Adishatz,

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Au moment de quitter 2015, deux sentiments contradictoires et aiguisés disputent mon humeur. Inquiétude, devant les déraillements grandissants, frénétiques et tendant à se généraliser du climat de notre bonne vieille planète négligée et malmenée depuis des siècles par des schémas économiques court-termistes, égoïstes et inconséquents et qui inclineraient à penser qu'il serait trop tard. Espérance, espérance folle, mais espérance tout de même, contre toutes les forces de l'inertie, tous ceux, la multitude, qui nous assurent qu'on ne pourra rien sauver parce que fondamentalement ils ne souhaitent rien changer, rien retirer à leurs modes de vie consuméristes et épicuriens. Carpe diem, après moi le déluge... Espérance que sous la pression des citoyens et des organisations qui ont le devoir de veiller au grain, les politiques et les décideurs économiques mettront enfin le plus rapidement possible en chantier ce à quoi ils se sont engagés début-décembre à Paris et qu'un jour l'histoire se souviendra de 2015 comme de l'an zéro d'un monde meilleur, le grand tournant dans le rapport de l'être humain à sa nature, à sa planète... et à lui-même. Même si, comme beaucoup, je ne verrai pas les fruits de cet obscur labeur.

Le mois de janvier 2015, à l'instar de l'hiver, s'est avéré assez froid, mais sans excès.

Du 1er au 15 janvier :

Sur la lancée de la vague de froid qui a sévi après Noël, le Jour de l'An est célébré par une gelée sévère, -6°. Dans l'après-midi la barre des 5° est de nouveau franchie avec une maximale de 7°. Cette première quinzaine de l'année est caractérisée par un bon ensoleillement (faibles passages pluvieux à 5 et 3mm les 4 et 11 janvier) et une forte amplitude thermique à partir du 8. Les maximales atteignant 17 et 18° les 9 et 13 janvier tandis qu'il gèle fréquemment la nuit jusqu'à -2° le 12.

Du 16 au 29 janvier :

Un puissant flux océanique de Nord-ouest s'établit en altitude, il se traduit par de fréquents passages pluvieux parfois copieux (38 mm les 16, 17 et 18 janvier), de forts coups de vent tel celui du 29 janvier. Durant toute la séquence les nuits sont assez froides, il gèle fréquemment entre 0 et -3°) et les après-midis bien frais, oscillant entre 5 et 10°. Un éphémère pic à 12° est observé le 29.

Du 30 janvier au 9 février :

Dans la soirée du 29 janvier 2015 les vents basculent davantage au Nord-ouest-Nord et de l'air polaire commence à s'instiller jusqu'à basse altitude. La déstabilisation de la masse d'air qui s'ensuit génère des précipitations exceptionnelles (110 mm entre le 29 janvier et le 2 février), d'abord sous forme de pluie, puis de grésil et de neige. Car le refroidissement est très intense, on ne dépasse plus 5° le 31 janvier, 4° le 1er février, après un petit 0° nocturne. La journée du 2 février connaît une légère accalmie et le mercure remonte à 8° l'après-midi. De fortes chutes de neige tenant au sol sont observées le 3 février, en prélude à trois journées de grand froid, essentiellement diurne puisqu'on ne dépasse pas 0° les 4 et 6 février, 2° le 5, tandis que les nuits, à la faveur d'une couverture nuageuse persistante, les gelées sont plus modérées que redoutées, -6° le 4, -5° le 5 et -4° le 6. La journée du 7 février est encore bien froide avec -3 et 3° de températures minimales et maximales ainsi que celle du 8 où les maximales plafonnent à 5°. Il gélera encore à -3° les 9 et 11 février, -4° le 10, mais l'après-midi du 9 marque la fin de cette vague de froid avec 7°.

Les 10 et 11 février :

Malgré un gel nocturne pugnace évoqué ci-dessus, ces deux journées aux après-midis radoucis à 14 et 12° offre un intervalle agréable dans le courant d'un mois très agité.

Du 12 février au 4 mars :

Le flux océanique referme la parenthèse ensoleillée ouverte par la vague de froid de la première décade. Après de bons passages pluvieux entre le 12 et le 17 février au matin, seules les journées des 18 et 19 sont sèches et assez ensoleillées, les perturbations qui se succèdent entre le 21 et le 4 mars s'avèrent particulièrement arrosées (31 mm les 20 et 21 février, 35 mm le 25 février, 25 mm le 26 février). Dans ce contexte les températures fluctuent énormément, plafonnant le plus souvent à 10° malgré quelques pointes à 16° les 19 et 20 février, 14° les 1er et 2 mars, tout cela restant finalement assez frais pour la saison. Deux gelées, dont une à -1° sont obervées les 19 et 20 février, le plus souvent on se tient entre 2 et 4°. À l'approche du mois de mars les minimales remontent entre 8 et 10° mais une nouvelle baisse s'amorce le 4.

