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Adishatz,

Les Pyrénées ont été inventées comme un défi à la torpeur de l'été, et c'est encore plus vrai lorsque, comme cette année, les cèpes se font très rares. Là-haut il y a toujours quelque chose à découvrir, voir et contempler, sans négliger les bienfaits d'une bouffée d'air frais.

Dimanche 29 juillet, après quelques instants de concertation avec des amis alsaciens de passage en Béarn, nous nous rendîmes au départ d'une randonnée sans difficulté à la cabane du Boué, dans le cirque de Lescun. Il faut dire que les sites de randonnée remarquables maquent moins en vallée d'Aspe comme dans le cirque que les jambes pour les accomplir.

Les premiers hectomètres de la marche s'élancent de la petite route qui mène au refuge de Labérouat, à quelques encablures de ce dernier. On chemine dans une fougeraie à l'ombre du mont Oelharisse et de ses crêtes, tandis qu'en se retournant on peut admirer une partie des géants mythiques du cirque, tels que le Billare ou le Pic Countendè.

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La première partie du périple, toute en brèves ascensions et descentes, traverse de petites hêtraies fraîches et humides et de vastes prairies de moyenne montagne où domine la fougère aigle. C'est de là que sur la droite s'offre au regard un inoubliable panorama de Lescun cerné par les monts frontaliers.

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Quelques iris des Pyrénées se signalent aux randonneurs et des massifs d'oeillets de Montpellier, dianthus Monspessulanus, prennent leur bain de soleil matinal sur les rochers qui hérissent le parcours avant qu'une crête somptueuse en pente douce ne matérialise l'entrée dans la forêt d'Anitch.

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Etagée entre 900 et 1550 mètre d'altitude, Anitch est une sylve pyrénéenne de toute beauté, alternant hêtraies et sapinières le plus souvent en mélange, le tout sillonné par de charmants petits ruisseaux et percé de clairières où fleurissent des épipactis hélleborine, epipactis macrophylla. Sa traversée estivale se révèle d'autant plus agréable qu'il y fait très bon et que de nombreux champignons y ont trouvé refuge, parmi lesquels de rares cèpes, quelques girolles et une poignée de bolets subappendiculés.

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Alors que nous approchons de l'objet de notre randonnée, le sentier s'élève peu à peu au-dessus de la forêt et un regard sur notre droite nous offre de belles perspectives.

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La cabane du Boué ou Cuyala deth Bouè, construite près d'une source profuse, nous apparaît bientôt, aussi chétive au pied des crêtes du Miey que perdue au milieu de ce grand faux-plateau où paissent les vaches vers 1450 mètres d'altitude.

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Oûtre les crêtes et le Mont Eygarri tout proche qui le dominent, le site où nous pique-niquons à l'ombre des hêtres n'en est pas moins un formidable belvédère sur les monts de la vallée d'Aspe depuis le cirque d'Accous jusqu'au massif du Pic de Sesques entre Aspe et Ossau.

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Finalement, sur un plan strictement naturaliste, la belle trouvaille de cette randonnée était une une petite plante à peine perceptible dans la pénombre de la hêtraie près du point de part, ces quelques pieds d'épipactis à petites feuilles, epipactis microphylla, une orchidée peu commune.

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Adishatz !

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