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Adishatz,

Comment peut-on se dire fondu de nature et ne pas s'arrêter un temps devant la beauté singulière des orchidées ! Encore que, en ces temps veules de green washing décomplexé, beaucoup trouvent habile de proclamer urbi et orbi un amour indéfectible et désintéressé de la nature et des fleurs qui lui tiennent lieu de devanture, pour mieux entrer dans le temple et profaner. Pour ma part, mon intérêt pour la botanique s'est affirmé et structuré au tout début des années 2000, à partir de la mycologie (ou plutôt de la champignonnologie) qui reste mon domaine de prédilection, et très vite je me suis entiché des orchidées de mon terroir (et bien au-delà) qui embellissaient mes nombreuses randonnées printanières. Un peu plus tard, prenant appui sur mes observations de terrain et les ouvrages de vulgarisation qui m'aidaient à déterminer les espèces les plus communes, je me suis pris à dresser un inventaire des orchidées présentes dans la région de Salies. Le présent article n'est donc que la vitrine ou le bilan provisoire d'une recherche toujours en cours.

Mais avant d'expliquer ma démarche et d'en présenter les premières trouvailles il m'a semblé nécessaire d'apposer de façon très succinte quelques généralités concernant les orchidées. Pour une connaissance plus approfondie je vous renvoie à des ouvrages doctes que l'on peut trouver en librairie ainsi qu'à des sites Internet dédiés.

L'appellation orchidée est un héritage du philosophe grec antique Théophraste, né vers -371 et mort vers -288. "Orkhidion" en grec, devenu "orchis" en latin, désignait le "testicule" en référence à la forme des tubercules souterrains de certaines espèces d'orchidées terrestres des régions tempérées, évoquant vaguement cette partie de l'anatomie masculine.

Pour l'heure, la plupart des travaux de recherche datent l'apparition des orchidées vers -75 à -86 millions d'années. Il s'agit d'une lignée de plantes herbacées autotrophes, c'est à dire qu'elles produisent de la matière organique par réduction de matière inorganique pour se nourrir, les végétaux autotrophes étant d'intérêt vital car constituant le premier maillon d'une chaîne alimentaire, ou mycotrophes car elles portent sur leurs racines des mycorhizes et se développent en relation avec un champignon microscopique afin de pallier l'absence de réserve dans leur graine ainsi que de radicelles au niveau des racines.

Les orchidées viennent dans les régions tempérées mais principalement dans les zones tropicales. Elles peuvent être terrestres ou épiphytes, ce qui signifie qu'elles utilisent parfois un autre végétal comme support. Toutefois, il ne faut pas confondre épiphytes et parasites, les végétaux épiphytes ne prélèvent rien au détriment de leur hôte.

Venant à partir de rhizomes ou de tubercules, les orchidées appartiennent à la catégorie des plantes monocotylédones, à savoir que leur plantule (jeune plante ne comportant que quelques feuilles et issue de l'embryon d'une graine) ne comporte qu'une seule feuille primordiale constitutive de la graine ou "cotylédon".

À ce jour on dénombre entre 25 000 et 30 000 espèces d'orchidées regroupées en 850 genres de par le monde. Leurs graines sont généralement minuscules tandis que la taille des orchidées adultes varie considérablement. Ainsi, Bulbophyllum minutissimum, une orchidée australienne, la plus petite espèce connue, mesure de 1 à 5 millimètres et pèse entre 1 et 2 grammes. Tandis que Grammatophyllum Speciosum peut peser plus d'une tonne et développer des tiges d'environ 3 mètres de long.

Outre les dimensions, l'aspect des orchidées est également très variable, certaines espèces présentant des feuilles plus ou moins réduites ou développées, voire de simples écailles, sans parler des fleurs, qui font toute la séduction de cette famille et ont facilité des regroupements par genre (orchis, sérapias, ophrys, etc...). C'est peut-être aussi cette extrême variété, signature d'une adaptabilité exceptionnelle, qui leur a permis de coloniser tous les écosystèmes terrestres à l'exception des déserts et des cours d'eau.

La famille des orchidées se différencie de la plupart des autres espèces végétales par leur mode de vie et de reproduction très économe en ressources :
- Le nombre d'étamines qui sont les organes mâles de reproduction chez les végétaux supérieurs ou angiospermes est réduit.
- Elles vivent en symbiose avec un champignon.
- Leur métobolisme est de type CAM : Métabolisme Acide Crassuléen. Il s'agit d'une photosynthèse permettant à certaines plantes terrestres chlorophylliennes de fixer le carbone, autrement dit de convertir le carbone inorganique ( CO2 ) en composés organiques tels que des glucides.

