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Adishatz,

Le mois de novembre à l'aube de sa deuxième décade, n'a pas failli à sa réputation en nous plongeant dès après la Toussaint dans les affres climatique de la fin de l'année, refermant un cycle des beaux jours atypique mais conclu par une deuxième quinzaine d'octobre de très haute tenue...

Lequel mois d'octobre n'a pas déçu nos espérances, d'une manière générale. Malgré une pluviométrie souvent un peu avare, moins de cinquante millimètres cumulés en première quinzaine en de nombreux endroits, on est très loin des 120 millimètres de septembre 2006 ou des 150 de fin-juin, début-juillet 2014, pour ne parler que de mes coteaux salisiens, la grande pousse espérée a bien eu lieu, même si certains n'ont pas été aussi bien servis que je le fus, loin s'en faut.

Dans mes coteaux et fonds de bois de l'Entre-deux-Gaves, la pousse s'est déclenchée avec une bonne semaine d'avance sur les secteurs de la plupart de mes confrères car de meilleures pluies d'orage étaient advenues dans les tout derniers jours de septembre. Cette pousse naissante fut avivée par les bonnes pluies qui ont arrosé nos régions en première décade d'octobre et explosa littéralement en deuxième décade. Contrairement à la grande pousse de juin, cette fois l'ensemble de mes bois ont commis des cèpes, mais très vite, il fut évident que les contingents les plus importants se formaient dans les bas-fonds frais, ceux-là même qui n'avaient pu prendre le train en début d'été, et les pentes en versant nord. Cette tendance est allée creishendo tout au long du mois d'octobre, surtout que l'exceptionnelle période de chaleur et de sécheresse qui a sévi en deuxième quinzaine a fini par dessécher les sols des bois perchés sur les hauteurs et en versant sud, décourageant le mycélium en début de dernière décade. On peut donc attester une inversion totale par rapport à la pousse estivale.

Cette grande pousse automnale a connu son apogée entre le 14 et le 21 octobre, me gratifiant de quelques cueillettes supérieures à 15 kg/jour, converties en de nombreux bocaux pour la consommation familiale. Les cèpes cueillis étaient très majoritairement des aereus, la température des sols favorisant nettement cette espèce au détriment d'aestivalis. Flanqués de quelques oronges, nous les aurons guettées amoureusement en 2014, l'amour ne restant-il pas souvent à l'état de désir, mais sans la compagnie des girolles contrairement à cet été, les cèpes ont décliné jusqu'à disparaître derrière le grand rideau de la Toussaint.

On retiendra donc que le mois d'octobre 2014 a su sublimer des conditions climatiques décidément très délicates cette année (mais c'eût pu être bien pire dans le cas de froid et de gel), pour apporter à la plupart des inconditionnels du grand sud-ouest, la belle pousse de cèpes annuelle dont chacun rêve, s'évertuant même à effacer l'anomalie de sa devancière estivale en mettant les pendules à l'heure dans les bas-fonds...

Adishatz !