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Adishatz,

L'attente aura été longue, très longue, interminable et fébrile même, après un hiver un peu plus froid que la moyenne au pied des Pyrénées, surtout en première quinzaine de février, et un mois de mars désespérément pluvieux et frais. Alors que les dernières mitres rescapées sont subclaquantes à très basse altitude, on peut désormais s'accorder pour dire que le millésime 2015 atteste un rebond des effectifs, après deux années en berne et un cru 2014 catastrophique, du moins c'est ce qui ressort des places où je procède à quelques comptages.

Alors que le démarrage des pézizes veinées et des morillons sur des sites plus thermophiles n'augurait rien de bon, je repérais mes premières morilles le samedi 11 avril, un record. Ces dernières avaient délaissé les frênes pour les ormes, se rapprochant du cours d'eau qui traverse l'endroit et venant sur un sol plus sablonneux qu'à l'intérieur de la ripisylve, ce qui du reste, n'a pas facilité leur découverte.

Il faut croire que le climat ne facilite pas la vie de Morchella depuis quelques années, 2011 pour être précis. Dès le début de la semaine suivante, le microcosme a redouté que le pire ne se reproduise alors que le thermomètre repartait dans ses pics à 30 degrés dont il est coutumier en première quinzaine ces cinq derniers printemps. Finalement, mon optimisme eu égard à la jeunesse des morilles, fut validé par les faits. Certes les malheureuses qui avaient eu l'outrecuidance de s'aventurer sur les places dépourvues d'ombre n'avaient pas résisté, mais les petites soeurs avaient tenu ferme, grandi, et d'autres étaient nées un peu partout dans la ripisylve à la faveur des averses qui ont succédé au coup de chaud. De sorte qu'au cours du weekend du 18 avril, je jubilai en en dénombrant sur toutes les places productives.

D'autres morilles se sont fait jour dans le courant de la semaine suivante, avec des températures plus mesurées mais encore un peu trop élevées pour permettre enfin un très grand printemps des morilles à très basse altitude.

Dans ces conditions on peut se satisfaire de voir les effectifs repartir à la hausse, à un peu moins de trente pourcent d'une saison médiane sur mes places tests.

À présent les morilles gagnent chaque jour un peu plus l'altitude, chassées par le second printemps et en quête de la fraîcheur de nos vallées. La "vie" des morilles est tout sauf un long fleuve tranquille depuis quelques saisons dans les plaines du sud-ouest. J'ose espérer que ceci n'est que temporaire. Pour l'avenir, il nous faut désormais guetter un véritable mois d'avril, moins sur le plan de la pluie car elle ne manque pas, que sur celui des températures qui les découragent. Même si pour cela il faudra attendre un peu plus pour les cèpes...

Adishatz...