Joli bouchon de cèpe de Bordeaux près de son arbre-hôte...

Adishatz,

Après nous avoir longuement tenus en haleine et époustouflés, la saison des cèpes d'été et des cèpes noirs 2014 s'est éteinte sous les pluies diluviennes et fraîches des premiers jours de novembre, sans jamais, finalement, approcher réellement les sommets de ses deux grandes soeurs, 2011 et 2006. Hormis quelques trouvailles heureuses et très localisées d'aestivalis, depuis le 10 novembre le cèpe de Bordeaux, le roi des cèpes, règne sans partage sur les sylves et constitue l'ultime offrande de l'année moribonde à nos paniers...

Plusieurs facteurs défavorables ont concouru à l'échec final tout relatif de 2014. Elles tiennent d'abord dans les imperfections et errements climatiques du mois d'octobre 2014. Alors que septembre s'était fendu d'un travail rédempteur considérable au sortir d'un été désespérément humide et frais, j'avais souligné la modestie, pour ne pas dire la justesse des pluies suvernues en première quinzaine d'octobre, doutant de leur aptitude à soutenir une pousse de très grande envergure dans la durée. De fait, il y eut une pousse de très grande envergure de têtes noires et d'aestivalis dans les grands-bois de plaines alluviales et les bas-fonds, autant d'endroits humides et frais. Car les vents de sud, l'ensoleillement remarquable et les températures très élevées de la deuxième quinzaine ont rapidement amoindrie puis cessé la pousse sur les hauteurs exposées.

L'ultime espoir de 2014 tenait alors dans la capacité de ces mêmes hauteurs à produire joliment des cèpes une dizaine de jours après le retour des pluies en novembre, comme ce fut le cas en 2011. À situation climatique sensiblement comparable, sans froid et loin de toute gelée, nous savons désormais qu'il n'en fut rien, vers le 11 novembre, aucun bouchon d'aestivalis ou d'aereus ne pointant dans les bois le sort de l'année était scellé. Trop de pluie en moins de 10 jours, des sols désormais un peu trop froids pour ces cèpes thermophiles, et sans doute la trop grande proximité avec la grande pousse récente d'octobre, quand on sait que près d'un mois et demi de répit sont nécessaires au mycélium entre deux pousses importantes. 2014 s'en va, couvert de gloire, sous son manteau de feuilles, troisième meilleure saison des cèpes depuis près de quarante ans, assez loin derrière 2006 et 2011, mais surtout loin devant 1986 et 2009.

Mais nous nous consolerons bien vite en constatant que les edulis sont toujours présents, assez nombreux dans nos bois, avec cette espérance raisonnable que, cette fois, ils puissent nous accompagner jusque pendant les vacances de Noël...

Adishatz !