Le salut de l'humanité résidera dans sa capacité à contenir l'essentiel de la dimension économique et administrative d'une vie humaine dans un rayon de 30 kilomètres autour du lieu d'habitation. Construire de nouvelles (auto)routes, de nouvelles lignes de chemin de fer, jadis indispensables à notre développement, nous éloigne déjà de cet impératif. Les nouvelles technologies peuvent contribuer à ce prodigieux renversement de civilisation, qui abolissent les distances et accusent nombre de nos déplacements par la route de ruiner les finances de nos ménages et les chances qu'il reste à notre environnement. Il s'agit aussi d'organiser la résilience, l'imperméabilité de l'économie et de la vie réelle face aux caprices, aux turbulences, souvent irrationnelles et despotiques, de la finance apatride, vorace et profondément inhumaine.
Le citoyen désenchanté, abandonné au pied du ciel, ne doit plus attendre que la notice de ces "réformes" lui choie des hautes sphères dirigeantes et dominantes, empêtrées dans leurs contradictions et viles spéculations et empêchées par une jungle de lobbies mesquins. Nul ne lui dictera plus la marche à suivre. Du reste, parmi tous ceux qui le pressent ou l'invitent à sauver le monde, de fait, combien en est-il qui le conduisirent au bord de l'abîme à ses dépens ? Ce monde ne peut plus être restauré ni sauvé. D'ores et déjà chacun d'entre nous peut oeuvrer, selon son rang, ses aspirations et talents, à réhumaniser la vie et le réinventer.
Et qu'importe si pour ce faire, vous ne mangerez plus de tomates fadasses en hiver...