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De tous les combats en cours, la crise climatique majeure est le seul que l'humanité ne peut se permettre de perdre. Car il en va de sa survie. Après les inondations de juin 2018, Salies de Béarn a goûté en 2019 un répit tout relatif car la séquence de tempêtes et de pluies diluviennes incessantes qui a sévi de la Toussaint au 23 décembre a été d'une intensité sans précédent. Chacun se rend bien compte que le climat devient de plus en plus "agressif", ici comme ailleurs, et il est des jours où on se dit que mettre le nez dehors, monter dans sa voiture pour aller travailler, conduire les enfants à l'école ou faire ses courses revient à risquer sa vie. Alors que l'Australie brûle et que certaines régions de France et d'Europe ont connu cet été des records de chaleur où l'inouï le dispute au terrifiant c'est avec un certain pincement que je me raccroche à l'infime espoir de ces millions de jeunes qui, un peu partout sur la planète, défilent au cri de "No future". Il n'y a pas d'avenir pour le genre humain si, sans attendre un quelconque signal des gouvernants, nous ne mettons le plus rapidement possible en train des changements radicaux dans nos modes de vie.

Dans ce contexte c'est empreint d'une émotion certaine teintée de nostalgie que je vous parlerai de froid dans les premiers jours de l'année 2019 en Béarn. Et oui, il a fait froid, la chose devient tellement rare, dans la lignée des derniers jours de décembre et jusqu'au 12 janvier. De fréquentes gelées entre 0 et -5 degrés et des températures maximales entre 2 et 8 degrés. Les brouillards d'inversion sont nombreux, les passages pluvieux rares et faibles (5 mm dans la nuit du 8 au 9 janvier).

Le temps change à partir du 13 janvier et devient de plus en plus pluvieux et perturbé jusque dans les tout premiers jours de février. Le mois de janvier 2019 s'avèrera le plus arrosé de tout le premier semestre avec 184 mm. Sur toute cette période les températures restent globalement conformes aux normales saisonnières, dépassant rarement 10 degrés avec un pic à 12 degrés le 26 janvier et un autre à 13 le 1er février. Deux périodes refroidies sont également observées, du 21 au 24 janvier (gelées jusqu'à -1 degrés et maximales entre 5 et 7 degrés) et un bref coup de froid du 2 au 4 février, avec gelée à -2 degrés le 3 et -4 degrés le 4.

Le temps qui court du 3 au 13 février 2019 peut être considéré comme transitoire entre l'hiver à l'agonie et l'intronisation d'un printemps insolent de vigueur et de précocité. Les pluies s'estompent et s'espacent sans disparaître totalement, les températures maximales grimpent jusqu'à 16 degrés le 9 et ne descendent plus sous les 10 degrés tandis que deux gelées sont encore observées dont une à -2 degrés le 13.

C'est donc une séquence exceptionnelle qui se met en place du 14 février au 5 mars. Soleil omniprésent parfois terni par les écobuages lointains et températures remarquables en journée, atteignant 14 à 22 degrés du 14 au 25 et même 23 et 25 degrés les 26 et 27 février, les nuits claires restant encore relativement fraîches, 2 à 6 degrés. Début mars si le temps reste globalement sec et ensoleillé le mercure redescend sous les 15 degrés malgré un nouveau pic à 24 le 3 et un dernier à 20 et 22 degrés les 5 et 6.

Ce même 6 mars le temps se dégrade dans l'après-midi en prélude à une période plus perturbée et fraîche jusqu'au 19 mars. Les pluies sont modérées mais fréquentes et les températures très inégales, oscillant généralement entre 12 et 15 degrés pour les maximales, avec deux pics à 20 degrés les 12 et 16 mars. Les minimales descendent souvent sous les 5 degrés, sans atteindre la gelée (1 degré le 12).

Du 20 au 31, la fin du mois de mars est absolument radieuse, sauf que les températures font le grand écart. Après deux faibles gelées à 0 degré le 20 et le 21, on grimpe à 20, 22, puis 23 degrés du 22 au 24. Puis une baisse sensible s'amorçe le 25 et il gèle à -1 degré les 27 et 28. Finalement la douceur emporte le bras de fer... temporairement ! On repasse la barre des 20 degrés à partir du 29 et la journée du 30 offre un joli 23 degrés.

Le temps se dégrade fortement du 1er au 11 avril. S'il fait encore 18 degrés le premier jour du mois avant l'arrivée de la pluie un coup de froid tardif accompagné de pluies diluviennes survient entre le 2 et le 4 avec giboulées de grésil et même quelques flocons de neige le 3 et le 4. La journée du 3 est la plus fraîche de la période avec 10 degrés, la nuit suivante s'abaisse à 1 degré. Par la suite les maximales peinent à atteindre 15 degrés et les minimales tournent autour de 5 degrés.

