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Adishatz,

Avec les vacances de Toussaint, et le changement d'heure n'arrange rien à l'affaire, la belle saison des randonnées en montagne touche à sa fin et il nous faut à regrets laisser ces landes, ces forêts, tous ces paysages sublimes au grand blanc et aux skieurs jusqu'au prochain printemps.

Ce dimanche 29 octobre, alors que les cèpes d'une indigence rarissime nous font languir en plaine, une dernière fois nous avons voulu braver des pentes sévères qui conduisent aux landes d'altitude et offrent des panoramas de rêve sur les monts environants.

Après nous être garés tout en haut du village de Laruns au départ de la piste qui conduit à la cabane de L'Arriutort nous nous sommes élancés dans le froid matinal sous un ciel limpide. Les premiers kilomètres de l'ascension sont les plus dissuasifs. Outre le dénivelé, on se doit d'assûrer ses pas en prenant appui sur les nombreuses pierres qui émergent de la litière de feuilles d'arbres fraîchement déchues. Ici le hêtre est majoritaire mais la balade n'est pas des plus esthétiques car le chemin est encaissé et la forêt n'offre aucun point de vue.

Un peu plus haut la pente se fait moins sévère, la piste longe le versant et on entre dans une zone mixte de sapins autochtones et d'épicéas introduits, toujours mélangés à des hêtres, avec le bruit d'un petit torrent en contrebas.

Là où le chemin de randonnée croise la piste carrossable, commence la crête de Barthèque et nous cheminons dans le talweg d'un tout petit cours d'eau. L'herbe a revêtu son capuchon de givre. Contraste saisissant du reste entre la première gelée et la rencontre de petits massifs d'érine des Alpes et d'une gentiane de Koch en fleur comme au printemps. Pour tout dire le froid nous coupe un peu le souffle, mais la lumière qui inonde la prairie au-dessus de nous motive nos derniers efforts et bientôt nous débouchons sur le plateau de l'Arrioutort (Arriutòrt) dominé par le Montagnon d'Iseye. Derrière nous Laruns se terre au pied de la Montagne de Pan et du bois des Taillades que nous venons de traverser.

Le temps de quelques photos et d'un bon casse-croûte dans l'herbe, tandis que quelques chasseurs et leurs chiens dévalent du col de Besse, nous prenons quelques minutes pour explorer le plateau et les abords de la cabane. Depuis ce promontoire la vue sur le vallon de l'Arrioutort avec ses sapins intangibles, ses lisières de hêtres en pyjama et ses clairières de bruyères polychromes est un pur ravissement.

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Pour changer un peu nous décidons de redescendre par la piste carrossable. Nous dévalons dans l'ombre de hautes falaises, l'endroit est très humide est particulièrement frais, de grands pieds de framboises et des sureaux peuplent les rochers. Sur notre gauche à quelques mètres, les feuilles de hêtres inondées du dernier soleil craquent sous les pas.

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La piste carrossable est nettement plus longue que le chemin de randonnée que nous avons empruntés le matin, mais elle est aussi moins éprouvante pour nos articulations et sitôt que nous basculons dans le secteurs des granges d'Espouey elle présente le grand avantage d'émerger du talweg réfrigéré pour lézarder à l'astre du jour. C'est à cet endroit que se donne en spectacle le massif du Gourzy et le fond de Laruns. C'est là aussi que nous admirons, dans les landes de bouleaux et de fougère, de jolies stations d'oeillets superbes, dianthus superbus.

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Peu avant notre retour à la voiture, nous retournant une dernière fois vers l'Arrioutort, nous surprenons un spectre de Brocken sur les crêtes, phénomène optique peu commun, ultime présent de nos belles Pyrénées béarnaises en cette année 2017 finissante.

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Et moins de dix jours après notre ascension...

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Adishatz !