baer-29-09-16-81

Adishatz,

Finalement, la pousse qui s'est déclenchée en dernière décade de septembre n'aura été qu'un intervalle de bonheur très inégal pour la plupart d'entre nous, car l'automne jusqu'à l'heure où j'écris fut décidément bien trop sec (à de rares exceptions près) pour soutenir une levée de cèpes généralisée dans la durée. En outre, le mois d'octobre qui s'en est allé a poursuivi la baisse des températures observée en deuxième quinzaine de septembre et le refroidissement des sols, allié à la rareté des pluies et à un taux d'hygrométrie trop bas nous a durablement privés de sorties sporadiques des cèpes thermophiles, aereus et aestivalis.

La pousse démarrée en septembre fut conforme dans les grandes lignes aux scénarios esquissés ici-même, quelques privilégiés principalement très à l'ouest du département des Pyrénées Atlantiques, là où le cumul des pluie fut le plus conséquent, ont pu se croire retournés aux heures mirifiques de septembre 2006. À l'opposé, d'autres, mais ils s'y attendaient, ont dû se satisfaire de quelques cèpes. Entre ces deux extrêmes, la plupart d'entre nous se sont vus gratifiés d'une belle pousse et selon la forumle consacrée, 2016 aura assuré l'essentiel, reste le panache. Dès le début du mois d'octobre, la chute du taux d'hygrométrie et la baisse continue des températures se sont entendues pour écourter le processus de fructification mycélien et les armées de jeunes cèpes ont très vite décliné dans mes terres, de sorte qu'après le 10 octobre plus rien ou presque n'a été trouvé. Et les Marterouëts (edulis), dont j'avais trouvé de rares exemplaires dans le courant de la pousse, n'ont pas pris le relai, mais il est vrai que cette espèce est autrement plus hygrophile.

Depuis, les plus avertis se sont consolés en prenant de la hauteur, car c'est dans les vallées béarnaises, frappées d'indigence pendant l'été, qu'une pousse faramineuse et durable de Marterouëts s'est déclenchée.

Pour la suite, un changement radical de temps à l'horizon du premier weekend de novembre (mais sur lequel de nombreuses incertitudes sont encore à lever = pleuvra-t-il enfin suffisamment ? quelle sera l'intensité du froid accompagnant et découlant de ce changement de temps ? le seuil des gelées sera-t-il atteint voire dépassé dans la foulée et combien de gelées ?) devrait enfin débloquer la situation pour le meilleur et pour le pire. Le pire est que les cèpes thermophiles ne devraient pas survivre à cet infléchissement sensible du thermomètre (encore que la saison 2015 a démontré par deux fois que les aereus et surtout les aestivalis pouvaient reparaître quelques semaines après des gelées faibles à modérées, mais est-ce à revivre ?). La bonne est que, sous réserve qu'il ne fasse pas trop froid et qu'il ne gèle pas trop fort et trop longtemps, de bonnes pluies ouvriraient enfin le boulevard dont nous rêvons aux Marterouëts, jusqu'à la fin du mois voire beaucoup plus si le temps y met enfin du sien.

Adishatz !