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L'attente aura été plus longue, malgré un hiver en tout point aussi favorable que le précédent, et mes visites assidues et pointilleuses avaient fini par me ranger à l'idée que peut-être ce qui était arrivé l'an dernier, depuis le 16 décembre 2012 jusque fin juin relevait non seulement de l'exceptionnel mais encore de l'unique. Et que peut-être je ne retrouverais plus jamais de mousserons en plein hiver à cet endroit ou en tout autre. Et puis ce dimanche, encouragé par une des rares embellies qui caractèrisent la période, je me suis lancé dans une de ces randonnées de santé qui agrémentent ma mauvaise saison, avec ce sentiment entêtant que les pluies torrentielles des trois dernières semaines avaient pu opérer leur charme.

Bientôt sur l'accotement de la route, je fus hélé par un groupuscule de pholiotes précoces, agrocybe praecox, fichées dans les débris de fougères. La vue de cette espèce me met toujours en alerte car en d'autres temps elle est contemporaine des morilles et des mousserons. Mais en première décade de février, c'est une toute autre histoire...

Parvenu près de l'aubépine où, en 2012-2013, à plusieurs reprises ils m'apparurent, je me mis à fouiller méthodiquement dans le lierre et les débris ligneux. Et très vite, dans l'herbe grasse, je discernais enfin un de ces dômes splendides et qui vous embrasent au premier coup d'oeil. Pour la deuxième année consécutive, Cambòt, une petite mousseronnière du Nord-Béarn, m'offre un rêve éveillé au coeur de l'hiver...

Adishatz !