Bonjour à tous,

Ceux qui me lisent me sauront gré de les avoir vaccinés préventivement, la saison des morilles 2014 risque fort de s'avérer une intenable affaire de patience et d'indolence, du moins dans les régions qui ont pati d'un non-hiver absolu comme il s'en produit un tous les 25 ans environ. Même la première quinzaine de mars, que de longue date, les climatologues nous prévoyaient un peu plus froide, se sera employée à nous refuser ces quelques gelées blanches si indispensables aux équilibres naturels. Foutu hiver décidément !

Il en résulte deux effets contraires mais qui s'entendent comme larrons en foire pour contrarier nos rêves de Morchella : d'une part, avec le retour de belles journées ensoleillées qui ne sont pas pour nous déplaire, la végétation des berges qui rongeait son frein depuis le mois de janvier, a donné libre cours à sa créativité dès les premiers jours du mois, ce qui constitue avec un bon mois d'avance, une concurrence redoutable sur le sol de nos morillères. Et d'autres part, la joyeuse compagnie des morchellacées, amadouée par la zuavité de la saison morte, s'est abandonnée à une indolence dont il pourrait lui en cuire, tandis que la concurrence s'active.

Mes premières sorties en forêts de berge depuis le début du mois, ont validé les inquiétudes du dernier post. Le foisonnement des pézizes écarlates (inhérent aux hivers de coton) constatée fin février, espèce sur la productivité de laquelle je n'ai jamais pu déduire de signaux quant à celle des morilles, contraste avec un avènement des pézizes veinées en troupes localisées, quantitativement médiocre et en retard de 2 à 3 semaines sur la foi de mes observations décennales. Or la pézize veinée est un indicateur plus fiable de sa grande soeur Morchella. Et que dire des morillons, que l'on a déjà vus poindre en première décade en Béarn certaines années, et qui en dépit du beau temps retrouvé, restent invisibles à cette date...

Ces constatations de terrain n'excluent aucunement une bonne surprise, nous savons que les morilles sont capricieuses et ne se conforment pas exactement aux cycles de leurs proches cousins, elles ont davantage de retenue, sont plus à même de changer leur plan en cas d'urgence. Sauf que l'extrême faiblesse du début de saison des mousserons, calocybe gambosa, qui lui ressemble finalement beaucoup de par les moeurs, n'invitent guère à l'optimisme...

Adishatz !