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Adishatz,

On peut être reconnaissant à 2021 de nous avoir épargné les semaines d'attente fébrile qui précédaient ces dernières saisons le dénouement vers la Toussaint. La pousse annoncée dans mon dernier article a eu lieu et est allée bien au-delà des espérances pour certains d'entre nous, même si cette vue d'ensemble cache bien des disparités territoriales. La satisfaction est d'autant plus grande que la saison avançait en livrant très peu d'indices quant à la grande pousse automnale et mon dernier pronostic était mitigé.

Cette pousse fut assez courte, essentiellement du 23 septembre au 6 octobre, mais localement très vigoureuse avec un maximum d'intensité entre le 1er et le 3 octobre. Le puissant coup de chaleur du samedi 2 octobre a considérablement accéléré la croissance des cèpes avant que les abats d'eau très froids du dimanche 3 ne refroidissent nettement les ardeurs de la pousse après le 5

Circonstance aggravante ces pluies froides ont été suivies par l'établissement très rapide de conditions anticycloniques très sèches par la suite. Cette sècheresse hygrométrique a fortement clairsemé les effectifs de cèpes thermophiles ces dix derniers jours et elle explique aussi peut-être la rareté des Marteroets ou cèpes de Bordeaux en ce mois d'octobre malgré des températures qui leur étaient assez favorables.

Il faut donc remarquer la grande disparité de cette pousse en fonction des écosystèmes et des terroirs. À l'heure où je rédige des départements entiers se morfondent en attendant leur pousse. Pour ma part j'ai rencontré très peu de cèpes (et remarqué moins de traces de chercheurs) dans les bas-fonds et les couverts attenants aux cours d'eau. J'y vois la signature du manque de chaleur des sols à ces endroits après l'été. Les cèpes ont beaucoup plus poussé dans les pentes exposées et sur les hauteurs, offrant parfois des tableaux féériques aux chanceux qui passaient par là.

Enfin, j'attire votre attention sur la très bonne tenue des cèpes noirs ou aereus par rapport aux aestivalis tout au long de la pousse. Il est possible, selon la théorie de certains spécialistes, que le mycélium de cette espèce, la plus thermophile de toutes, ait reporté sur l'automne 2021 une partie de la pousse que les pluies diluviennes glaciales avaient avortée en 2020.

Pour la suite, nous nourrissons tous des interrogations quant à la fin de saison des Marteroets. Si nul ne désespère d'une belle pousse entre la Toussaint et Noël, à la faveur de conditions météorologiques plus adaptées, on ne peut pas non plus exclure que le roi des cèpes soit en petite forme cette année.

Pour ceux que cela intéresse, je vous rappelle que vous pouvez encore vous inscrire à la sortie mycologique en Béarnais du dimanche 24 octobre au quartier des Antys de Salies en vous inscrivant à l'adresse suivante : lo.topin.de.lenga@gmail.com .

Adishatz