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Adishatz,

Plus d'un mois a passé sans que je vous parle de champignons. Plus d'un mois sans qu'ils se montrent beaucoup surtout. Une oronge le 7 août, 4 autres le 13 et 5 enfin ce soir, accompagnées de quelques bolets appendiculés. Quant aux cèpes ils n'ont plus reparu depuis le 27 juillet dans mes terres.

Il faut dire que les conditions climatiques qui sont un des facteurs déterminants de notre violon d'ingre ont radicalement et durablement changé après le 20 juillet. Si le temps avait déjà affirmé un caractère de plus en plus sec depuis le solstice les températures jusque là étonnamment atones ont renoué avec les sommets des étés précédents et même le brusque orage de grêle survenu le 30 juillet au soir n'a donné vie qu'à une poignée de champignons thermophiles dans le courant d'un mois d'août particulièrement chaud.

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Les plus expérimentés le savent, ce long intervalle chaud et très sec dont on trouve d'assez nombreux précédents dans le fil des mois de juillet et d'août d'antan légitime de grandes espérances pour la suite et la fin de notre saison fongique 2020. Car le stress hydrique causé aux arbres-hôtes et au mycélium est particulièrement sévère et la réponse vitale devrait être spectaculaire lorsque les sols auront bu à satiété.

À ce sujet je scrute avec énormément d'attention et d'intérêt les mises à jour des modèles météorologiques pour le weekend à venir et au delà car la forte dégradation annoncée ne délivrera pas forcément les quantités de pluie nécessaires à une véritable pousse de cèpes pour tout le monde. Le choc thermique induit par la descente froide qui pilote la dépression devrait être suffisant à sortir le mycélium de sa torpeur mais il n'est pas certain qu'il pleuve suffisamment pour aboutir à la grande levée générale du premier coup. Ce qui me semble plus vraisemblable est que les zones de moyenne montagne (apparemment gâtées par les modèles) pourraient procurer la joie des premières cueillettes de l'automne aux méritants tandis que la plupart des régions de plaine n'auraient dans un premier temps que quelques cèpes. Et tout le monde risque de devoir attendre deux bonnes semaines pour se réjouir après les pluies car le délai est souvent plus long lorsque le mycélium s'est mis en dormance.

Quoi qu'il en soit de cette première offensive automnale rien ne sera compromis et l'optimisme est plus que jamais de mise car la saison est encore longue.

Adishatz !