Pourquoi devrions-nous rouler à 80 km par heure sur des routes toujours plus nombreuses, larges et sécurisées ? Pourquoi l'honorable citoyen français devrait-il encore baisser la tête et courber l'échine pour sacrifier toujours plus à ces punitions collectives où nos élites gouvernantes dissimulent lachement leur impuissance à traquer et mettre les véritables délinquants hors d'état de nuire ? Que ne place-t-on pas plutôt des mouchards dans tous les véhicules, quitte à réprimer sévèrement tout écart de conduite ? Parce que, à force de rogner toujours plus les vitesses maximales, outre que l'on pousse le citoyen placide à la "délinquance routière", avec cet effet immédiat qu'un plus grand nombre d'entre nous s'exposera à l'amende, on risque surtout à terme de liquider l'industrie automobile et d'assécher les autoécoles françaises... C'est qu'à une époque d'économies de bouts de chandelle, comme ils peineront à en percevoir le caractère pratique et émancipateur, de plus en plus d'individus auront de la bagnole l'image d'un équipement coûteux, assorti de contraintes et punitions infantilisantes où l'absurde le dispute à l'intangible...

Que l'on veuille diminuer encore le nombre de décés sur les routes, qui s'en offusquerait ? Sauf que les chiffres sont en baisse constante depuis plus de 15 ans et que, sauf l'utopie malsaine du "risque zéro", dont les pouvoirs publics abusent les foules à des fins d'infantilisation, de réglementations liberticides et autres contraintes nouvelles, toujours à leurs débours, on ne doit plus être très loin du jour où la "bêtise", le caractère "casuel", inhérent à toute société humaine mais encore à toute forme du vivant, deviendra, et de loin, la principale cause des accidents de la route. Et très vite on s'apercevra qu'il est impossible d'agir sur les statistiques sans y aller de mesures encore plus drastiques : et quand bien même on interdirait purement et simplement les véhicules à moteur pour se rapprocher de cet objectif, on empêcherait pas les accidents de vélo...

Alors, peut-être les raisons de ce harcèlement, de cette persécution de l'automobiliste qui entendent le protéger contre lui-même tout en le bridant et le fliquant, ont-elles très peu à voir avec la sécurité routière. Nos autorités voudraient-elles réduire l'utilisation de l'automobile (abusive chez beaucoup d'entre nous, il est vrai) en mettant tout en oeuvre pour que le caractère contraignant et coûteux de ce moyen de transport l'emporte sur ses commodités, s'y prendraient-elles autrement ? ...