Bonjour à tous,

Les obligations, les tracas du quotidien, l'énergie et la flamme qui parfois en patissent, si je m'exprime peu depuis quelques semaines, c'est aussi et surtout que décidément, ce printemps n'offre rien à nous mettre sous les dents. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, alors que le mois de mars s'achève, je n'ai pas l'embryon d'une morille à publier dans mes albums. Et il n'est plus question de dénier la réalité en lui opposant des arguments infondés : comment les sols de nos ripisylves pourraient-ils être encore "trop froids" au sortir d'un hiver aussi exceptionnellement doux et au soir d'un mois de mars particulièrement ensoleillé ? Comment l'eau pourrait-elle manquer aux morilles dans nos forêts de berge après trois mois de déluge incessant en Aquitaine et plus de 50 mm de pluie sous forme de giboulées entre le weekend dernier et ce début de semaine ? On a vu sortir les morilles en première quinzaine de mars à l'expiration d'hivers autrement plus rigoureux et secs (2001-2002 entre autres).

Il convient donc d'affronter la réalité pour ce qu'elle est, quitte à ménager une fenêtre sur l'espoir en un moins d'avril meilleur, dans la morosité ambiante tétue mais légitime. Les morilles ne sont pas au rendez-vous du printemps 2014, ou quand elles daignent se montrer comme à certains confrères méritants et passionnés, Laurent, Fabrice, si vous me lisez, c'est souvent en comité plus restreint qu'à l'accoutumée. Sauf que ce "comité plus restreint" ravirait la plupart d'entre nous eu égard au no morel's land actuel.

Nous voici donc sur le seuil du grand mois d'avril, habituellement le meilleur en basse altitude puis dans les vallées des torrents et gaves de montagne, et je me dois de dire, devant l'indigence présente, que je suis bien à la peine lorsqu'il s'agit de vous exposer quelque scénario plus optimiste, au risque de vous fourvoyer. La seule donnée que je tiens pour irréfragable est que pour beaucoup d'entre nous, la semaine qui se dessine et le prochain weekend accoucheront d'un verdict implacable. Si nous ne voyons pas poindre de jolies mitres dans les ripisylves où nous avons nos habitudes à l'horizon de dimanche prochain, la probabilité deviendra très forte que nos espoirs soient anéantis pour le restant de la saison... Heureux ceux qui comme moi, disposent de solutions alternatives, notamment en altitude...

Reste que l'occurence d'un printemps entièrement avorté des morilles, pour la première fois depuis des temps immémoriaux, me laisse bien perplexe quant à la grande saison des cèpes qui approche désormais à grands pas. Fort heureusement, nous savons que cèpes et morilles ne sont pas sujets aux même lois de nature...

Adishatz !