et la dernière mais pas la moindre, dans le parc de ma résidence vers le Centre Leclerc. Il semble de toute évidence que le mousseron se plaît de plus en plus dans les faubourgs de nos villes et agglomérations comme Pau. Peut-être y fuit-il ses écosystèmes traditionnels des campagnes voisines trop polluées par l'agrochimie. Peut-être y trouve-t-il aussi un supplément de calcaire liés aux activités humaines et dont on le sait friand...

À l'instar de la saison 2016 où les derniers m'étaient apparus le 5 juin, les trouvailles tardives du 28 mai soulignent l'incroyable adaptabilité chronologique de cette espèce dont, faut-il le rappeler, quelques spécimens s'étaient dressés sur mon chemin à la mi-décembre 2012. Reste que sa réaction aux aléas climatiques est assez imprévisible et déroutante, rendant difficile toute tentative de rationnalisation. Si de très fortes pluies en fin d'hiver et au printemps peuvent déclencher des levées en masse, les hivers frais et très pluvieux sur le mode des giboulées semblent mieux leur convenir mais là aussi, la fortune du quêteur est loin d'être garantie. Cette année le froid sec de janvier suivi des pluies de février et mars me semblait un préalable intéressant. Il nous reste tellement à apprendre sur ce champignon aussi exquis que facétieux et mystérieux qu'est le mousseron.

Adishatz !