Du 5 au 19 mars soir :

Hormis un bon passage pluvieux les 13 et 14 mars (18mm) cette période est particulièrement ensoleillée et plus douce. Trois gelées sont tout de même observées les 5 (-2), 6 (-1) et 7 mars (0°). Mais les maximales culminant à 21° le 7 évoluent le plus souvent entre 13 et 18°. Petite faiblesse entre 8 et 12° du 13 au 16 mars cependant.

Du 19 mars soir au 1er avril inclu :

Dans la droite ligne d'un hiver 2014-2015 finalement assez pluvieux, mais moins que les deux précédents, la fin du mois de mars voit la reprise du défilé de fronts océaniques, les arrosages sont généralement modiques mais à la longue les cumuls sont significatifs. Cette dégradation s'accompagne d'une baisse sensible des températures entre le 20 et le 26 mars où on n'atteint plus les 10°. La journée du 22 est la plus fraîche, plafonnant à 7°. La dernière gelée de l'hiver est enregistrée le 26 mars (0°). La plupart du temps les minimales s'accrochent à la barre des 5°. À compter du 27 mars on assiste à une hausse du thermomètre, les nuits sont plus douces, oscillant entre 7 et 11°, mais les maximales comprises entre 13 et 14° restent en deçà des normes saisonnières...

Du 2 au 15 avril soir :

Hormis un faible passage pluvieux le 4, la première quinzaine d'avril est très ensoleillée. Avec des températures minimales très fluctuantes le seuil des gelées est approché les 2 et 6 avril (1°). Comprises entre 14 et 19° en début de période les températures maximales atteignent 20° le 8 avril. La suite est de plus en plus chaude, les minimales oscillant entre 7 et 11° tandis que la barre des 25° est atteinte puis dépassée à compter du 12 jusqu'au premier pic à 30° enregistré le 14 avril.

Du 15 avril au 4 mai, matin :

Le temps reste globalement chaud pour la période mais devient un peu plus instable sans être désagréable, 56 mm de pluie sont relevés les 26 et 27 avril, entrainant une baisse des températures à 16° les 27 et 28 avec un petit 5° le matin du 29. Généralement comprises entre 17 et 24° (26° le 21), les températures maximales repassent plus durablement au-dessus des 25° à compter du 2 mai.

Du 5 au 13 mai :

Cet intervalle est beaucoup plus sec mais aussi plus chaud que le précédent, la barre des 25° est fréquemment atteinte et dépassée, un nouveau pic à 30° survenant le 10 mai. Excepté une petite faiblesse à 7° le 7, les minimales évoluent entre 10 et 16°.

Du 14 au 21 mai :

Cette séquence est caractérisée par deux passages pluvieux modérés (13 mm les 14 et 15 mai ainsi que les 19, 20, et 21 mai) mais assez durables et qui affectent les températures à la baisse (maximales entre 17 et 18° du 14 au 16 et entre 14 et 17° du 19 au 21 mai). Un petit 6° est relevé le 21 mai au matin.

Du 22 mai au 9 juin :

6° est également la valeur observée le 22 mai à l'aube. Après quoi, la période qui s'ouvre, très ensoleillée et sèche (sauf rares averses), voit une hausse sensible et presque linéaire des températures. Après quelques après-midis à 18°, la barre des 20° est durablement repassée le 27 mai (23°), puis celle des 25° à compter du 31 mai, jusqu'à un pic de très forte chaleur à 35° le 4 juin. Les températures minimales se redressent également mais de façon plus indécises une valeur à 8° est enregistrée le 27 mai, deux autres à 9° les 28 et 31 mai. En fin de période on se situe légèrement au-dessus des 15°.

Du 10 au 19 juin :

Après un mois de mai très sec, la deuxième décade de juin est affectée par une très forte dégradation pluvio-orageuse, générant des pluies très intenses au pied des Pyrénées. 51 mm sont relevés du 9 au  13 juin soir, 29 mm du 14 au 19 juin. Curieusement, les températures ne sont guère affectées par ces intempéries, oscillant entre 18 et 24° pour les maximales et 11 à 17° à l'aube.

