Congrégation de cèpes d'été exceptionnels...

Adishatz,

En d'autres temps, à l'époque où nous sommes rendus de l'année, l'habitude inclinerait le quêteur de cèpes (hormis les heureux qui comptent quelques edulis dans leur paysage), suspendant le panier à une solive, et, habité de mille et un souvenirs précieux, à entrer quiètement en hivernage, jusqu'au temps des premières violettes, des morilles et des mousserons.

Mais aujourd'hui, cet usage pourrait bien ne pas s'avérer très judicieux et nous avons de solides raisons de ne pas relâcher la vigilance sur nos bois. Celles-ci tiennent pleinement dans l'excentricité climatique de l'année qui ouvre des possibilités malgré la baisse (modérée) des températures récentes. La période de temps très chaud et très sec de la deuxième quinzaine d'octobre a fortement impacté à la hausse la température des sols qu'elle a parallèlement asséchés, c'est particulièrement sensible dans les bois surélevés et exposés sud. Tout se passe donc un peu comme si cette anomalie climatique avait annulé le choc thermique et hydrique survenu en première quinzaine. D'autre part, comme je l'ai décrit plus haut, elle a probablement eu pour effet d'amoindrir et d'écourter la pousse des cèpes sur ces secteurs qu'elle a fortement affectés. Depuis, de très fortes pluies sont intervenues début-novembre, les températures ont baissé, mais sans excès, revenant simplement à des niveaux de saison, très loin du gel dans les parcs la nuit, et proches de 15 degrés l'après-midi. Nous nous retrouvons donc sensiblement dans une configuration à la novembre 2011, à cette réserve près que la dernière grosse pousse est récente et que les sols des bas-fonds et bois pentus en versant nord sont désormais peut-être un peu frais. Or ils étaient anormalement chauds il y a 10 jours encore sur les hauteurs. Ce pourquoi j'incline à penser, sans certitude aucune, qu'un ultime choc thermique et hydrique a pu se produire localement. Il en résulterait une dernière pousse d'aereus et d'aestivalis dans quelques jours, essentiellement dans les secteurs qui furent un peu frustrés fin-octobre.

Quoi qu'il en soit, à cete époque de l'année, nous n'aurons pas à languir très longtemps cette levée de thermophiles, surtout que le froid ne saurait trop tarder et que sans attendre son arrivée les arrosages récurrents feront inéluctablement fléchir les températures des sols. Si aucun aereus ou aestivalis (je mise davantage sur ce dernier) ne sourd avant une semaine, la messe sera dite, et nous pourrons tous reporter nos derniers espoirs sur les edulis en descendant le chemin qui mène à Noël.

Adishatz !