J'ai vu la main de mon grand-père tenir tremblante et glacée celle de ma grand-mère à l'heure du grand départ. J'ai vu mon père et ma mère se soutenir indéfectiblement à travers toutes les épreuves de l'existence... Alors, que la science affecte ses crédits et canalise plutôt ses intelligences à réduire l'impact de l'homme sur son environnement, qu'elle nous dise donc comment nous pourrions mieux vivre à bientôt 9 milliards d'êtres humains sur cette planète fragile et étriquée, au lieu d'abuser de notre temps et de notre argent à édicter des vérités générales aberrantes et abruptes sur les grands sentiments qui se tissent entre les gens. Qu'elle laisse cela à la poésie, à la magie, aux merveilleux mystères de la vie, au charme, au hasard parfois heureux des rencontres et de l'existence.
Après, si on ose encore appeler "Amour", cette brute et impérieuse attirance si tôt consommée, dont la modernité habille la bagatelle, je crains que Beigbeder et les neurobiologistes surestiment nos contemporains...