Du 20 juin au 17 juillet, soir :

L'été 2015 s'est avéré très chaud, bien plus que ne le laissaient entrevoir les projections saisonnières. Dès le 20 juin sous un ciel limpide les températures repartent à la hausse, la barre des 30° étant couramment atteinte et dépassée 22 au 29 juin. Jusqu'au 26 juin les températures minimales sont plus laborieuses, fluctuant entre 11 et 13 degrés, après quoi elles évoluent entre 16 et 20°. Le 30 juin est une des journées les plus chaudes de l'été en Béarn, culminant à 38°. En soirée une brise marine salutaire se lève, qui a l'heur de repousser les remontées d'air les torrides à l'intérieur des terres et notamment dans l'Est et le Centre-Est où l'on peut véritablement parler de canicule jusque fin juillet. Le décor est planté jusqu'au 17 juillet, les remontées d'air caniculaire s'enchaînent sur le pays, mais ne peuvent réellement s'installer en sud-Aquitaine car la brise thermique se lève à la moindre poussée de fièvre du mercure. Un pic à 34° est observé le 3 juillet, un autre à 33° le 6, celui du 10 à 37° est suivi d'une virulente galerne, de sorte que juillet 2015 ne se peut en rien comparer à août 2013 dans l'ouest du département. D'autant que les fins de nuits, fluctuant entre 17 et 18° du 2 au 8 juillet, redescendent fréquemment à 13° à partir du 9 juillet. À compter du 12 juillet le mercure se stabilise enfin plus durablement au-dessus de 30°. Le pic à 33° du 17 juillet est suivi d'une dégradation orageuse, avare en pluie mais qui marque un changement de temps.

Du 18 au 31 juillet :

Dans une ambiance toujours chaude (pics à 35° le 18 et 33° le 20) la suite et la fin du mois de juillet s'avèrent plus instable et orageuse. Les précipitations sont généralement faibles à modérées. En toute fin de mois une dégradation plus sensible fait nettement baisser les températures maximales (22° le 29, 21° le 30 et 19° le 31). Les minimales restent d'un bon niveau, entre 13 et 15°.

Du 1er au 17 août :

Cette séquence est marquée par une extrême variation des températures. Du 1er au 5, malgré un faible passage orageux les 3 et 4, les températures maximales sont en hausse sensible (33° les 2 et 3 août, 36° le 5 août). Mais une baisse sensible s'amorce dès le 6 août et le 8, sous la pluie (12°), on excède pas 18°. La chaleur revient dès le 10 août, culminant à 33° le 12, suivie par une dégradation orageuse plus sensible du 13 au 17 (42mm) doublée d'une nouvelle baisse du mercure (19° le 14, 17° le 15).

Du 18 au 30 août :

Sauf un petit passage orageux du 22 au 24, cette période est à nouveau beaucoup plus sèche et nettement plus chaude après un petit 11° matinal le 19. Un premier pic à 34° est observé le 21 août, puis, entre le 26 et le 30 août, les températures atteignant 35 à 36°, on peut véritablement parler de canicule en Béarn.

Du 31 août après-midi au 18 septembre matin :

Dans la torpeur de ce dernier jour du mois d'août, la puissante cellule orageuse accompagnée de vents très violents et de grêle qui a pris naissance à l'ouest du département mais plus particulièrement affecté les régions de Mourenx, Pau et l'Est du Béarn, a relativement épargné les coteaux de Salies (26 mm) mais constitue pour tous un tournant majeur de l'année météorologique. Les vents dominants tournent au nord-ouest voire au nord puis au nord-est pour tout le mois de septembre et les températures maximales , après une chute de 13 degrés en 48 heures ne dépasseront que très rarement le seuil des 25° au cours des trente premiers jours de l'automne météorologique, oscillant le plus souvent entre 19 et 22°. Descendant parfois à 8° (les 6 et 7 septembre) les températures minimales varient généralement entre 10 et 15° à la faveur de la couverture nuageuse. Il faut dire que la période est très instable, les journées sèches sont minoritaires (hormis un intervalle du 6 au 8 septembre), même si les précipitations restent modérées (13 mm le 12, 14 mm les 14 et 17 septembre). Un bref orage de grêle est observé le 12 septembre.

Du 18 au 30 septembre :

La suite et la fin du mois de septembre s'avèrent globalement ensoleillées mais toujours fraîches. Les journées des 22 et 23 septembre affectées par un passage pluvieux modéré (18 mm) font exception, ainsi que dans une moindre mesure, celle du 30 ( 2mm ). Les températures minimales oscillent désormais autour des 10°, une valeur à 7° est même relevée le 24 septembre. Les maximales, initialement comprises entre 19 et 23°, remontent tant bien que mal entre 22 et 24° à partir du 30 septembre.

Du 1er au 13 octobre matin :

Une dégradation modérément pluvieuse survient entre le 1er et le 7 octobre inclus (27 mm en cumul). Malgré des températures maximales en dents de scie (16° le 2 octobre, 17° le 7, mais 24° les 6 et 10 octobre, 27° le 5) le ressenti est un peu moins frisquet que lors de la période précédente. Deux valeurs à 6° les 9 et 10 octobre à l'aube toute de même. Après un intervalle sec et ensoleillé du 8 au 11 octobre, un passage pluvieux plus copieux (22mm) les 12 et 13 octobre précède un net fraichissement des températures.