Quelques remarques au sujet de l'inventaire

Le recensement des orchidées de la région de Salies trouve ses origines de façon informelle il y a une petite dizaine d'années, au gré de mes nombreuses randonnées bucoliques à travers la campagne de Salies et de Sauveterre durant les weekends et vacances de printemps. Puis s'est structuré au fur et à mesure que je découvrais de nouvelles espèces et stations et me prenais à archiver des photos dans des dossiers sur mes disques durs. Pour l'essentiel le territoire couvert par l'inventaire s'étend au sud de la commune de Salies, jusqu'aux confins du village de Castagnède à l'ouest par les chemins de Montségur et de Mür. Les secteurs d'Oràas vers les Salines et d'Athos-Aspis vers les basses vallées du Heurèr et de l'Arriouthèque ont également fait l'objet de sorties régulières. Plus au sud et à l'est les communes de Sauveterre (notamment les environs de la côte de Mina, très intéressants), de Burgaronne et d'Orion entre la petite route de crête de Lasbordes et celle des Antys, ont livré de belles stations, ainsi que la petite côte de Lacazette qui relie le fond de Beigmau à la route de Lasbordes à Orion. De part et d'autre de ces voies de circulation, jusqu'à certaines friches à peine décelables sur les cartes ign, de nombreuses prairies et bordures propices ont été maintes fois visitées. Et malgré tout, il me reste beaucoup à faire car le territoire est immense, l'accès souvent malaisé et certaines espèces d'orchidées plus rares ou localisées ont probablement échappé à ma vigilance.

D'une manière générale une station à orchidées lorsqu'elle est pérenne abrite plusieurs espèces, et la découverte d'une espèce (très) commune invite le naturaliste à ralentir l'allure et ouvrir grand les yeux car de plus rares peuvent se trouver dans les parages. Il arrive aussi qu'une espèce en remplace une autre d'une année à l'autre. Enfin il existe des stations transitoires, provisoires, notamment en bordure des petites routes qui semblent être bien malgré elles des voies de circulation et de colonisation de nouveaux territoires privilégiées par les orchidées. Ainsi peut on voir ponctuellement un pied d'ophrys tel que l'abeille (apifera), très répandu, taper le stop dans les herbes hautes au pied d'un talus sans que l'espèce y reparaisse au cours des printemps suivants.

En l'état de mes investigations, les environs de Salies de Béarn abritent au minimum 16 espèces d'orchidées réparties en 9 genres, de façon pérenne et que je peux observer chaque année dans un rayon de cinq kilomètres autour de mon domicile. C'est un chiffre d'autant plus encourageant que je pense raisonnablement être en mesure d'atteindre ces prochaines années le seuil des 20 espèces qui qualifie les "mailles" héxagonales les plus riches. Dans l'espérance de cet évènement heureux voici un état des lieux des orchidées déjà recensées dans ce terroir du nord-ouest du Béarn.

Genre Orchis

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 Si pour certains chanceux, la saison des orchidées dans le département débute par le beaucoup plus rare oprhys de Mars, pour la plupart des habitants des environs de Salies et de Sauveterre, elle démarre par le beaucoup plus commun mais néanmoins superbe orchis mâle, orchis mascula.

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Il apparaît parfois fin-mars, mais plus surement en première décade d'avril, c'est lui qu'on voit aux premiers beaux jours sur les talus des petites routes et les bordures de bois, en compagnie des grandes fougères et des pousses de marguerite avec qui il partage un certain goût pour les sols plutôt acides. Outre son inflorescence massive qui le rend immédiatement repérable, on le reconnaît à ses tons de violet et à son labelle évoquant vaguement un pingouin ou un manchot.

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Beaucoup plus rare, du moins dans l'Entre-deux-Gaves, puisque je n'ai trouvé qu'un pied, en 2014 et 2016... au fond de mon pré, ce qui n'est pas pour me déplaîre, l'anacamptis bouffon (anciennement orchis bouffon) ou anacamptis morio.

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Assez semblable à orchis mâle dont il est en grande partie contemporain, l'anacamptis bouffon se reconnaît à ses sépales veinées de verdâtre, lui conférant un aspect en casque et à la partie centrale de son labelle plus claire et ornée de petits points.

