Les sentiers de découverte de soi alcoolisé ont parfois sur les gens, particulièrement les plus jeunes, des effets troublants et désopilants...

Un vendredi soir d'octobre, c'était il y a deux ou trois ans, au comptoir du Garage, je vis entrer trois toute jeunes filles, probablement des étudiantes, deux blondes et une brunette, 18-22 ans, le bel âge, résolues mais visiblement éméchées. Après avoir passé commande, comme elles patientent au comptoir, voilà que, contre toute probabilité, la brunette, ravissante et manifestement plus ivre que les copines, enlace mon bras droit de ses deux mains tremblantes et éperdues. Un brin amusé, interloqué surtout, je sens bien au fond qu'elle se cramponne à moi de toutes ses forces pour ne pas défaillir. Quand, s'approchant de moi, elle me glisse à l'oreille : "J'ai besoin que tu me soutiennes psychologiquement". Je peine à contenir l'envie de rire qui me submerge. Avant qu'elles tournent les talons je fais aux deux blondes : "Prenez soin de votre copine quand même..."