Du 13 octobre après-midi au 25 octobre :

Sous un soleil retrouvé, les journées des 14, 15 et 16 octobre sont particulièrement froides pour la saison, le seuil des gelées (0°) est atteint le 15 où on ne dépasse pas 13° au meilleur de la journée. Les maximales remontent temporairement à 18 puis 20° les 17 et 18 octobre. Mais les journées du 19 au 22 octobre sont de nouveau bien fraîches avec des maximales fluctuant entre 14 et 17°. Toutefois, la couverture nuageuse amortit la baisse nocturne et les minimales ne descendent sous les 10 degrés que du 20 au 22 (6° le 21 octobre). Après le 23 les vents tournent au sud-est et sous un soleil dominant la barre des 20° est approchée puis dépassée.

Du 26 au 5 novembre :

C'est un temps de plus en plus doux, pour ne pas dire chaud pour la saison, et très sec (après un passage pluvio-orageux à 14 mm les 27 et 28 octobre) qui se met en place au grand tournant de la Toussaint 2015. Deux pics à 24° les 26 et 30 octobre sont enregistrés les 26 et 30 octobre, les minimales oscillant entre 7 et 14°, ce qui est très élevé pour l'époque. Un très faible passage perturbé (5 mm) survient entre le 2 et le 5 novembre.

Du 6 au 20 novembre soir :

Les journées des 6, 7 et 8 novembre s'avèrent particulièrement chaudes (26, 25 et 28°). La suite reste très ensoleillée mais on troque la chaleur pour une grande douceur, avec des minimales arqueboutées autour des 10° (petite faiblesse à 6, 5 puis 4° les 15, 16 et 17 novembre) et des maximales évoluant entre 16° (le 11) et 22° le 18 novembre.

Du 20 novembre soir au 28 novembre matin :

L'advection d'air très froid polaire en altitude dans l'après-midi du 20 novembre provoque une très forte déstabilisation de la masse d'air et de fortes pluies (37mm). Après un début de nuit encore très douce (18° le 21), les températures s'effondrent jusqu'au lundi 23 où les maximales n'excèdent pas les 4° sur les coteaux. Deux gelées à -3° sont enregistrées les 23 et 24 novembre. Mais très vite une puissante dégradation pluvieuse en flux de nord-ouest se met en place et 53 mm sont relevés entre le 23 et le 28 novembre tandis que les températures diurnes remontent entre 9 et 13°. Cette courte période concentre plus de 80% des précipitations de l'ensemble des mois de novembre et décembre 2015, très secs.

Du 28 novembre après-midi au 31 décembre soir :

La fin de l'année 2015 et son dernier mois furent caractérisés par un ensoleillement record, une douceur hors norme et une grande sécheresse, la récurrence d'un anticyclone subtropical s'étendant de l'Afrique du Nord à l'Europe Centrale et générant un flux de sud-ouest d'altitude en est la cause. Une seule petite gelée est observée le 2 décembre, les minimales oscillant généralement entre 3 et 11°, rarement moins, surtout en début de période. Les maximales pour leur part ne descendent que très rarement à 14° (les 29 novembre, 2, 9, 13 et 27 décembre) et montant encore un peu à compter du 14 décembre où 17° devient la valeur la plus basse tandis qu'un pic à 24/25° est observé en Béarn le 19 décembre. Un seul passage pluvieux significatif est enregistré durant tout le mois, 10 mm les 8 et 9 décembre. Dans les tout derniers jours de l'année, le flux zonal se faisant plus pressant, 5 mm de pluie en cumul sont relevés les 29 et 31 décembre. Au final décembre 2015 affiche un déficit record, 15 mm, soit 10 % de la pluviométrie mensuelle normale.

En conclusion, après un hiver court mais assez froid et pluvieux, puis un printemps relativement équilibré sur le plan des précipitations et des températures, Salies de Béarn a renoué dès le mois de juin avec un déficit pluviométrique qui s'est aggravé durant l'automne et le début de l'hiver en cours, et que l'on croyait oublié depuis les pluies incessantes et diluviennes survenues à partir de l'automne 2012. Dans un même temps, l'été 2015 s'est avéré particulièrement long et chaud, quoi que le plus dur fût atténué par la brise thermique en juillet. Autant de signaux de dysfonctionnement climatique croissant. La sécheresse en cours est proche des records, sur le plan des températures le dernier semestre est sans équivalent, hormis peut-être 1989 pour la partie novembre décembre. Après un non-hiver 2013-2014, la perspective d'un second non-hiver absolu dans la décennie constituerait une première inquiétante sur le plan des statistiques en Béarn, ce genre d'évènements survenant habituellement une fois tous les 10 à 15 ans. Quoi qu'il en soit, on ne peut plus nier que le changement climatique soit en cours, et peut-être en phase d'accélération...

Adishatz !