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Genre Anacamptis

Deux représentants du genre anacamptis ont été recensés dans nos coteaux. Le premier est l'orchis pyramidal, anacamptis pyramidalis, tout aussi répandu que l'orchis mâle dont il est contemporain.

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La floraison de l'anacamptis pyramidal peu après la mi-avril, son inflorescence en pyramide ou en épi, dans des tons de roses ou de fushia qui lui sont propres, facilite grandement son identification pour les débutants. Tout comme orchis mascula il affectionne les bords de petites routes, les talus coincés entre les bois et les fossés, où poussent la fougère, les bruyères et les marguerites. Mais il aime les milieux thermophiles (chauds) et calcicoles (calcaires). On le rencontrera souvent près des haies de troënes, d'aubépines et de noisetiers, parfois dans les premiers mètres du couvert à l'ombre, mais tout aussi bien en pleine prairie.

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Un peu plus tard encore, fin-avril courant-mai, jusqu'aux premières fortes chaleurs, en parcourant l'herbe haute des prairies, principalement en zones humides et ombragées, on peut voir le sublime anacamptis à larges feuilles, anacamptis laxiflora, s'élancer au sens propre comme au figuré, dans une course à la vie à la mort contre le reste de la végétation.

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Il ressemble assez à l'orchis mâle mais ses fleurs sont beaucoup plus espacées, ses tons sont nettement plus intenses, entre le fushia, le violet voire le pourpre, et il est bien plus élancé compte tenu de la concurrence végétale.

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Genre ophrys

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Dans la famille des orchidées, le genre ophrys est vraisemblablement celui qui suscite le plus de fascination et d'admiration chez le naturaliste tout autant que l'orchidophile. On ne se lasse pas de ce labelle original imitant plus ou moins fidèlement un insecte ou un volatile et on s'évertue de longues minutes durant à obtenir les photographies les plus saisissantes. Tout en précisant que le résultat de mes recherches est d'autant plus provisoire concernant ce genre qu'il sait mieux que les autres fondre ses sujets dans les prairies ou la végétation des lisières et bords de routes, en cette fin de printemps 2016 je dénombre trois espèces d'ophrys dans la région de Salies. La plus commune est l'ophrys abeille, ophrys apifera, très ubiquiste, qui peut pousser isolément mais le plus souvent en groupes, parfois denses, dans des stations pérennes ou "accidentelles".

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On reconnaît l'ophrys abeille à ses sépales généralement rejetés en arrière, à son labelle globuleux flanqué de lobes latéraux plus ou moins coniques et très poilus, à son appendice dissimulé sous le labelle, et surtout au bec de son gynostème recourbé en S. L'ophrys abeille est très commune depuis la deuxième quinzaine d'avril jusqu'à mi-juin, au bord des routes ainsi que dans certaines friches où pousse une végétation acidophile (fougères, marguerites, ...), dans les prairies à condition que l'herbe ne soit pas trop haute et parfois même dans les bois clairs où je l'ai rencontrée en compagnie de la listère ovale.

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Dans les mêmes écosystèmes et en grande partie contemporaine, mais de rencontre moins fréquente car plus arque-boutée sur quelques stations, l'ophrys bécasse, ophrys scolopax, est également bien représentée en pays salisien.

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On la reconnaît à son labelle plus petit que celui de l'ophrys abeille, au lobe central fortement rabattu vers l'arrière tandis que l'extrémité de son gynostème évoque un cou, une tête et un bec d'oiseau. L'ophrys bécasse pousse souvent un petits groupes serrés de plusieurs individus gravitant autour d'une même station. Contrairement à l'ophrys abeille il est moins fréquent de rencontrer un spécimen isolé.

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Beaucoup plus rare puisque je ne lui ai trouvé qu'une seule station (importante), mais incontestablement la plus gracile et la plus délicate à photographier de toutes les espèces du genre, l'ophrys mouche, ophrys insectifera, qui ne déteste pas la compagnie d'autres orchidées telles qu'apifera, préfère l'ombre ou la mi-ombre des orées ou des bois clairs calcicoles et thermophiles à la pleine-lumière des prairies ou de certains talus de petites routes.

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La floraison de l'ophrys mouche débute peu après la mi-avril, et il faut avoir l'oeil pour la repérer parmi la végétation à l'ombre des pré-bois. On la reconnaît à ses sépales verts bien étalés, presque en crucifix, à ses pétales fins et courts, très sombres, tout comme la fleur, pendante et assez effilée. Elle forme souvent des groupes allant jusqu'à une dizaine de spécimens.

