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Adishatz,

Décidément et de bout en bout 2021 n'aura rien fait comme les six années précédentes et à bien des égards j'ai le sentiment d'être replongé dans les saisons qui étaient souvent notre lot dans les années 1970, 1980, avant l'emballement du réchauffement climatique qui caractérise notre présent. Et le grand mois de septembre chaud et très sec à la 2014 que j'appelais de mes voeux dans mon dernier article a tourné court, d'abord qu'il a plu, très faiblement certes dans un premier temps, dès la première décade puis que la chaleur qui a tenté une envolée vers le 10 fut rapidement écrêtée avant d'être balayée sous les fortes pluies la semaine dernière.

Le ciel a donc fait sa part, à la sauce 2021, à l'heure où je rédige, la quasi totalité du département ainsi que le sud des Landes et une bonne partie de la Bigorre ont hérité de plus de 50 mm de précipitations en une semaine sur des sols qui étaient sans aucun doute moins chauds que les années précédentes. Le choc thermique sera moindre que l'an dernier par exemple mais les dés sont jetés et nous devrons faire avec.

Dans quelques jours viendra le temps des bouchons, ces instants magiques où après l'attente fébrile les plus assidus voient se constituer de véritables écloseries de minuscules cèpes sous la litière ou dans la mousse. Mais aussi où toute spéculation fantaisiste prend fin et tout mirage se dissipe. Et je ne vous cacherai pas mon impatience car jusqu'à présent la saison a avancé masquée et en brouillant les pistes. Ma seule conviction pour l'heure étant qu'il poussera suffisamment de cèpes pour que la plupart y trouvent leur plaisir. La sécheresse du mois d'août malgré des températures bien ternes et de la première décade de septembre, ainsi que le modeste pic de chaleur de la première quinzaine devraient quelque peu nous bénéficier. Si l'on ajoute un possible impact positif des frimas de janvier dernier et un hypothétique report de la pousse 2020 sur 2021, dont je vous ai déjà parlé précédemment, on peut raisonnablement espérer un millésime correct, voire un bon millésime mais je ne suis pas certain qu'on le réalise d'une part, et surtout je ne pense pas qu'on puisse espérer mieux. Et tant mieux si je sous-estime !

Pour terminer, un petit point sur les dernières semaines écoulées dans les bois. Depuis mon dernier article, et malgré des conditions nettement plus difficiles, les cèpes, quoique fort rares, ont fait montre d'une résistance héroïque, notamment les têtes de nègre, se montrant encore à l'unité, espacés de plusieurs jours, sur des sols déshydratés et lézardés par la sécheresse, en compagnie de quelques oronges, sans commune mesure avec la pousse de septembre 2020 pour ces dernières. Et c'est dans cet héroïsme du cèpe que puise mon espérance pour les semaines à venir.

Adishatz !