Avril se reprend du 12 au 22, un bref et copieux passage pluvieux et orageux étant à signalé entre l'après-midi du 15 et la matinée du 16 (23 mm). Après une nuit un peu fraîche à 1 degré le 13 les températures minimales remontent rapidement entre 7 et 10 degrés et les maximales fluctuent entre 19 et 23 (les 15 et 20 avril).

Dans un premier temps ces mêmes températures résisteront bien à un nouvel épisode perturbé du 23 au 26 (plus de 31 mm).

Toutefois le rafraîchissement amorcé ce même 26 avril (15 degrés) nous vaut des nuits plus fraîches (autour de 5 degrés) du 27 avril au 2 mai. Mais un bon ensoleillement favorise un fort contraste thermique et si l'après-midi du 27 avril est assez fraîche (13 degrés) on remonte jusqu'à 23 degrés le 1er mai.

Sous la pluie, les journées des 3 et 4 mai marquent un très net rafraîchissement. Les températures maximales ne dépassent plus 13 à 15 degrés.

La journée du 5 mai 2019 est auréolée d'un évènement météorologique sans précédent, du moins de mon vivant. Pour la première fois depuis le début de mes relevés il a gelé en mai à 0 degré sur mon coteau de Salies. Malgré l'ensoleillement l'après-midi reste froid pour la saison, 13 degrés.

Après une nuit bien froide encore, 1 degré, les journées du 6 et du 7 mai, sous le soleil, voient une lente remontée des températures, 17 et 18 degrés.

Du 8 au 11 mai la hausse des températures se poursuit, on atteint même 25 degrés le 10 mai, mais le temps est un peu instable, un petit orage de grêle est à signaler le 8.

Sans être aussi perturbé que son devancier, le printemps 2019 se caractérise par une instabilité certaine. La période du 12 au 16 mai est à nouveau ensoleillée, les températures minimales restent assez fraîches (5 à 6 degrés) quand les maximales grimpent de 20 degrés le 12 à 25 degrés le 16.

Mais dans la soirée de ce même 16 mai, la pluie fait son retour et occupera nos jours presqu'en continu jusqu'au 29, avec un bref intermède sec le 21 et 22 mai. Malgré un pic à 23 degrés le 23, les températures sont à nouveaux bien fraîches pour la saison, ne dépassant pas 13 à 15 degrés du 17 au 20 et fluctuant entre 15 et 19 du 24 au 29. À cette échéance les minimales sont toutefois plus élevées, entre 9 et 12 degrés.

Pour les deux derniers jours de mai et jusqu'au 4 juin où le temps tourne à l'orage en cours d'après-midi, c'est un temps ensoleillé et chaud, voire très chaud qui se met en place, après une dernière nuit un peu fraîche à 7 degrés le 30 mai le mercure grimpe rapidement jusqu'à 34 degrés le 1er juin avant de redescendre sous la barre des 30.

Le passage pluvio-orageux du 4 et 5 juin est particulièrement arrosé (58 mm). La journée du 5 juin est très fraîche avec 13 degrés au meilleur de l'après-midi.

La période qui s'ensuit, du 6 au 21 juin, s'avère d'une grande indécision. Quelques passages pluvieux copieux (19 mm du 10 au 12 et 12 mm le 20 et 21) alternent avec des journées variables mais le plus souvent sèches. Une nuit très fraîche est observée le 8 juin (6 degrés). Les températures maximales fluctuent entre 20 et 23 degrés du 6 au 9, fléchissent entre 16 et 18 degrés du 10 au 12 pour remonter à 30 puis 32 degrés le 18 et redescendre sous les 20 degrés le 20 et le 21.

Du 22 juin au 7 juillet l'été prend ses quartiers. Si les températures minimales s'avèrent particulièrement élevées (15 à 19 degrés du 23 juin au 7 juillet) les températures maximales restent très nettement en deçà de la vague de chaleur exceptionnelle qui accable une bonne partie du territoire français et plus particulièrement l'arrière-pays méditerrannéen. À la manière de l'été 2018, la brise thermique  limite la fièvre le long des Pyrénées, tandis que nous regardons avec effroi le sud-est suffoquer par 45 à 46 degrés. Ici un pic à 34 degrés est tout de même observé le 27 juin et un autre à 33 le 4 juillet. Mais ce ne sont que fortes chaleurs saisonnières.

Le 8 et le 9 juillet de très fortes pluies orageuses (39 mm) sonnent le glas de cette première période de chaleur de l'été, les maximales ne dépassent pas 22 degrés le 9.

Du 10 au 21 juillet, l'été reprend son cours, ensoleillé et modérément chaud (25 à 30 degrés).