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Genre sérapias

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Même si on peut les rencontrer en compagnie d'autres espèces d'orchidées dans l'herbe et sur les talus des bords de route, notamment pour le premier, c'est vers les prairies et les champs non traités qu'il faut regarder pour découvrir les deux représentants du genre sérapias de notre terroir. Le premier est le plus répandu, formant des troupes atteignant parfois des centaines d'individus en chapelets. Il s'agit du sérapias langue, serapias lingua, dont la floraison commence habituellement en deuxième quinzaine d'avril.

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Bien que celui-ci soit extrêmement variable en coloris, du blanc au rouge très foncé mais le plus souvent rose, on le reconnaît aisément à son labelle en forme de langue tirée caractéristique. À la base duquel on note également une callosité brillante tirant sur le pourpre voire le noir.

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Un peu moins répandu mais très présent dans les paysages de Salies et de Sauveterre, le sérapias à long labelle, serapias vomeracea, apparaît généralement avec le mois de mai et sa floraison s'étale parfois jusqu'en deuxième quinzaine de juin.

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Il s'agit d'une belle espèce, plus vigoureuse que la précédente, elle se signale donc plus immédiatement au regard de par sa taille ainsi que par la pilosité plus abondante et les coloris de son labelle entre rouge vif et brun chocolat. Elle privélégie les prairies où l'herbe ne lui fait pas trop concurrence, non loin des marguerites et de certaines rhinanthes. Il arrive qu'on la rencontre isolément, mais le plus souvent elle pousse en troupes de plusieurs individus, généralement moins nombreux et moins serrés que les sérapias langue. Le sérapia à long labelle colonise également les talus des bords de routes, particulièrement les sols mis à découvert par d'anciens chantiers et où aucune végétation ne trouve encore à s'établir. C'est cette belle plante que l'on voit entre autres, de part et d'autre de la route de Salies à Sauveterre, vers le sommet de la côte de Mina.

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Genre Dactylorhiza

C'est au début de mois de mai qu'on peut voir s'ériger un peu partout dans la campagne salisienne les deux représentants de ce genre. Le premier est le dactylorhiza tacheté, dactylorhiza maculata, est une espèce très élancée et qui forme des colonies parfois extrêmement denses dans les écosystèmes où elle s'établit, avec une forte prédilection pour les bords de routes ou de chemins et les landes acidophiles où poussent la fougère aigle et les bruyères.

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On reconnaît le dactylorhiza tacheté, outre son port élancé, à l'extrêmité pointue de ses feuilles maculées, aux motifs pourpres violacés plus ou moins évidents de ses fleurs blanchâtres, et surtout à l'aspect peu marqué du lobe médian de son labelle.

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C'est à la même époque et partageant les mêmes biotopes que vient le dactylorhiza de Fuchs, dactylorhiza Fuchsii, qui ressemble beaucoup au précédent dont il a longtemps été considéré comme une simple variété, mais qui s'en distingue par l'extrémité de ses feuilles arrondies et les divisions nettement plus marquées de son labelle trilobé.

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Les dactylorhiza sont avec les céphalantères et les platanthères, beaucoup plus discrètes dans nos terres, le bouquet final de la grande saison des orchidées en plaine. Aussi c'est toujours avec un brin de nostalgie qu'on les voit poindre.

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Genre Listère

Les pêcheurs à la ligne sont incontestablement parmi les mieux placés pour rencontrer fortuitement le seul représentant de ce genre dans notre terroir, tant la listère ovale, listera ovata, est inféodée aux zones humides, ombragées et fraîches des bords de cours d'eau et d'étangs. On l'identifie à ses deux grandes feuilles ovales, à la dominante verdâtre de toutes ses parties incluant les fleurs, très petites.

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La listère ovale pousse dans les ripisylves des cours d'eau peuplées de frênes et d'aulnes et les fonds de bois humides en compagnie des parisettes à quatre angles et des Sceaux de Salomon Multiflore depuis le début du mois d'avril jusqu'à la fin du mois de mai.

