La pluie à verses avait jeté son dévolu sur les faubourgs de Pau. J'allai sous mon parapluie d'infortune, tronc voûté, tête basse, parmi les ectoplasmes et autres mines renfrognées, éclaboussé par des voitures rageuses qui jetaient leur écume d'inimitié et d'indifférence sur ces heures lugubres. Soudain, sur le trottoir, surgit un jeune homme dont le parapluie blanc détonnait la sinistrose et le sourire semblait se jouer des intempéries. Parvenu à ma hauteur il me lança : "en fait çà n'a pas grande utilité un parapluie aujourd'hui..." J'acquiesçais en opinant du chef, amusé. C'est qu'il avait raison, le vent déroutant la pluie avait fini par mouiller mon visage. Et puis, poursuivant mon chemin, je pensais que souvent l'humanité regermait quand on l'attendait le moins et qu'il suffisait de cette étincelle pour que change notre perception du monde et des autres...