baes-23-04-14-04

Bonsoir à tous,

Si la découverte du ou des premiers cèpes de l'année est toujours source d'émotion et de joie, ces sentiments ne peuvent qu'être exacerbés lorsque cet évènement procède de circonstances et de démarches où le hasard et la chance ont très peu à voir...

Pour un véritable mycophile la saison des champignons dure chaque jour, toute la vie et la passion jamais ne cesse ni ne s'émousse. Même lorsque rien ne pousse, il y a toujours de nouveaux territoires à explorer, de nouvelles infos à glaner dans les livres ou sur les forums. Et il ne faut pas chercher plus loin où nous nous distinguons du chercheur du dimanche...

En cette fin d'hiver 2014, je préparais au mieux ma future saison des morilles en cherchant à frayer un nouvel itinéraire plus bucolique qui me permettrait de boucler à travers bois la grande randonnée obséquieuse qui croise chaque année par ma petite morillère. À cet effet, un après-midi de février, j'étais parti en reconnaissance d'un chemin de servitude repéré sur les cartes ign. Après avoir franchi un ru, soudain je m'arrêtai, tout à la contemplation d'une splendide bordure de chênes, où la luminosité profuse le dispute à la sobriété du couvert végétal, tout en ajoncs d'Europe et mousses, un de ces endroits aguicheurs où tout bon chercheur de cèpes sait qu'il reviendra.

Cet après-midi, alors que la saison des morilles prend de la hauteur et que les mousserons en ont découragé plus d'un, un peu déphasé et rembruni par la brise entêtante, je me suis lancé à l'aveugle dans une quête de nouvelles prairies à orchidées à travers les petites routes qui desservent l'ouest de mon territoire. Puis je poussai jusqu'à certains bosquets de chênes et de châtaigniers dont j'ai éprouvé la précocité. C'est que depuis 10 jours les amanites se font insistantes...

Le retour au bercail s'effectuerait par le nouvel itinéraire champêtre tellement plus agréable et discret que les petites routes à rallonge. À peine m'étais-je engagé sur l'allée de chênes que mes sens de chercheur étaient mis en alerte. Partout autour de moi, des troupes de russules et amanites de toute sorte bombaient le torse sur les tertres tandis que de jeunes sujets sortaient plus timidement de la mousse. Je ne pus faire de moins que de farfouiller... La difficulté ne me rebutant pas je jetai d'emblée mon dévolu sur les massifs d'ajoncs et de jeunes pousses de chênes. finalement c'est en me retournant que j'avisai le premier, au propre sur le talus que je venais de dépasser, puis son petit frère qui sortait de terre...

Depuis les premiers instants où mon regard a balayé cette bordure je vivais avec la conviction d'en retirer quelque bénéfice, mais cette trouvaille précoce va bien au delà de toute espérance...

Adishatz !