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Genre platanthère

Très souvent en compagnie des dactylorhiza maculés et de Fuchs, mais beaucoup plus rare, dans les landes acidophiles à fougères et bruyères et sur les bords de route, à partir de la fin mai mais plus assurément en juin, on peut admirer la singulière platanthère des montagnes, platanthera chlorantha qui est pour l'heure le seul représentant du genre en terres salisiennes, encore que j'ai peut-être déjà aussi rencontré la platanthère à deux feuilles, platanthera bifolia, qui lui ressemble beaucoup, dans les mêmes milieux. Ceci constitue un point d'incertitude que les prochaines saisons devraient permettre de lever.

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La platanthère des montagnes, ou platanthère verdâtre, s'identifie à ses fleurs blanc verdâtre, à son éperon recourbé dont l'extrémité est épaissie, et surtout à son anthère dont les loges polliniques sont divergentes et fortement écartées à la base.

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Genre céphalanthère

À ce jour, malgré des heures et des centaines de kilomètres de prospection je ne suis pas parvenu à découvrir de station pérenne à l'unique représentante du genre dans nos coteaux, la très jolie céphalanthère à longues feuilles, cephalanthera longifolia. Laquelle se manifeste cependant chaque année, de façon isolée, vers le centre équestre de Burgaronne entre autres.

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La céphalanthère à longues feuilles fleurit habituellement de la deuxième quinzaine de mai à la fin-juin. Elle est reconnaissable à ses fleurs entièrement blanches, constituant un épi dense, son labelle blanc est muni de crêtes tâchées de jaune.

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Genre spiranthe

Si la grande majorité des orchidées qui peuplent nos paysages de l'Entre-deux-Gaves fleurissent depuis le mois de mars jusqu'à la fin du mois de juin, le genre spiranthe fait exception à la règle. Si trouver la spiranthe d'été, spirantha aestivalis, beaucoup plus rare, constitue l'un des Graal des orchidophiles dont je suis, Pascal Moncapjuzan, mon ancien camarade du collège et voisin du quartier Lasbordes, m'a signalé une importante station de spiranthe d'automne, spiranthes spiralis, dans le jardin familial. Pour ma part, j'ai rencontré cette espèce près du lycée de Mourenx au mois de septembre 2015.

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On reconnaît la spiranthe d'automne à ses feuilles formant une rosette, généralement excentrée par rapport à la tige, autour de laquelle des fleurs blanc-verdâtre s'enroulent en spirale. En outre, compte tenu de l'époque de floraison on ne peut guère se tromper. Il semble que cette espèce, menacée par la disparition des pelouses sèches dans les milieux naturels, ait trouvé en les talus et pelouses fréquemment entretenus des faubourgs de nos villes un écosystème de substitution. Des mesures de protection gagneraient à être mises en place.

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Les orchidées du pays salisien, un inventaire à poursuivre, une richesse à préserver et valoriser

Comme je conclus cet article dont vous pouvez visionner davantage de photos dans un album dédié, j'attire votre attention sur la mise en place il y a deux ans d'une plateforme de signalement et recensement en ligne des orchidées par la SFO, Société Française d'Orchidophilie, orchisauvage. Où tout un chacun sans érudition ni matériel requis autre que de bonnes chaussures de marche, un smartphone pour prendre quelques photos et un bon ouvrage de vulgarisation décrivant les espèces les plus communes, peut à tout moment signaler la présence d'une orchidée dans son environnement, via des formulaires. J'invite les plus motivés d'entre vous et tout ceux que les orchidées intéressent à s'inscrire sur cette plateforme afin de centraliser les informations collectées. Ce qui permettrait en oûtre d'enrichir l'inventaire entrepris pour la région de Salies et les communes limitrophes.

Enfin, les orchidées constituent une richesse à préserver et valoriser bien plus qu'elles ne le sont. Leur présence en nombre signe en creux le bon état de santé général d'un terroir qui gagnerait à en faire un de ses fleurons. Une mesure de protection et de pérennisation consisterait par exemple à établir une cartographie précise des secteurs de talus de route qui concentrent les espèces moins communes, parfois de toutes petites portions de quelques dizaines de mètres qu'il conviendrait de ne pas faucher avant les tout derniers jours de juin, sans que cela contrevienne à l'harmonie de nos paysages ni à la sécurité routière. Aujourd'hui, malgré la mise en place il y a peu d'un plan de fauchage plus protecteur de la faune et de la flore des bords de route, faut-il aussi y voir l'effet des aléas climatiques grandissant, beaucoup trop de pieds d'orchidées périssent encore chaque année avant d'avoir fleuri.

Adishatz