La deuxième grande vague de chaleur de l'été, caniculaire à l'échelle du pays, commence en Béarn le 22 juillet (33 degrés) et durera jusqu'au 25. Elle y sera un peu plus marquée que la précédente (36 degrés le 23 et 35 degrés les 24 et 25 juillet) mais on reste très loin des records établis précédemment et surtout stupéfaits devant les records pulvérisés un peu partout dans le nord de la France et de l'Europe, 42 à 43 degrés de la Beauce à la région de Lille, 42 degrés sur le Bénélux, 38 degrés en Allemagne, et jusqu'à 35 degrés au Danemark et dans certaines régions de Scandinavie.

Le temps tourne à l'orage du 25 juillet au soir au 1er août à la mi-journée. Près de 23 mm de pluie sont relevés du 26 au 28 juillet puis 17,5 mm le 1er août. Les températures maximales sont en repli, de 20 degrés le 27 à 27 degrés le 29. Le thermomètre s'abaisse même à 10 degrés au petit matin du 31 juillet.

Hormis un bon passage orageux à 15 mm le 7, le temps est à nouveau sec et ensoleillé du 2 au 8 août. La chaleur revient, mais sans excès (25 à 30 degrés du 2 au 7) puis un pic à 34 survient le 8. Mention spéciale aux températures minimales particulièrement élevées, 13 à 21 degrés.

Les orages du 9 août en soirée ont dans leur sillage une dégradation orageuse plus marquée jusqu'au 12 (près de 26 mm en cumulé). On plafonne à 22 puis 23 degrés les 11 et 12 août.

La matinée du 14 et du 16 août sont un peu frisquettes (10 et 11 degrés), mais le temps est à nouveau sec du 13 au 17 août, plus chaud aussi les après-midis avec jusqu'à 30 degrés le 17.

Les conditions météorologiques se dégradent à nouveau brièvement et modérément du 18 au 20 août avec surtout 12 mm de pluie le 20 et une baisse des températures maximales à 21, 22 degrés.

Laquelle nous vaudra des nuits à 11, 12 degrés du 21 au 23 août, mais c'est un temps ensoleillé et sec qui s'installe du 21 août au 9 septembre. Un seul très faible passage pluvieux à 3 mm est à signaler le 5 septembre. Toutefois si la fin du mois d'août est encore bien chaude, avec des maximales comprises entre 28 et 33 degrés le 24, la différence vient des températures qui amorcent une baisse sensible dès le premier septembre. Sur la lancée la première décade est particulièrement fraîche, surtout en matinée où quelques nuits à 7 degrés sont observées du 7 au 9 septembre, les minimales se tenant souvent sous les 10 degrés. À la faveur de l'ensoleillement les températures des après-midis résistent un peu mieux fluctuant le plus souvent entre le 5 et le 9 septembre. Dans le contexte du réchauffement climatique, cela faisait belle lurette que nous n'avions connu première décade de septembre aussi fraîche.

La journée du 10 septembre, marquée par un passage pluvieux modéré (11 mm) délimite un net changement de masse d'air.

La période qui court du 11 au 25 septembre est en effet plus chaude mais reste globalement ensoleillée malgré quelques brefs passages pluvieux intercalés comme celui du 22 où j'ai relevé 15 mm. Dépassant presque continuellement 25 degrés les températures maximales atteignent 30 degrés du 15 au 17 puis le 20.

À partir du 26, le mois de septembre s'achève sous un franc soleil et par des températures assez chaudes, oscillant entre 23 et 28 degrés. Les nuits restent douces pour l'époque, 11 à 16 degrés.

Jusqu'au 24 inclus, le temps du mois d'octobre est instable, mais pas franchement désagréable. Deux passages pluvieux plus intenses surviennent, 36 mm le 14 et le 15, puis 38 mm du 22 au 24. Hormis un pic isolé à 30 degrés le 13 octobre, les températures maximales sont de saison, fluctuant le plus souvent autour de 20 degrés, tandis que les nuits sont douces, à la faveur de la couverture nuageuse. On descend très rarement sous les 10 degrés et les 16 degrés de minimales relevés du 12 au 14 sont assez insolents. Une baisse se produit tout de même après le 20 octobre, les maximales oscillant entre 14 et 16 degrés (s'abaissant même à 10 degrés le 22) et les minimales dévissant sous les 10 degrés.

Avant que le temps ne se dégrade fortement dans l'après-midi du 30, le mois d'octobre nous offre une ultime période magnifique à partir du 25. Les températures maximales remontent entre 20 et 23 degrés, les matinales entre 8 et 12.

