Adishatz a tots/ Bonsoir à tous,

En ce début d'hiver méconnaissable pourtant se dessine en sous-sol la future saison des champignons et, quoi que cela s'avère fort difficile et hasardeux, nous sommes déjà nombreux à nous demander quelle sera la teneur du millésime 2014.

Prédire avec précision l'intensité d'une saison, sa chronologie et la quantité totale de bolets que celle-ci délivrera relève pour l'instant de l'impossible ou du charlatanisme. Reste que la nature gratifie les naturalistes appliqués et assidus, de menus signaux autorisant à en dégager quelques tendances lourdes. Ma méthode, loin d'être infaillible car rudimentaire et écartant d'autres paramètres que pour la plupart, je ne suis pas en mesure d'appréhender et donc d'intégrer, tient que la courbe d'activité et de fructification du mycélium de cèpes serait plus ou moins inversement proportionnelle aux courbes de températures de la saison creuse. Autrement dit, plus un hiver sera rigoureux, plus nous aurions de chances de trouver de cèpes au cours des mois suivants, notamment au printemps et en été, plus un hiver sera indolent, plus il serait à craindre que nos paniers volent au vent...

Pour dégager et actualiser mes projections, je m'appuie sur les données climatiques "maison", enregistrées, et je m'efforce d'intégrer les projections climatiques saisonnières actualisées et publiées régulièrement par certains services tels que celui du site de la chaine meteo qui fournit un outil intéressant pour tout mycologue afin d'ouvrir des perspectives à plus long terme dans le courant de la saison froide. Au final, seul le temps validé par dame nature au sortir de l'hiver autorisera une projection fongique un peu plus affine.

Des projections 2013 nettement surpassées par l'été...

Si le début de saison jusqu'à la fin du mois de juin a largement validé des projections fongiques sinistres au sortir de l'hiver, l'irruption d'un été 2013 très chaud et très sec a largement démontré par la suite qu'un été très chaud et sec non seulement pouvait atténuer les effets d'un hiver désastreux en favorisant une saison correcte (ce que mes projections avaient défini comme hypothèse la plus optimiste), mais mieux encore, transformer une citrouille en carrosse, propulsant 2013 dans le top 10 des trente dernières années... Seule 1998, par le passé, avait accouché d'un tel prodige.

Saison des cèpes 2014 : Faudra-t-il encore que l'été soit très chaud ?

La période de froid faible à modérée qui a sévi entre le 15 novembre et 10 décembre 2013, n'aura quasiment aucun bénéfice sur la future saison des cèpes. Une seule gelée à -5 degrés c'est beaucoup trop peu et beaucoup trop faible. L'hiver 2013-2014, pour l'instant, est certes beaucoup plus sec et ensoleillé que son devancier (ce qui n'est pas pour nous déplaire), mais il est aussi beaucoup plus, beaucoup trop doux pour ce qui nous concerne. L'absence de gelées et de grand gel en hiver ne sont pas générateurs d'un stress indispensable à la vitalité de la nature au printemps. Pour l'instant, si le froid ne devait pas davantage montrer les dents au cours des prochains mois, et c'est du reste la tendance insistante des projections climatiques saisonnières réactualisées quoi qu'on en pense, la teneur de la saison 2014 risque fort à nouveau de dépendre de l'été. Autrement dit, nous devrons nous en remettre à un été très chaud pour espérer trouver des cèpes à pleins paniers. Or rien ne dit que ce qui est advenu en 2013, surgira encore en 2014. À force d'aligner les hivers indolents, inévitablement viendra une année où l'été aussi ratera la marche. Et cette année fera le désespoir de nos paniers.

Ceci dit, un peu d'espoir tient à ce que les projections climatiques saisonnières ne sont pas non plus infaillibles, elles ont montré leurs faiblesses actuelles l'an dernier en étant débordées par un été qu'elles ne voyaient pas venir fin juin. Devant le caractère exceptionnel de la douceur actuelle, devant aussi le caractère exceptionnel du froid qui sévit en contrepartie sur le continent nord-américain, on ne peut s'empêcher de penser que jusque là, cet hiver est un peu trop déjanté pour rentrer gentiment dans les rangs au cours des prochains mois, on se dit qu'un scénario à la février 2012 ou à la janvier 1985 qu'aucun modèle ne prévoit, pourrait déjouer tous les pronostics. Mais, là-dessus, comme sur la saison des cèpes, je ne puis rien promettre...

Adishatz !