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Adishatz,

Les heures sombres et graves du grand chemin parfois nous laissent hagard, le cerveau en vrac, les esprits trop éparpillés pour exprimer l'ébauche d'une pensée, les premières lignes d'une narration. Fort heureusement les cycles de la nature et le ballet de ses créatures ne manquent pas de rappeler à ceux qui ne les boudent pas combien la vie est belle et précieuse par delà sa cruauté, ses injustices et son insoutenable fragilité.

Après une fin d'hiver et un mois de mars très doux, pour ne pas dire chauds, sanctionnés par l'avènement des premières amanites épaisses isolées en dernière décade de mars, puis des amanites vineuses en force avant la mi-avril, les trois gelées scélérates de la deuxième quinzaine de ce même mois, notamment celles intervenues dans les tout derniers jours, auront vraisemblablement amputé la saison des cèpes d'au moins deux à trois semaines. Et les pluies torrentielles très froides des premiers jours de mai n'ont rien arrangé à l'affaire en freinant la hausse indispensable des températures du sol.

Malgré cela les premiers cèpes d'été 2017 me sont advenus le 14 mai, sur une allée lumineuse de chênes de mon terroir. Même si certaines saisons de la décennie nous ont gratifiés de trouvailles plus précoces, nous manquons encore de recul pour affirmer que trouver des aestivalis courant-avril serait désormais la norme et pour l'heure, la première quinzaine de mai reste une fourchette prometteuse.

Et ce d'autant plus que depuis le 14 mai les cèpes ont mis les bouchées double, comme pour rattraper le temps perdu fin-avril, les bouchons d'aestivalis se multipliant un peu partout. Je veux y voir la signature du mois de janvier très froid qui a gelé le sol en profondeur, et de la sécheresse qui prédominait encore au début du printemps. Pour la suite la vague de chaleur qui s'apprête à envahir le pays devrait mettre en train les premiers cèpes noirs à l'horizon du mois de juin.

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Quoi qu'il en soit, que chacun soit rassuré, les cèpes sont de retour... Cristau aussi !

Adishatz !