be-23-09-17-10

Adishatz,

Depuis le dix octobre, date de ma dernière trouvaille, la rareté des cèpes, si ce n'est leur absence totale, qui est le lot de bien des secteurs du sud-ouest en ce moment, atteint des niveaux rarement approchés à cette époque et que je peine à m'expliquer de manière satisfaisante. Certes, la meilleure saison des cèpes connaît des périodes creuses, mais dans la limite de nos connaissances il n'y avait rien qui justifiât une extinction pure et simple aussi précoce du millésime 2017 des cèpes thermophiles, d'autant plus qu'à l'approche de la Toussaint on a vu ressortir leccinums, coulemelles, et surtout paloumets et amanites fauves dans les placiers bien exposés.

Sur ce point les premières gelées de l'automne survenues mardi matin auront au moins eu l'heur de signifier le coup d'arrêt aux aereus et aux aestivalis... Sauf à imaginer un scénario à la 2015.

À l'heure où j'écris si la mise hors jeu de tels dénouements aussi improbables qu'héroïques par les aléas climatiques simplifie la situation, je n'ai jamais été aussi à la peine lorsqu'il s'agit de pronostiquer la suite et la fin de la saison. Tous nos espoirs reposent désormais sur le Marterouët ou cèpe de Bordeaux que les premières gelées blanches n'effarouchent guère et dont on sait que novembre et décembre l'avantagent souvent s'il ne s'est pas trop montré avant, ce qui est d'ailleurs le cas en 2017. L'optimisme se conjugant à la passion nous offre de solides raisons de penser qu'après les fortes pluies en cours et si bien sûr le froid ne s'enhardit pas ou mieux, décampe, une belle pouse à tout le moins du roi des cèpes devrait venir redorer le blason de l'automne ces prochaines semaines. Certes, mais c'est oublier un vite que la période en cours semble désvantager fortement les cèpes au sens large sans que nous sachions préciser le ou les facteurs en cause, et dans ce contexte nous ne savons pas non plus si Boletus edulis observera les mêmes lois de nature que ses frères ou si ses préférences climatiques plus "rock'n roll" qui le voient apparaître un peu plus tard dans la saison induisent un comportement différent des deux autres...

C'est dans cette équation à plusieurs inconnues que tient le sort de l'automne 2017 des cèpes et je dois à l'honnêteté d'écrire que si l'hypothèse d'une pousse de Marterouëts (dans des proportions qui restent à préciser) me semble la plus probable, rien ne permet pour autant d'écarter que la saison ait expiré depuis belle lurette et que plus aucun cèpe ne paraisse avant le printemps prochain.

Adishatz !