Jusqu'au 18 novembre, la séquence qui s'ouvre alors est exceptionnelle. La région de Salies, mais aussi celles de Bidache et de Dax ont essuyé un déluge presqu'incessant, les passages pluvieux très abondants alternent avec de puissantes giboulées de grêle rythmées par le fracas du tonnerre. C'est un véritable bombardement et chacun vit avec la crainte des inondations car les principaux cours d'eau n'en peuvent plus et menacent de déborder à chaque nouvelle salve de pluie, mais aussi des glissements de terrain et des chutes d'arbres. Dans la nuit du dimanche 3 novembre, bien qu'annoncée depuis plusieurs jours la tempête Amélie surprend tout le monde par sa virulence et sa soudaineté. Au petit matin de nombreuses branches jonchent le sol et l'herbe est comme peignée dans mon parc. Plusieurs tempêtes et coups de vent émailllent cette période. Avec toute cette agitation on oublierait presque d'évoquer la nette érosion des températures, atteignant encore 20 degrés le 31 octobre, 21 le 1er novembre, elles peinent à atteindre les 10 degrés à partir du 5 novembre. Une petite période froide est même observée à partir du 15 novembre, on ne dépasse pas 5 degrés le 16 et les minimales fléchissent, entre 1 et 3 degrés.

Un très court intermède sans pluie suvient entre l'après-midi du 18 novembre et le jeudi 21. L'ambiance reste assez fraîche, deux faibles gelées (-1 degré) surviennent les 19 et 20 novembre avant que le mercure remonte à 13 degrés le 21.

Le flux zonal reprend son écrasante domination à partir du 22 novembre. Un très fort coup de vent tempétueux se produit le samedi 23, il se double de pluies diluviennes (30 mm). Les pluies, souvent abondantes se succèdent jusqu'au 2 décembre. Dans ce contexte il est à noter qu'on assiste à une très forte hausse des températures entre le 25 et le 29 novembre, une valeur à 18 degré est enregistrée le 26, les minimales reprennent également de la hauteur, entre 5 et 8 degrés. Mais à partir du 30 le thermomètre repart à la baisse.

Sous les brouillards d'inversion les journées des 3 et 4 décembre sont les plus froides du second semestre 2019. Les maximales ne dépassent pas 4 degrés tandis qu'il gèle jusqu'à -1 le 4.

Dans la foulée, les journées des 5, 6 et 7 décembre sont ensoleillées mais plus douces, on remonte progressivement jusqu'à 33 degrés le 7.

Une nouvelle offensive de l'Atlantique débute dans la journée du 8 décembre. Si les pluies bien que copieuses, ne présentent pas de caractère exceptionnel dans un premier temps, elles s'intensifient nettement dans la journée du 12 (41 mm). Et c'est dans la nuit suivante, sous le déluge (55,5 mm), que suvient une nouvelle très forte tempête qui balaie tous les départements du sud-Gascogne. Elle se renforce jusqu'en début de matinée et ne s'apaisera que très lentement, à la mi-journée. Si elle n'avait pas le niveau des illustres Klaüss et Lothar cette tempête qui se signale par des vents constants est la plus forte que j'aie observée depuis 10 ans, laissant de nombreux dégâts dans mes paysages familiers. Sur toute cette période les températures maximales sont relativement douces, comprises entre 9 et 12 degrés.

Hormis un très faible passage pluvieux entre le 17 et le 18, une séquence de temps sec et ensoleillé, mais aussi très douce, se met en place du 14 au 19 décembre. Les minimales sont comprises entre 5 et 8 degrés et les maximales, proches de la barre des 15, atteignent 17 degrés le 15 et le 19.

Alors que le nord du Béarn est encore sonné, que des câbles électriques et téléphoniques sont à terre un peu partout, et que les tronçonneuses ne savent plus où donner de la tête, une énième dégradation frappe à nos portes dans la journée du 20 décembre. À l'approche de la tempête Fabien précédée d'une réputation qui ne prête en rien à rire, un violent coup de vent tempétueux survenu dans l'après-midi du samedi 21 au passage d'un grain orageux donne à craindre le pire. C'est un des ces grains orageux qui génèrera la tornade de Serres Sainte Marie. Finalement, retrouvant une trajectoire plus classique, la dite tempête sera plus brève et moins virulente en Béarn dans la nuit du 22, affectant principalement le nord des Landes et la Gironde. Sur ces quatre jours, caractérisés par une bonne douceur (12 à 17 degrés) 56 mm de pluie s'ajouteront au décompte de décembre (près de 190 mm), après les 490 mm sans précédent de novembre.

Le lundi 23 décembre au petit matin, la pluie a cessé et plus la moindre goutte ne tombera jusqu'aux premiers jours de 2020. L'après-midi du 24 décembre est particulièrement doux, 18 degrés. Pourtant, un peu comme l'an dernier, mais dans une moindre mesure, les températures baissent à partir de Noël et les maximales ne dépasseront plus les 10 degrés. Une gelée à -2 degrés est même observée le 30.