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Adishatz,

L'été qui se meurt peu à peu illustre à merveille l'importance du taux d'humidité de l'air dans l'allant d'une saison fongique, ce facteur étant trop souvent sous-estimé par les amateurs qui préfèrent s'en tenir aux régimes de précipitations et aux températures du sol sans doute plus faciles à mesurer. Et pourtant, une pousse de cèpes est revue à la baisse ou peut avorter sitôt que le taux d'hygrométrie de l'air chute durablement en dessous de 40%, même dans le cas d'hectolitres de pluie tombés les jours précédents. C'est du reste ce qui est advenu en ce mois d'août bien calme où je n'ai trouvé que trois cèpes dans mes bosquets de référence après le 4 malgré les 40 mm de pluie intervenus du 5 au 11. Il convient tout de même de relativiser ce résultat car le mois de juillet, pour sa part, s'est avéré très productif et tout incline à penser que le mycélium nécessite quelques semaines de repos lorsqu'il a beaucoup donné.

Après le stress hydrique généré par l'épisode caniculaire du 19 au 21 juin les 69 mm de pluie tombés entre le 25 juin et le 2 juillet ont déclenché une réaction vitale de grande ampleur du mycélium dans le contexte d'une première décade de juillet souvent nuageuse et pas trop chaude malgré un pic à 35° le 5. Les premiers cèpes sortaient de terre le 6 juillet, la pousse prenant des allures explosives au cours des jours suivants car montant très rapidement en puissance. Et c'est là que le temps a eu l'heureuse idée d'en remettre une louche, et même plusieurs, 47 mm de pluie orageuse se déversant entre le 8 et le 11 juillet alors que la première pousse battait son plein.

S'il ne provoqua pas de deuxième pousse ce second épisode pluvieux permit à la première de voyager confortablement à travers un mois de juillet finalement nuageux, assez humide et tempéré, après qu'elle eut dépassé son maximum d'intensité le 16.

Vous connaissez le scénario de l'été dans les grandes lignes. À la date du 26 juillet le temps est durablement repassé dans le versant sécheresse atmosphérique et les 40 mm du 5 au 11 août n'y auront rien changé. Les cèpes, en perte de vitesse après le 23 juillet ont fait sauter leurs derniers bouchons le 4 août et sont pour l'heure très rares en plaine béarnaise, tandis que les edulis et pinophilus sortent en montagne à la fortune des orages.

Pour la suite, mais ce n'est pas un scoop, tout est désormais suspendu au bon vouloir des conditions météorologiques. Cette période sèche et assez chaude me semble plutôt bienvenue car un été installant l'humidité dans la durée tend à bercer le mycélium dans un certain confort. Lequel nous a déjà joué des mauvais tours par le passé, l'automne venu. Et pour tout dire une période torride ces prochaines semaines, avant que le ciel rouvre ses vannes, ne serait pas forcément superflue.

Adishatz !